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Hongrie Hongrie : agression antisémite après un match de football

Le président d'une association de lutte contre les discriminations a expliqué lundi à l'agence de presse hongroise MTI avoir été agressé dimanche par des supporteurs de football, après leur avoir demandé de cesser leurs chants antisémites.

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Ferenc Orosz, président de l'Association Raoul-Wallenberg -- du nom du diplomate suédois qui a sauvé des dizaines de milliers de Juifs hongrois de l'Holocauste -- basée à Budapest, a été pris à partie après le match de 1ère division entre le Ferencvaros et Videoton, au stade Ferenc Puskas de la capitale hongroise.

Au cours de la rencontre, il a demandé à des supporteurs assis à ses côtés d'arrêter leurs chants qui se référaient au dictateur italien Benito Mussolini et scandaient "Sieg Heil!". Il a affirmé à MTI avoir été par la suite menacé physiquement et traité de "communiste juif".

En quittant le stade, deux personnes lui ont bloqué la sortie, l'un lui criant "Sieg Heil!" et l'autre lui cassant le nez en le frappant.

Il a porté plainte et la police enquête sur un des deux agresseurs présumés.

Il s'agit d'une "manifestation de l'intolérance dans la société", a regretté Peter Feldmajer, président de l'Association des communautés juives hongroises (Mazsihisz), dans un communiqué publié lundi.

La Fédération internationale de football (Fifa) avait condamné la Hongrie à disputer à huis clos une rencontre de qualification pour le Mondial-2014 contre la Roumanie en mars, pour des incidents antisémites survenus en août 2012, au cours d'un match amical entre les sélections israélienne et hongroise à Budapest. Il s'agit de la première sanction prononcée par la Fifa pour antisémitisme.

Ce nouvel incident intervient alors que la capitale hongroise accueille le Congrès mondial juif (WJC) à partir du 5 mai, auquel participent près de 500 représentants de la communauté juive à travers le monde.

Le Premier ministre conservateur hongrois Viktor Orban doit y prononcer un discours. Son directeur de cabinet, Janos Lazar, a affirmé lundi que le chef du gouvernement hongrois allait "résolument répondre à ceux qui accusent tous les Hongrois et le gouvernement d'antisémitisme".

Il a ajouté que toutes les manifestations au cours de la conférence qui pourraient "porter atteinte à la dignité humaine des participants" seraient proscrites.

Depuis un an, les incidents antisémites et racistes se sont multipliés en Hongrie. Mi-novembre 2012, le Congrès juif mondial avait demandé à Viktor Orban de se distancier clairement des extrémistes de son pays. En mars, plusieurs personnalités ouvertement d'extrême droite ont été décorées.

En mai 2012, une statue de Wallenberg à Budapest avait été souillée avec des pieds de cochon.

pmu/tba/sgl/dro (AFP/Le Matin)

Créé: 29.04.2013, 17h09