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Cyclisme La BMC avait mal réglé la petite aiguille

L’équipe américano-suisse et son mécano expert en vélos de chrono ont l’habitude de chasser les secondes. Mais il y en avait une de trop hier en prologue du Tour de Romandie.

Jurgen Landrie. Photo: Maxime Schmid

«Cela démontre que le travail a été bien fait»



Fabio Baldato (directeur sportif de la BMC), quand on est la BMC, on ne peut pas perdre un chrono!

(Il se marre.) Le tracé faisait 4 km et on est là: deuxième et quatrième, à une seconde du vainqueur. Ça démontre que le travail a été bien fait, que les coureurs étaient bien préparés.

Ce prologue, vous l’avez longuement étudié…

Oui. Nous avons la chance que David (ndlr: Bailey, chef de la performance au sein de la BMC) habite Lausanne. Il a pu venir à Fribourg il y a deux ou trois semaines, afin de faire une première reconnaissance. Puis Bohli a repéré lui aussi le tracé la semaine dernière et toute l’équipe est arrivée dimanche soir déjà. Sans compter que les coureurs ont encore pu prendre la mesure du parcours une heure avant le premier départ.

Quel sentiment domine finalement? La satisfaction de voir deux de vos coureurs parmi les quatre premiers, ou la déception de ne pas avoir gagné?

Les deux. Mais Michael Matthews était un de nos favoris. C’était un prologue technique et explosif, parfait pour les puncheurs comme lui.

Vous aurez droit à une revanche vendredi…

Ce sera un contre-la-montre encore différent (ndlr: 9,9 km sur une pente de 7% de moyenne). Il faudra se méfier de Primoz Roglic et Geraint Thomas.

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Sur le parking de l’hôtel fribourgeois où logeait la BMC lundi soir, on avait rencontré le mécanicien Jurgen Landrie. Il nous avait tendu la main en se présentant comme un spécialiste des vélos de chrono, ce qui nous avait un peu intrigués. Il y avait donc des mécaniciens spécialisés pour ce type de bicyclettes. «Les vélos de chrono sont très spécifiques, avait défendu notre interlocuteur. On parle d’un outil qui est pensé pour un effort de 20 km en moyenne. Les réglages sont faits au millimètre. On ne peut pas perdre une seconde, car ça peut être la différence entre le premier et le deuxième.»

Cette déclaration nous est revenue hier lorsqu’on a découvert qu’une seule seconde départageait le vainqueur de ses trois poursuivants et que cette seconde-là, précisément, n’était pas à l’avantage de la BMC. La formation américano-suisse a certes brillé en plaçant deux de ses coureurs (Tom Bohli et Rohan Dennis) dans le quatuor de tête, mais elle a échoué, aussi, dans sa chasse au temps. Celle-ci hante les spécialistes du contre-la-montre, c’est-à-dire une bonne partie de la BMC, qui a fait de l’exercice chronométré sa spécialité (cinq médailles aux Mondiaux par équipes). La preuve avec ce prologue du Tour de Romandie qu’elle avait savamment étudié début avril déjà, lorsque le chef de la performance, David Bailey, s’était rendu personnellement à Fribourg, où, muni d’un GPS et d’une caméra, il avait emprunté le tracé du prologue afin d’en enregistrer toutes les données (trajectoires, pourcentages, etc.).

Culte du secret

Elles avaient été transmises à l’équipe dirigeante de la BMC afin que tous sachent comment préparer au mieux les hommes et les machines. «Ces informations nous ont notamment permis de choisir le braquet des vélos», avait expliqué Jurgen Landrie. On avait tenté d’en savoir plus – «quel braquet alors?» –, mais il avait malicieusement coupé court à la discussion. «Je vous le dirai après la course (ndlr: c’était entre 56 et 55).» Puisque chaque détail compte, celui-ci est jalousement gardé. Impossible de connaître le choix des roues, ni même la pression des pneus, avant la course. Et ce culte du secret n’est pas réservé aux meilleurs. Les mécaniciens de la FDJ nous avaient poliment expliqué lundi soir que, comme leurs homologues de la BMC, ils n’étaient pas autorisés à parler sans l’accord de leur direction.

Le contre-la-montre est «une science» (Tejay van Garderen) et ceux qui ne la prennent pas suffisamment au sérieux n’ont aucune chance d’en décrypter le mystère. Silvan Dillier en a fait l’amère expérience hier. La veille, en patientant dans le lobby de son hôtel, il était tombé sur le tracé du prologue en feuilletant le programme du Tour de Romandie. «Cette montée a l’air compliquée», avait-il commenté, comme s’il découvrait le parcours pour la première fois. Décevant 17e hier, il semblait incrédule dans l’aire d’arrivée en voyant que certains coureurs le devançaient de dix secondes.

Créé: 24.04.2018, 22h55

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