Vendredi 19 avril 2019 | Dernière mise à jour 12:08

Football David Lemos: «On ne fait pas partie de l’ASF»

Le Vaudois de 38 ans va commenter un match de l'équipe de Suisse pour la première fois samedi, à l'occasion du déplacement en Géorgie.

Le Vaudois entrera en piste samedi.

Le Vaudois entrera en piste samedi. Image: RTS/Anne KEARNEY

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Après Pierre-Alain Dupuis et Philippe Von Burg, c’est David Lemos qui va suivre la sélection à la croix blanche. L’ancien de Radio Framboise, Teleclub ou encore TVRL était préparé à ce défi et commencera à occuper le poste au côté de Léonard Thurre.

Comment appréhendez-vous ce premier match de l’équipe de Suisse au commentaire? Cet honneur, finalement...

(Il hésite) Honneur est le bon mot, oui. Il est difficile d’en donner un autre car peu ont eu l’occasion de commenter l’équipe nationale, et vu ce qu’elle représente c’en est forcément un. Je suis au bon endroit au bon moment. Le bon endroit car j’ai trouvé ma place dans cette rédaction, et le bon moment car c’est celui où Philippe Von Burg souhaitait arrêter et où, moi, je suis à l’âge idéal pour reprendre le flambeau. Prêt aussi, je le crois. Comme on dit souvent: toutes les planètes se sont alignées et j’ai eu la chance de pouvoir être là. Pour être honnête, ça faisait déjà trois ans et demi que Philippe m’en avait parlé pour la première fois.

Donc vous avez eu le temps de le «mûrir»...

Oui, parce que, que tu le veuilles ou non, tu y penses. C’est une perspective magnifique. J’ai ça en tête depuis tellement longtemps. Là, ça devient concret. J’en suis aux milieux de terrain géorgiens. En fait je suis assez content de pouvoir retrouver mes repères, de 'routiniser', en me disant que ce n’est 'que' la préparation d’un match et ça, c’est un truc que je sais faire. L’émotion de ce que ça représente, elle, risque de me reprendre juste avant.

Les hymnes nationaux, le suisse, c’est une chose peu commune dans ce métier. Il y a la Super League, la Champions League, toutes les autres sélections avant.

L’hymne suisse, je l’ai connu en spectateur bien sûr, au commentaire radio à l’époque (ndlr: notamment le fameux Turquie-Suisse de 2005 pour Rouge FM), au commentaire des moins de 21 ans pour la RTS, je l’ai vécu à la présentation en plateau des matches des grands... Mais là ce sera concret. Je jetterai sûrement un œil complice à Léo qui commentera avec moi.

Et aujourd’hui, ça devient très réel.

Je trouve drôle et sympathique que ça commence en Géorgie. Ce sera tout de suite dans un endroit où tout sera nouveau pour moi. Ce n’est pas un match à domicile, comme à Bâle, où j’ai pas mal de repères. Les stades suisses, on les connaît, j’y ai commenté... C’est une chose sur laquelle je pourrai m’appuyer: la nouveauté de l’environnement, il y a plein de choses à raconter: la découverte d’un nouveau stade, d’un nouveau pays, d’une nouvelle équipe avec le match. Mais en même temps, c’est tout de suite sérieux, ce n’est pas un match amical!

Autre nouveauté: vous restez commentateur, mais à ce poste, on attend un poil de supportérisme, finalement...

Forcément, même si supportérisme n’est pas le bon mot.

Pas jusqu’au chauvinisme, mais pas loin! Que dans votre commentaire, vous vous consacriez à la Suisse.

Oui, c’est évident! Ce n’est pas du chauvinisme, ce n’est pas du supportérisme, ce n’est pas du partisanisme... Mais on est avec l’équipe de Suisse, on suit l’équipe de Suisse et on souhaite son succès. Disons que c’est un commentaire teinté de rouge et blanc. En même temps, on ne fait pas partie de l’Association suisse de football! On est avec eux, mais on garde la tête froide et, quand ça ne va pas bien, on le dit. On tend vers l’objectivité. Les gens ne sont pas dupes.

Nouveau commentateur, nouveau consultant. Vous connaissez déjà bien Léonard Thurre, mais comment voyez-vous votre collaboration?

Déjà, je tiens à remercier le Lausanne-Sport de permettre à Léonard Thurre de venir avec moi sur ces deux premiers matches, parce que ce ne sera pas forcément possible ensuite pour lui. C’est un accord qu’on a avec le LS: les deux premiers matches, j’ai la possibilité de travailler avec lui, que j’apprécie tant humainement que professionnellement et avec qui j’ai déjà commenté des matches en Coupe du monde, dont la finale. C’est un confort supplémentaire pour moi de savoir que je vais avoir à mes côtés quelqu’un avec qui je me sens bien et qui me permettra de ne pas avoir en plus ce travail d’acclimatation à faire. Après, je ne sais pas encore avec qui je commenterai le Final Four de la Ligue des Nations, ni à l’automne prochain. Pour en revenir à ces deux premiers matches, évidemment qu’on devra se préparer les deux. On va en parler, parce qu’il faut qu’on réussisse à garder un peu de distance, tout en se laissant emporter si ça joue bien.

Surtout que lui a joué pour cette équipe…

Oui et c’est drôle, car la dernière fois que la Suisse a joué contre la Géorgie, il était entré en jeu un moment, à ce qu’il m’a dit (ndlr: il était entré à la 89e du 0-0 concédé le 2 avril 2003). Et pour la petite histoire, la première fois que j’ai commenté un match à Radio Framboise, Léo était sur le terrain et au début de sa carrière de joueur ! Et puis bien sûr il est devenu international, tout comme Alexandre Comisetti. Ils savent ce que c’était que d’être sur le terrain et d’entendre l’hymne suisse aligné avec les autres. Après, il n’y a pas de miracle. Philippe et Alex ont aussi eu des premiers matches. Ils ont aussi dû se roder et se trouver. On les a quittés sur une complicité de plus de dix ans en se disant que ça avait toujours roulé parfaitement. Non! Ils se sont améliorés petit à petit jusqu’à en arriver là. J’espère, quelle que soit la personne avec qui je ferai la suite, que je pourrai trouver un duo pour lequel les gens se diront: «Ah ben c’est Lemos et lui», comme les gens disent, «c’est Von Burg et Comisetti». Parce que ça l’était devenu.

Après, d’un point de vue technique, un St-Gall-Thoune, un Liverpool-Bâle ou l’équipe de Suisse, c’est à chaque fois un public différent. Faut-il s’y adapter?

C’est une bonne question. C’est un apprentissage... D’une certaine manière, quand tu commentes des matches de la Coupe du monde, tu dois déjà un peu le faire, puisque des gens qui ne suivent pas le football le reste de l’année se retrouvent à regarder des matches dans les fanzones ou en famille et il faut réussir à réunir un peu tout le monde. C’est encore autre chose. Je ne prétends pas dire comment je vais faire, parce que je n’ai pas de recette. Je vais essayer, à ma façon. Mais en même temps, je n’ai pas envie de prendre les gens pour des ignares! Mais voilà, s’il y a des choses un peu plus techniques que le co-commentateur apportera et bien tant mieux. On a aussi le droit de se dire que, maintenant, on a franchi quelques paliers et les gens se sont habitués à suivre le football, à suivre l’équipe de Suisse et que quand on parle de Granit Xhaka, les gens savent où il joue, savent comment il a joué par le passé et ce qu’on peut attendre de lui aujourd’hui.

Il y aura deux matches en trois jours, avant une nouvelle longue pause d’ici à la Ligue des Nations. C’est quoi le mot d’ordre? Se concentrer sur ces deux rencontres et débriefer? Ou alors c’est parti et vous «habitez» directement le poste?

A moins d’une catastrophe, normalement je ne serai pas sur la sellette après 2 matches (rires) ! Mais personnellement, après le premier, il y aura bien sûr toute une décompression, malgré tout. Qu’est-ce qui a été, qu’est-ce qui n’a pas été... Et le suivant contre le Danemark est déjà un gros choc, face à un autre favori du groupe. Je pense qu’entre les deux, sur le chemin du retour depuis la Géorgie, il y aura eu des débriefings, il y aura eu des réactions, il y aura eu des amis, des moins amis… Mais je saurai écouter les bonnes personnes, et aussi m’écouter moi. Je me crois assez dur avec moi-même.

(nxp)

Créé: 22.03.2019, 11h45

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