Dimanche 7 juin 2020 | Dernière mise à jour 11:17

Basketball «On voit trop Jordan avec un cigare et un verre»

Fan de Michael Jordan depuis l'enfance, Steve Guerdat a dévoré la série «The Last Dance». Mais il n'en gardera pas un souvenir impérissable.

Steve Guerdat.

Steve Guerdat. Image: Keystone

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On était tombé dessus un peu par hasard, il y a quelques semaines. Steve Guerdat avait donné une interview publiée sur le site internet d'«Eurosport» dans laquelle il concédait que son héros d'enfance se nommait Michael Jordan. On a donc contacté le cavalier jurassien pour évoquer avec lui «The Last Dance», la série documentaire de la chaîne ESPN retraçant la saison 97-98 des Chicago Bulls, qui n'est autre que le carton télévisuel du moment.

Steve Guerdat, quand avez-vous vu les deux derniers épisodes?

Lundi soir. J'avais vraiment hâte de voir l'épilogue...

Et alors? Quel est votre sentiment maintenant que c'est fini?

C'était sympa mais sans plus. Je suis content de l'avoir vu, parce que c'est une série avec du Michael Jordan dedans mais cela ne m'a pas impressionné. Et pour être honnête, cela ne m'a pas appris grand-chose.

C'est un tableau plutôt sombre...

Attention, je ne critique pas. Je m'attendais juste à autre chose. Moi, j’aime le basket et l’athlète qu'il représente. Je ne vais pas dire que je me moque de l’homme, mais tout l’aspect en dehors du terrain, ce n'est pas ce qui m'intéresse. Ce sont ses exploits sur le parquet qui me font rêver. Et malheureusement, ces moments-là ne sont pas assez nombreux en comparaison des à-côtés.

Vous auriez aimé voir quoi alors?

J'aurais voulu le voir davantage avec la balle dans les mains, que ce soit en match ou à l'entraînement. En voir plus sur ce fameux «practice» avec les stars de la Dream Team aux JO. Que la série soit plus axée sur sa préparation, son approche du jeu ou sa manière d'encaisser une défaite. Pour moi, on le voit trop avec un cigare et un verre. Il joue beaucoup au casino? Et alors? Chacun fait ce qu'il veut en dehors de son travail.

Dans la série, Jordan utilise souvent ces mots: «C'est devenu personnel». N'apprend-on pas quand même qu'il est le compétiteur ultime?

Pour ceux qui ne le connaissent pas, oui. Pour les autres, comme moi, qui ont suivi ses exploits, moins. Ce qui me fascine chez lui, c’est qu’il performait à très haut niveau quasi tous les soirs, et pendant plusieurs saisons. Il était décisif tout le temps et faisait gagner son équipe. On n’était presque jamais déçu en le regardant. Pour être comme ça, il faut avoir un caractère à vouloir tout bouffer.

Quitte à passer pour un tyran auprès de ses ex-coéquipiers?

Oui, et moi je comprends sa mentalité. Est-ce que j’aime la façon dont il s'en prenait à eux? Non. Mais c’est sa personnalité et cela peut se justifier car à la fin, il gagnait et ses coéquipiers aussi. Il était assoiffé de victoires et comme il était toujours au top, je trouve qu’il était légitime de leur en demander autant. C’est sa nature, son caractère, et c’est dur d’aller à l’encontre de soi-même.

Certains en prennent quand même sacrément pour leur grade...

Oui mais plus que ça. Ce qui me gêne surtout, c'est la façon dont on évoque souvent ses coéquipiers. À part Scottie Pippen, on a l'impression que c'est tous des pipes à côté de lui. Sauf que c'était des p.... de bons joueurs! Les premières années, si Jordan ne gagnait pas, c’est parce qu’il était mal entouré. Donc il avait besoin des autres pour triompher. Jordan a gagné le droit que l’on tourne l'histoire autour de lui, d’enfiler le costume de super-héros, mais parfois c’est un peu gros quand même.

Son ancien coéquipier, Horace Grant, a été très critique sur la série, parlant même de mensonges.

C'est coproduit par Jordan lui-même. Donc ce n’est pas vraiment un documentaire. C’est tourné à l’avantage de ceux qui l’ont fait, c’est à l'Américaine.

Avez-vous été gêné par tous ces retours dans le temps au milieu des épisodes? C'est une critique qui revient souvent.

Cela peut être dérangeant mais moi, j’avais surtout les yeux d’un gamin devant son idole. Je n'ai pas vraiment prêté attention à toute cette mise en scène.

Pensez-vous visionner à nouveau cette série un jour?

Il y a des documentaires sur les Bulls que j'ai pu revoir quatre ou cinq fois, parce qu'ils sont agréables à regarder, où l'on parle vraiment de sport. Mais «The Last Dance», non, je ne le reverrai pas. Je n'ai pas adoré mais Jordan restera mon héros quoi qu'il advienne, et ce n'est pas cette série qui va changer cela.

Propos recueillis par Jérémy Santallo

Créé: 23.05.2020, 12h00

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