Vendredi 24 novembre 2017 | Dernière mise à jour 00:01

Voile Bertarelli: «Tout le monde veut que je revienne»

En marge de la finale de la Coupe de l’America aux Bermudes, Ernesto Bertarelli a confié son sentiment sur l’édition 2017 à une poignée de médias.

Sept ans après sa défaite, Ernesto Bertarelli est de retour sur le site de la Coupe de l'America.

Sept ans après sa défaite, Ernesto Bertarelli est de retour sur le site de la Coupe de l'America. Image: Red Bull

L'HISTOIRE D'AMOUR AVEC LA COUPE N'EST PEUT-ÊTRE PAS TERMINÉE

1965: Ernesto Bertarelli voit le jour à Rome. Avec sa sœur Dona, il est l’héritier de l’empire Serono.

2003: Avec «Alinghi», il remporte la Coupe de l’America dès sa première participation.

2007: À Valence, «Alinghi» défend son titre en finale face aux Néo-Zélandais.

2010: Suite à un imbroglio juridique, il perd le trophée au profit d’«Oracle».

2013: Bertarelli boude la nouvelle formule de la Coupe organisée par «Oracle».

2017: Pour la première fois depuis sa défaite, il revient sur le site de la Coupe de l'America.



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- Ernesto Bertarelli, ça faisait un bail qu’on ne vous avait plus vu sur la Coupe de l’America?

«C’est vrai, ça faisait sept ans que je n’étais pas revenu. Depuis la défaite à Valence. Je pense qu’il y a suffisamment de temps qui est passé. Les bateaux ont beaucoup changé. Ils sont superbes, je les trouve vraiment bien. Franck Cammas m’a invité sur son AC 50 hier (ndlr: samedi) pour que je puisse découvrir la navigation à bord. C’était fantastique.»

- Et le site, ici aux Bermudes, quelle impression vous laisse-t-il?

«Le plan d’eau est magnifique. L’eau turquoise, des vents changeants, des conditions qui vont nous offrir une très belle finale. Par contre, on est au milieu de l’Atlantique sur un petit atoll. Il manque un peu de spectateurs, même si je crois qu’aux Bermudes tout le monde est très engagé. Par rapport à Valence en 2007, c’est bien plus petit. Alors pour l’après-ski, si je puis dire ainsi, c’est pas Verbier, mais plutôt les Marécottes.»

- Quel est le but de votre présence aux Bermudes?

«D’abord, je suis ici pour soutenir l’équipe de Team Tilt à la Youth America’s Cup. J’ai eu beaucoup de plaisir à les voir grandir, puis à régater contre eux. C’est une super équipe, une autre expression de la Suisse qui gagne. Et puis j’avais aussi envie de voir les bateaux de la Coupe de près. On pourrait s’inspirer de pas mal de trucs pour nos formats sur le Léman.»

- Russell Coutts confiait au «Matin Dimanche» que vous aviez rendez-vous. Vous confirmez?

«Oui, on boit un verre ensemble ce soir (ndlr: dimanche). L’interview qu’il vous a donnée reflète bien l’état d’esprit: assez d’eau a coulé sous les ponts. C’est une initiative qu’il a lancée et une façon de renouer des liens qui s’étaient déchirés au moment de son départ pour l’équipe américaine.»

- Dans un langage imagé, Loïck Peyron nous a dit que «si Bertarelli est aux Bermudes, c’est pas pour enfiler des perles». Y a-t-il une autre raison à votre présence?

«La Coupe de l’America, c’est le jeu des incertitudes. Personne ne sait qui va remporter la finale pour devenir le defender. La dernière fois (ndlr: à San Francisco en 2013), on pensait qu’à 8 à 1 c’était fait. Les Kiwis songeraient même à retourner à un format en monocoque s’ils gagnaient, ce à quoi je ne crois pas trop personnellement. Très franchement, aujourd’hui, parler de la Coupe, c’est difficile, car l’avenir est incertain. Moi, je l’ai déjà remportée deux fois. J’ai moins cette envie de gagner comme les Anglais peuvent l’avoir, eux qui courent après depuis plus de 150 ans. La Coupe est un jeu qui consume beaucoup d’énergie, et j’ai d’autres activités qui me passionnent.»

- Quand vous voyez les talents qui montent en Suisse, avec l’émulation qui existe sur le Léman, c’est quand même tentant de leur offrir une chance de remporter la Coupe?

«Aujourd’hui, on a atteint un niveau très élevé sur le Léman, c’est vrai. Quand les meilleurs marins étrangers viennent se frotter à nous, ils ne nous battent pas forcément. Et puis la Suisse est un pays qui reste à la pointe de l’innovation technologique. Oui c’est tentant, je ne vous le cache pas. Arnaud Psarofaghis (ndlr: co-skipper d’Alinghi et vainqueur du Bol d’Or samedi) aurait entièrement sa place à la barre d’un bateau aux Bermudes. Si la clause de nationalité devait être réintroduite à bord, la Suisse n’aurait pas à rougir, chose qui était inimaginable il y a dix ans de cela. Mais la Coupe, ce n’est pas juste une régate, il y a beaucoup d’autres facteurs.»

- Si vous deviez émettre des critiques sur le format actuel de la Coupe, quelles seraient-elles?

«Je pense que les bateaux actuels sont beaucoup plus dangereux que les bateaux de l’époque. On est dans une période que mon ami Jackie Stewart a connue dans la Formule 1. On arrive à un moment où on va avoir des accidents, malheureusement. Et je mets en garde tous les comités de course qui lancent des départs en vent de travers, surtout lors des régates en flotte, avec des bateaux qui volent. Il faut absolument que les organisateurs prennent au sérieux la sécurité des marins.»

- Il se dit souvent que vous envisageriez un retour sur la Coupe uniquement si les Kiwis la gagnent. C’est là le fond de votre pensée?

«Tout le monde, absolument tout le monde, aimerait que je revienne en Coupe de l’America. Je sens cette pression, que ce soit par vous les médias, ou même chez moi à la maison où mes enfants me disent: «Mais pourquoi tu n’y retournes pas, papa?» De nouveau, c’est une décision qui ne se prend vraiment pas à la légère. Et je ne vais pas y aller pour faire de la figuration. Je suis désolé de ne pas vous satisfaire, mais pour l’instant, il y a beaucoup trop d’incertitudes. Lorsqu’on gravit l’Everest, on ne le fait pas à moitié.»

- Quelqu’un d’autre que vous, en Suisse, pourrait-il lancer un défi?

«Je reprends la même image: pour monter en haut de l’Everest, il faut faire le chemin avec quelqu’un qui y est déjà allé. Donc si quelqu’un devait se déclarer, il serait inspiré de s’associer avec des gens qui ont déjà remporté la Coupe.»

- Alinghi a remporté le Bol d’Or samedi. Vous ne regrettez pas de ne pas y être allé et d’être resté aux Bermudes?

«Je me suis longtemps posé la question la semaine passée, surtout parce que cette bise soutenue était annoncée depuis un moment. Et puis ma femme m’a donné un conseil que j’ai suivi. Elle m’a dit: «Il vaut mieux faire une chose bien que deux à moitié.» C’est pour ça que j’ai préféré rester là, plutôt que de sauter dans un avion.» (Le Matin)

Créé: 19.06.2017, 07h30

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