Dimanche 29 mars 2020 | Dernière mise à jour 11:07

foot Fronde 2013 en Turquie: 35 supporteurs de foot accusés de tentative de coup d'Etat

Istanbul, 8 sept 2014 (AFP) - Un procureur d'Istanbul a requis le renvoi devant un tribunal de 35 membres d'un groupe de supporteurs du club de football du Besiktas d'Istanbul pour leur participation à la fronde antigouvernementale de juin 2013, ont rapporté lundi les médias turcs.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Dans l'acte d'accusation cité notamment par le quotidien Milliyet, le magistrat a accusé les supporteurs du "Carsi" de "tentative de coup d'Etat" contre le gouvernement islamo-conservateur et réclamé contre eux la prison à vie.

Les suspects "ont tenté de répandre une image (des événements) similaire à celle des printemps arabes en fournissant à la presse étrangère des photos d'affrontements aux fins de renverser par des moyens illégaux le gouvernement légal de la Turquie", écrit notamment ce procureur stambouliote.

La date du procès des 35 membres du "Carsi" n'a pas encore été fixée.

La révolte de 2013 avait débuté à la toute fin du mois de mai par la mobilisation d'une poignée de militants écologistes opposés à la destruction d'un petit jardin public, le parc Gezi, en lisière de l'emblématique place Taksim d'Istanbul.

Après une violente intervention des forces de l'ordre le 31 mai à l'aube, la mobilisation s'est muée en une vague de contestation politique sans précédent contre la dérive jugée autoritaire et islamiste du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, aujourd'hui président.

Pendant trois semaines, plus de 3,5 millions de Turcs ont défilé dans une centaine de villes du pays, lors de manifestations sévèrement réprimées par les forces de l'ordre qui ont fait au moins 8 morts, plus de 8.000 blessés et des milliers d'arrestations.

Avec de nombreux groupes issus de la société civile turque, le club des supporteurs de Besiktas a été l'un des fers de lance de la contestation.

Politiquement classé à gauche, le "Carsi de Besiktas" se revendique aussi bien de l'héritage laïque du fondateur de la République turque, Mustafa Kemal Atatürk, que du combat ouvrier contre le capitalisme ultralibéral.

Une responsable pour la Turquie de l'ONG Human Rights Watch, Emma Sinclair Webb, a dénoncé sur son compte Twitter l'acharnement "ridicule" des autorités judiciaires turques contre les supporteurs de Besiktas.

Des procès ont été engagés contre plusieurs centaines de manifestants, dont 26 des chefs présumés de la révolte.

BA/pa/ros (AFP/Le Matin)

Créé: 08.09.2014, 13h42