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Voile Vendée Globe - François Gabart, dernière pépite de la voile française (PORTRAIT)

PARIS, 24 jan 2013 (AFP) - François Gabart, qui entrera au Panthéon de la voile s'il remporte ce week-end aux Sables-d'Olonne le 7e Vendée Globe, à 29 ans et pour sa première participation, est la dernière pépite de la course au large en solitaire, domaine où les Français règnent en maîtres.

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Méthodique, calme, structuré, toujours souriant... et surdoué. L'ascension du jeune ingénieur blond aux yeux bleus, en tête d'une centaine de milles à la mi-journée jeudi devant Armel Le Cléac'h, a été fulgurante mais ne doit rien au hasard. "Il y a pile quatre ans, j'étais ici à regarder les bateaux avec admiration et fascination, je venais juste de faire ma première saison en Figaro", déclarait-il avant le départ des Sables, le 10 novembre dernier. "Je découvrais ce milieu. Je m'étais dit il faut faire le Vendée Globe , mais je ne pensais pas le faire quatre ans plus tard, même dans mes rêves les plus fous", ajoutait-il d'une voix posée mais déterminée. Gabart a découvert la navigation avec ses parents et grand-parents. Ensuite, expliquait-il, "j'ai bien bossé et rencontré les bonnes personnes au bon moment. Je suis allé vite, certes, mais à un rythme correct, et je ne pense pas avoir volé la place de qui que ce soit". Régatier accompli, Gabart (1,71 m pour 66 kg au départ) possédait avant même le Vendée un palmarès exceptionnel: champion de France d'Optimist (1997), de Moth Europe (1999), champion du monde junior de Tornado (2004)... Premier bizuth de la Solitaire du Figaro en 2008, champion de France de course au large en solitaire deux ans plus tard, il est repéré par Michel Desjoyeaux, vainqueur des Vendée Globe 2000-2001 et 2008-2009. Il remporte la B to B en décembre 2011 pour sa première transat en solo en Imoca (monocoques de 18,28 m), alors que son bateau -un plan VPLP-Verdier- a été mis à l'eau seulement quelques mois plus tôt. Le secret du Charentais, né à Saint-Michel d'Entraygues mais aujourd'hui installé à La Forêt-Fouesnant (Finistère) avec sa compagne norvégienne Henriette et leur fils de 10 mois Hugo, tient sans doute à sa formation. Diplômé de l'Insa de Lyon, le skipper de Macif considère que le métier de marin est "aujourd'hui un métier d'ingénieur".

Une course comme le Vendée , "c'est une application de ce que j'ai appris à l'école", expliquait-il. "Avec une équipe d'une dizaine de personnes, on a construit un bateau, avec des éléments technologiques très poussés. Quand on navigue, on rencontre aussi des problèmes techniques. Donc il faut savoir pourquoi ça casse, comment réparer. Il y a aussi la stratégie météo", un domaine qu'il affectionne particulièrement et dont il aurait pu faire son métier. Gabart disait avoir abordé la course au large avec une "rigueur scientifique", tout en y ajoutant de "l'instinct", ce "grain de folie qu'ont tous ceux qui participent au Vendée ". "J'adore jongler entre les deux. Etre marin nécessite d'être capable d'aller vers ces deux extrêmes, de naviguer au feeling dans certaines conditions et, dans d'autres, de se concentrer sur des éléments plus objectifs". "Il faut avoir les nerfs solides pour faire cette course, c'est une évidence, notait le skipper de Macif, une dizaine de jours avant l'arrivée. Mais c'est un de mes points forts depuis que je suis tout petit". Gabart reconnaissait tout de même des "moments difficiles" au cours de cette fantastique régate planétaire. Mais, poursuivait-il, "ce n'est pas en se lamentant ou en pleurnichant qu'on fait avancer les choses. Et d'ailleurs, j'ai eu plutôt moins de problèmes que j'imaginais avant le départ. Ca reste un rêve, ça n'a jamais été un cauchemar". Et dans les moments de blues, Gabart avait de solides alliés: 3,7 kilos de chocolat (40 tablettes!), son péché mignon, et une discothèque comprenant notamment U2, Bobby McFerrin, ColdPlay et Jack Johnson...

heg-nk/eb (AFP/Le Matin)

Créé: 24.01.2013, 12h35