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Voile Tous les chemins mènent au Rhum: épisode 1

Nos envoyés très spéciaux au grand départ de la Route du Rhum vous livrent les coulisses de la plus mythique des transatlantiques. Hissez haut!

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Les marins sont malins – à une consonne près, c’est l’évidence même. Alors que l’hiver débarque en force, eux se font la malle direction les Caraïbes. Ça s’appelle la Route du Rhum, et Dieu que ça fait envie sur le papier. Une petite semaine de croisière transatlantique, pour les plus rapides, au départ de Saint-Malo destination Pointe-à-Pitre. Adieu les frimas du continent, bonjour l’ivresse des tropiques. Avec un peu d’imagination, le ruissellement du sable chaud coule déjà entre nos doigts de pieds comme la décontraction désinhibée du planteur au fond du gosier. Où est-ce qu’on signe?

Bon, en fait, le tableau n’est pas tout à fait si idyllique. Déjà, il faut aller à Saint-Malo: pas loin de neuf heures de train pour le soussigné, histoire de traverser un Mordor de grisailles, succession à n’en plus finir de mornes plaines soufflées par le blizzard. Ensuite - et c’est là que ça se corse comme on dit à Bastia - il ne reste plus qu’à taper l’incruste dans un bateau. Ça ne manque pas dans le port - 123 en tout et pour tout au départ - il y a bien une âme charitable qui va offrir ses bons soins? Pour une fois qu’un migrant veut quitter l’Europe sur une embarcation serait-elle de fortune, on imagine volontiers que les autorités dérouleront le tapis rouge.

On s’y voit déjà, façon Leonardo Di Caprio dans «Titanic», à jouer la figure de proue: quelle sensation de liberté infinie, avec la brise des alizées qui glisse sous les aisselles en même temps qu’elle nous pousse vers l’horizon. «Je suis le roi du monde!» Alors on file vers la grande base maritime où poirotent les voiliers avant le grand départ. Bien à l’abri des tourments de l’Atlantique, nichés derrière le vieux Saint-Malo «intra-muros» - comprenez fortifié tel un bastion face à la mer - les ports se succèdent: mieux, ils s’appellent «bassin», parce que reliés à la mer par un simple chenal.

Le bassin Vauban. Que des refus. Pareil du côté du bassin Duguay-Trouin. Les niet s’enchaînent. Alors direction la commanderie, pour comprendre pourquoi tous ces marins refusent donc un brin de compagnie avant de prendre la mer. «C’est une course en solitaire, monsieur, voyez.» Tout s’explique. Enfin non, pas tout: il y a deux-trois bateaux dans les différents bassins qu’on imagine pouvoir être manœuvrés par une seule pair de bras à travers l'océan. Mais pour la majeure partie, ça semble tout simplement impossible.

Alors promis, on va continuer à mener l’enquête pour savoir comment un homme seul peut mener pareilles barques. Parce que nous, si on devait y aller seul, faudrait une sacrée cargaison de rhum pour tenir la distance jusqu’en Guadeloupe. (nxp)

Créé: 31.10.2018, 14h11

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