Mercredi 27 mai 2020 | Dernière mise à jour 01:51

Chronique «Le stress de la relégation est crispant»

Découvrez la chronique du sélectionneur de l'équipe de Suisse de hockey sur glace, Patrick Fischer.

Cette chronique est assurée en alternance par Clint Capela, Patrick Fischer (photo), Wendy Holdener, Mujinga Kambundji et Steve Guerdat.

Cette chronique est assurée en alternance par Clint Capela, Patrick Fischer (photo), Wendy Holdener, Mujinga Kambundji et Steve Guerdat. Image: Urs Flueeler/Keystone

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Depuis lundi passé et le début de la deuxième phase de déconfinement, j’ai eu le sentiment que les gens étaient plus détendus. On peut enfin ressortir de chez soi pour pratiquer plus ou moins normalement certaines activités. Comme le sport, bien sûr. Je suis tout de suite allé jouer au tennis et au squash avec un ami. Cela m’a fait un bien fou. J’ai de nouveau ressenti comme un sentiment de liberté, et ceux qui me connaissent savent à quel point cette valeur est importante à mes yeux. Évidemment, plus rien n’est vraiment comme avant. Chacun appréhende les choses à sa façon, chacun détient sa propre vérité. La société reprend un rythme normal, mais pas à pas.

Il s’est passé beaucoup de choses cette semaine dans l’univers du hockey suisse. Il a notamment été question de plafond salarial et de la limitation vers le haut du nombre d’étrangers. Est-ce une révolution? Non. Je dirais simplement que nous nous adaptons. La thématique de la relégation m’a particulièrement interpellé. Je suis favorable à ce qu’on la supprime définitivement. C’est un mécanisme qui est contre-productif si l’on veut promouvoir les talents de demain.

Lorsque l’on veut développer de jeunes joueurs, le temps et la sérénité sont des facteurs déterminants. Or, le stress de la relégation est crispant. Développement et crispation sont deux mots qui ne vont pas ensemble.

Faut-il augmenter le nombre de renforts étrangers dans nos clubs? Dans notre championnat, nous comptons déjà une cinquantaine de joueurs qui possèdent une licence helvétique mais qui ne sont pas Suisses. Ce qui fait qu’en réalité les clubs de l’élite jouent déjà presque tous avec plus de quatre étrangers. Cela fait beaucoup. Il faut que nos joueurs, qui ont été formés au pays et qui se sont battus pour gravir tous les échelons de la formation, puissent avoir des perspectives et du temps de glace au niveau professionnel. Il faut qu’ils puissent continuer à réaliser leurs rêves.

Je pense qu’à l’avenir nos meilleurs joueurs tenteront de plus en plus leur chance dans d’autres championnats. Beaucoup de Suisses ont le potentiel pour être des éléments importants dans des compétitions très relevées comme celles de Suède ou de la KHL, mais la plupart, aujourd’hui, se tournent vers la NHL. Au cours des dix à quinze dernières années, un nombre sans cesse croissant de Suisses ont réussi à faire le saut à l’étranger, principalement en NHL, et je m’attends à ce que ce chiffre soit doublé ou même triplé au cours de la prochaine décennie avec l’avènement de la nouvelle génération. Notre hockey est sur la bonne voie.

Créé: 19.05.2020, 07h44

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