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Football Dopage/Espagne - Real Sociedad: l'actuelle direction nie toute pratique irrégulière

MADRID, 4 fév 2013 (AFP) - L'actuelle direction de la Real Sociedad, en charge depuis fin 2008 du club de 1re division espagnole, a démenti toute "pratique irrégulière" alors qu'un ancien dirigeant a accusé le club basque d'avoir eu recours au dopage durant les années 2000.

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Lundi, dans une interview au journal espagnol AS, l'ancien président de la Real Sociedad, Iñaki Badiola, a en effet accusé ses prédécesseurs d'avoir mis en place au sein du club de Liga un réseau d'achat de produits dopants entre 2001 et 2007.

"Depuis que l'actuel conseil d'administration a la responsabilité de gérer le club, soit depuis le 20 décembre 2008, nous pouvons garantir qu'il n'y a eu aucune pratique irrégulière", affirme dans un communiqué le club, qui dit se réserver le droit de restaurer "sa crédibilité" devant les tribunaux.

Le club a ainsi réagi de manière officielle aux propos de Badiola, président de la Real Sociedad entre janvier et décembre 2008, même si ce dernier ne met pas directement en cause la direction actuelle.

"Au cours des six saisons antérieures à notre présidence, les autorités du club ont géré une comptabilité B pour acheter des médicaments et des produits qui étaient à ce moment-là catalogués comme dopants", accuse Badiola.

Dans cette interview, Badiola met en cause deux médecins, les docteurs Eduardo Escobar et Antxon Gorrotxategi. Il assure qu'ils achetaient des produits interdits sur le marché noir, avec la complicité des directions du club.

L'ancien président de la Real affirme être en possession des traces écrites de cette comptabilité B, récupérée lors d'un audit en 2008, ainsi que d'un mail du docteur Gorrotxategi lui demandant l'autorisation de poursuivre ces commandes et que Badiola avait conservé comme preuve.

Dans son déballage, Badiola évoque également un possible lien entre ces supposées commandes de produits illicites et l'affaire de dopage Puerto, dont le procès se tient depuis le 28 janvier à Madrid, avec le docteur Eufemiano Fuentes comme principal accusé.

"Il se peut parfaitement que Fuentes ait été le pourvoyeur (d'Escobar et Gorrotxategi), affirme Badiola. Nous voulons vérifier que les documents en notre possession coïncident avec ceux de Fuentes, pour plusieurs raisons: premièrement, parce que c'est une question morale, et ensuite, parce que nous l'avions déjà signalé par une plainte en 2008. De cette manière, ce que nous disions à l'époque serait recoupé".

De fait, les déclarations de l'ancien président font écho aux derniers développements du procès Puerto.

Vendredi, une mystérieuse inscription "RSOC" de la main du docteur Fuentes, sur l'un des documents saisis en 2006 par la police, avait ainsi semé le trouble.

Interrogé sur la signification de cette inscription, Fuentes s'en était tiré par une pirouette: "il s'agit peut-être d'un bon vin", avait-il répondu.

Pour finir, Badiola attaque frontalement José Luis Astiazaran, président de la Real Sociedad entre 2001 et 2005 et président depuis lors de la Ligue espagnole de football professionnel.

Il affirme que ce dernier aurait étouffé une première plainte déposée par le conseil d'administration de la Real en 2008.

Dans un communiqué publié lundi sur le site de la Ligue de football, Astiazaran nie toute implication ou volonté d'étouffer l'affaire.

"Durant mon mandat comme président de la Real Sociedad (2001 à 2005), je n'ai jamais eu aucune connaissance ni aucun soupçon de la réalisation de pratiques illégales. (...) Si je les avais eus, j'aurais immédiatement agi", assure-t-il.

cle/sg/bm/el (AFP/Le Matin)

Créé: 04.02.2013, 22h14

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