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Cyclisme Eddy! Eddy! Eddy!

Le Tour de France fête les 100 ans du premier maillot jaune, certes, mais surtout les 50 printemps du succès d'Eddy Merckx. Immersion dans «sa» Belgique.

Le Cannibale a été fêté jeudi, sur la Grand Place bruxelloise.

Le Cannibale a été fêté jeudi, sur la Grand Place bruxelloise. Image: Keystone

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Il y a 50 ans, la Belgique avait vibré dans le sillage d’Eddy Merckx. Le «Cannibale» avait remporté son premier Tour de France – le premier pour un Belge depuis 1939! - et la Grand Place de la capitale belge avait reçu avec les honneurs son nouveau champion. En cette fin de semaine, au même endroit, c’est le Tour de France qui lui rendra hommage. L’occasion d’aller voir en ville et autour ce que représente le natif de Meensel-Kiezegem, l’homme aux 625 courses (525 victoires sur route, 98 sur la piste et 2 en cyclo-cross).

En premier, on est parti pour la banlieue, où l'idole a une école à son nom. Rien que ça. «Vous connaissez Eddy Merckx, les enfants?», a-t-on lancé à la cantonade de bambins? «Ouiiiiiiiiiii!», ont-ils répondu en chœur. «Et c’est qui?», a-t-on retenté. «C’est le nom de l’écoooooole», ont osé certains. Il faut dire que les gamins ne dépassaient pas les cinq ans et que, forcément, les victoires sur le Tour de France au début des seventies ne leur viennent pas en premier lieu à l’esprit. Même si leur établissement est sis à Woluwe-Saint-Pierre, là où le champion avait passé quelques-unes de ses vertes années.

Il faut aller déranger l’un des gardiens de l’endroit pour trouver trace d’une vraie culture cycliste. «Attends, on va là-bas, rien ne vaut une bonne cigarette entre les sessions de sport», se marre-t-il, en regardant les jeunes égayer leurs débuts de vacances sur le centre sportif adjacent. Lui comprend qu’on ait rendu hommage à l’idole locale, même si avoir une école à son nom de son vivant pouvait luit sembler un peu prématuré.

Les organisateurs du Tour de France, eux, ont mis les petits plats dans les grands pour célébrer le «Cannibale», ce week-end. Entre Woluwe-Saint-Pierre et le Centre-Ville, une exposition a même mis le cyclisme à l’honneur, dans le bien mal nommé Autoworld. Emmanuel Dehan a passé ses trente dernières années à collecter vélos, maillots et trophées et a aimablement prêté tout ça pour fêter les 100 ans du maillot jaune (il en a une bonne trentaine, parmi lesquels Louison Bobet, Jacques Anquetil, Luis Ocana, Eddy Merckx, Bernard Thévenet, Miguel Indurain, Greg Lemond, Alberto Contador, Cadel Evans ou encore Chris Froome) et les 50 ans de la première victoire de Merckx.

Forcément, dans son incroyable collection, l’homme a du «Cannibale». Deux vélos d’époque, des tuniques du temps de l’équipe Molteni… «Mais du Eddy Merckx, ce n’est pas difficile à trouver! Parce qu’il est encore en vie… La plupart de ces choses me viennent des familles. Il faut arriver à rencontrer les bonnes personnes et ensuite les convaincre. Les grands champions, j’arrive à les voir, mais après leur carrière pour les travailler au corps. Certains s’en fichent, certains ont des collections personnelles. Bradley Wiggins, par exemple, achète des reliques lui aussi», nous a conté Emmanuel Dehan, le collectionneur.

Eddy Merckx est partout dans la ville. Et pas seulement cette semaine. Dans le Nord-Ouest, une station de métro à son nom; ces derniers jours, sur des affiches, on a trouvé le slogan «Un Belge a longtemps régné sur le Tour de France. Même s’il portait une drôle de couronne»; sur les murs, des posters géants; au sol, des discutables jeux de mots demandant si «Are you r’Eddy?»; dans une librairie, trône une biographie de la star, intitulée Eddy! Eddy! Eddy!. Le Cannibale a encore tout mangé cette semaine. Et en Belgique, on aime toujours autant ça.

Créé: 05.07.2019, 08h36

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