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quitation Saut - Le Maroc fait monter les barres (MAGAZINE)

Par Astolfo CAGNACCI PARIS, 20 juin 2013 (AFP) - La passion du roi Mohammed VI, nourrie par une tradition équestre séculaire, et l'expertise des Rozier père et fils font décoller le saut d'obstacles au Maroc, dans le sillage d'Abdelkebir Ouaddar, pilote de l'écurie royale.

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L'acte de naissance international a eu lieu à Monte Carlo le 30 juin 2012, quand Ouaddar s'est classé troisième du Grand Prix du Global Champions Tour (GCT), le circuit majeur, en selle sur le hongre Porche du Fruitier.

"Cela a eu une grosse répercussion au pays. Jamais un cavalier marocain n'avait obtenu un tel résultat", rappelle l'intéressé, élevé par une soeur du défunt roi Hassan II. Il n'y avait pas mieux pour mettre le pied à l'étrier de ce cavalier.

Comme il se doit, la renaissance porte la marque du souverain. "C'est évidemment une chance d'avoir un sponsor royal. Mais on ne parle pas d'argent avec Sa Majesté. C'est surtout la confiance qu'il me donne", remarque en son domaine de Bois-le-Roi (Seine-et-Marne) Marcel Rozier, médaillé d'or par équipes aux JO de Montréal, en 1976 et entraîneur de l'écurie royale. Le cheval que je choisis c'est comme si c'était pour moi".

Alors M. Rozier père, en forme olympique à 77 ans, est "tombé sur un formidable numéro" il y a un an avec l'étalon Quickly de Kreisker. "Pour bien acheter, il faut être discret et aller plus vite que la concurrence. J'ai réussi à doubler certaines personnes", note-t-il, non sans fierté. Evidemment, on ne connaîtra pas le prix d'achat du crack.

Avec Quickly, le bien-nommé, Ouaddar s'est qualifié récemment pour les Jeux équestres mondiaux de 2014 en Normandie, une autre première pour le CSO marocain. C'est avec ce cheval qu'il est aussi engagé au Grand Prix du CSI de Fontainebleau dimanche.

Sous le sceau royal, le renouveau est orchestré par le prince Moulay Abdullah, cousin de Mohammed VI et président de la Fédération des sports équestres (FRMSE).

Des atouts

Philippe Rozier, un des trois fils de Marcel et toujours international tricolore, tient une place clé dans ce processus. Nommé le 1er décembre entraîneur fédéral de l'équipe du Maroc, le cavalier international français a déjà "fait beaucoup de stages pour voir" ce qu'il avait "dans le panier".

En phase avec la politique d'ouverture de la FRMSE, il a emmené 25 cavaliers et 50 chevaux cavaliers lors du Sunshine Tour en Espagne, à la fin de l'hiver.

Pour Philippe Rozier, l'Arabie Saoudite, qui a fait irruption sur la scène olympique avec une médaille de bronze par équipes aux Jeux de Londres après avoir beaucoup investi en achats de montures haut de gamme, constitue une "motivation" et non "un exemple".

Et de préciser: "Avant les chevaux, j'ai besoin de pilotes. Si la peste équine a fait perdre dix ans au Maroc, on a une culture du cheval qui existe depuis longtemps, même au niveau de l'armée, et des infrastructures et un circuit jeunes chevaux qui n'existent pas dans les pays du Golfe".

Voici trois ans, Marcel Rozier avait initié le chemin, en tant que conseiller technique pour la mise en place du Morocco Royal Tour, circuit de trois étapes à Tétouan, Rabat et El Jadida.

Désormais, l'objectif est de participer à des Coupes des nations, en faisant encore progresser les meilleurs cavaliers du pays pour qu'ils se rapprochent du degré d'excellence d'Abdelkebir Ouadar.

Le colonel Hassan Jabri, de la garde royale, compte parmi ce groupe restreint. Avec la particularité d'être aussi le cavalier du plus haut grade à participer aux concours trois étoiles, la porte du niveau international.

asc/gf/rl (AFP/Le Matin)

Créé: 20.06.2013, 16h57

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