Dimanche 24 septembre 2017 | Dernière mise à jour 02:29

Cyclisme Froome, des pentes du Kenya au panthéon du vélo

Le coureur britannique est devenu dimanche le troisième cycliste de l'histoire à s'imposer la même année sur le Tour de France et sur celui d'Espagne.

Chris Froome ne cachait pas son bonheur dimanche.

Chris Froome ne cachait pas son bonheur dimanche. Image: AFP

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Chris Froome légendaire... presque sans y penser. Venu au vélo en dévalant les pentes de son Kenya natal, loin de l'Europe et de sa culture cycliste, le Britannique s'est invité dimanche au panthéon de son sport avec un rare doublé Tour de France-Tour d'Espagne. C'est un exploit majeur que vient de conclure le longiligne leader de l'équipe Sky, peau diaphane et sourire timide. Après avoir remporté en juillet sa quatrième Grande Boucle, Froome (32 ans) a levé les bras pour la première fois à Madrid.

Gagner le Tour et la Vuelta la même saison, seuls deux autres géants de la route y sont parvenus, les Français Jacques Anquetil (1963) et Bernard Hinault (1978). Mais «Froomey» n'a pas baigné dans la légende de ces coureurs-là. «Je ne suis pas trop du genre à chercher un modèle, expliquait-il en juillet. J'ai beaucoup de respect pour eux. Mais j'ai commencé le cyclisme en Afrique, tardivement. Je n'ai pas regardé le Tour de France avant.» Pour le jeune Christopher - fils d'expatriés britanniques dont le divorce après la faillite de l'entreprise familiale le marquera profondément -, le vélo est avant tout une histoire d'évasion.

Un passage à Aigle

«J'avais un petit vélo noir que j'emmenais partout, c'était comme une partie de moi-même», raconte-t-il dans son autobiographie «Mon ascension», en évoquant les collines kényanes où, «si vous lâchez le guidon et tendez les bras vers le ciel, tel un vainqueur d'étape, vous avez l'impression de toucher du doigt le paradis». C'est sa mère Jane, décédée en 2008 juste avant les débuts de Froome sur le Tour, qui l'amène faire ses premières courses pour le canaliser: «J'étais vraiment hyperactif, une vraie boule d'énergie. Elle s'inquiétait et avait peur que l'une de mes balades intrépides finisse mal.»

Il rencontre alors David Kinjah, cycliste kényan coiffé de dreadlocks, qui devient son mentor. «Mais ce n'est que lorsque je suis parti adolescent pour une école en Afrique du Sud (réd: où s'était installé son père) que les choses sont devenues plus sérieuses. J'ai vu là-bas que le cyclisme était un vrai sport. C'est là que j'ai commencé à courir et que j'ai gravi les échelons chez les amateurs», raconte Froome.

En 2007, on lui propose de rejoindre le Centre mondial du cyclisme (CMC), qui réunit les coureurs prometteurs des pays dits en développement, à Aigle. Les premiers tests médicaux révèlent des qualités physiques rares qui marquent Michel Thèze, entraîneur au CMC: «J'ai immédiatement été frappé par sa détermination. Il était très appliqué dans tout ce qu'il faisait. C'était un apprenti avec un gros potentiel. Mais sa position sur le vélo était catastrophique et il avait du poids à perdre.»

Le virage Sky

Malgré sa technique peu académique, «Froomey» est recruté en 2007 par l'équipe Barloworld après avoir gagné une étape de montagne lors du Tour des régions italiennes. C'est avec cette formation qu'il court son premier Tour de France en 2008. Mais c'est son passage dans la nouvelle écurie britannique Sky en 2010 qui sera décisif. En suivant un entraînement à la pointe de la technologie, il développe ses qualités de grimpeur et de rouleur après avoir traité une bilharziose, maladie parasitaire contractée en Afrique.

Et déjà, l'Espagne et ses fortes chaleurs séduisent le gamin de Nairobi: la Vuelta 2011, qu'il termine deuxième à 13 secondes de l'Espagnol Juan José Cobo, révèle son talent au plus haut niveau. Il en gardera une tendresse particulière pour cette épreuve, terminant trois fois deuxième avant de pouvoir s'y imposer cette année.

T0ur de France 2012

La suite de l'histoire est connue: en 2012, «Froomey» crève l'écran sur la Grande Boucle, se montrant supérieur en montagne à son leader Bradley Wiggins, futur vainqueur. Devenu en 2013 le premier «Africain» à remporter le Tour de France, le Britannique en a désormais trois autres à son palmarès (2015, 2016 et 2017), à une longueur du record de cinq victoires.

Et Froome, papa d'un petit Kellan depuis décembre 2015, peut continuer à écrire sa légende en rejoignant le cercle très fermé des six coureurs vainqueurs des trois Grands Tours. Après le maillot jaune et le maillot rouge, il lui manque une touche de rose, celui du Tour d'Italie. (ats/nxp)

Créé: 10.09.2017, 18h46


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