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Skicross Une histoire de famille

Pour ma première chronique, j'aimerais vous décrire le milieu dont je suis issue.

Image: Yvain Genevay

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Je le dis tout de suite: je suis ravie de rejoindre le cercle des sportifs suisses qui écrivent dans cette chronique. Il y a tant de thèmes que je souhaite aborder, comme la dyslexie et la dysorthographie, ou bien sûr ma discipline, le skicross, avec son lot d’intimidation et de créativité. Mais j’aimerais commencer par expliquer comment j’en suis arrivée à gagner le grand globe et le titre mondial.

Je viens d’une famille très unie. À propos, si mon nom sonne anglais, c’est parce que mon père a des ascendants anglophones. Ce qui est marrant, c’est que lui est Franco-Suisse, alors que ma mère, elle, est Anglo-Belge! Mes origines sont certes multiples, mais l’énergie qu’il y a dans notre famille est uniforme. Chez nous, on est toujours positif. Du coup, on adore faire des choix compliqués. Quitte à prendre de sacrés risques.

Comme mon père, j’ai toujours été attirée par le grand air. Il possède un petit domaine agricole, et l’hiver il est moniteur de ski. Le déclic est venu de lui. Un jour, alors qu’on était dans une télécabine à Zweisimmen, il m’a demandé si je voulais participer aux JO de Vancouver. Comme ça, sorti de nulle part! Le skicross venait d’être reconnu par la FIS et allait devenir une discipline olympique. Il m’a proposé de faire un deal: lui trouverait les sous pour financer cette idée, et moi je devrais skier. C’était un immense investissement en temps de sa part. Or je me suis vite rendu compte que le skicross était la combinaison parfaite de tout ce qui me plaisait. Surtout, il m’a permis d’ajouter une belle dose d’adrénaline dans ma vie. Dans cette discipline, tout le monde part en même temps et, quand tu franchis la ligne, tu sais directement si tu as gagné. Ce n’est pas un détail.

Tout se joue tôt pour arriver au plus haut niveau. Il faut de la réussite, un bon entourage, mais aussi l’esprit de compétition qui va avec. À la réflexion, je me dis que, petite, j’en avais encore plus que maintenant. Je voulais battre mon grand frère, j’étais mauvaise perdante. Je trichais même à des jeux de société contre ma petite sœur. Vu qu’elle a dix ans de moins que moi, c’était un peu la honte!

Aujourd’hui, j’ai transformé ça en optant pour de meilleures stratégies. Car en skicross tu es forcée d’analyser en permanence tes trajectoires et celles de tes concurrents. Chaque module est différent, il n’y a pas de technique de base que tu répètes d’une compétition à l’autre. Il est donc nécessaire de se reposer sur une confiance naturelle en ses moyens.

Évidemment, pour pratiquer ce sport, je suis un peu casse-cou. D’ailleurs les femmes s’alignent sur le même parcours que les hommes. J’accepte sans problème le fait que ma discipline soit un show. Mais, attention, c’est comme la boxe, tout le monde se respecte beaucoup! Trouver le bon mélange entre valeurs et rage de vaincre est donc essentiel. Dans mon cas, j’ai puisé cela au plus près de moi: dans ma propre famille.

Cette chronique est assurée en alternance par Thabo Sefolosha, Kariem Hussein, Fanny Smith, Mark Streit et Yann Sommer.

Créé: 14.05.2017, 17h53

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