Dimanche 5 avril 2020 | Dernière mise à jour 17:56

Football Johan Djourou: «Je suis là pour apporter un plus»

Promu nouveau patron du FC Sion, l’ancien joueur d’Arsenal s’apprête à découvrir la Super League et Tourbillon, où il n’a encore jamais joué. Le Genevois s’est confié au «Matin.ch».

Johan Djourou, nouveau pilier du FC Sion: «On a des choses à faire ensemble.»

Johan Djourou, nouveau pilier du FC Sion: «On a des choses à faire ensemble.» Image: Keystone

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Le 24 janvier, Johan Djourou (33 ans) est officiellement devenu un joueur du FC Sion, avec lequel il s’entraînait déjà depuis plusieurs mois. Mais le Genevois, absent des terrains depuis plus d’une année et un ultime match joué à Naples sous le maillot de SPAL Ferrara, le 22 décembre 2018, ne s’était encore jamais exprimé sur les raisons qui l’avaient conduit à tenter cet audacieux come-back.

Ce jeudi, après un entraînement déplacé sur le terrain chauffé de Martigny-Croix, l’ancien international helvétique (76 sélections, 2 buts) a pris le temps d’évoquer son nouveau défi à Riddes, avant sa probable titularisation dimanche à Tourbillon, lors de la réception du FC Zurich. Un rendez-vous qui coïncidera avec ses débuts effectifs en Super League.

Johan, vous avez déjà joué en Premier League (Arsenal, Birmingham) et en Bundesliga (Hanovre, Hambourg), vous avez connu la série A italienne (SPAL) et le championnat de Turquie (Antalyaspor), mais vous n’avez encore jamais évolué en Super League… Plutôt curieux, non?

C’est vrai que j’étais parti très tôt, à 16 ans déjà, d’Étoile Carouge pour Arsenal, sans passer par la case LNA. C’était pourtant l’un de mes buts, peut-être même le premier. Je me souviens des derbies Carouge - Servette. Mon rêve, c’était d’être alors à la place de Philippe Hertig. Mon objectif quand j’étais gamin, c’était Carouge, et pas Servette! Dix-sept ans plus tard, je vais enfin jouer dans l’élite suisse, ce par quoi j’aurais pu commencer.

Lorsque vous rembobinez le film, qu’est-ce qui vous vient en premier?

Arriver à Arsenal, avec des joueurs qui venaient de partout, et pouvoir réussir à m’y imposer comme je l’ai fait reste le must absolu. J’ai eu la chance de pouvoir exaucer tous mes rêves.

Et vous voilà aujourd’hui à Sion, un club en manque d’un véritable patron. Ce rôle-là, vous vous sentez prêt à l’endosser?

Avec mon vécu, je suis là pour apporter un plus, et je pense que je vais le faire. Chacun de nous possède un parcours de vie différent, ou a déjà vécu des choses que les autres ne soupçonnent peut-être pas forcément. Avoir ce contrat, c’est déjà énorme, sachant par où je suis passé. Ici, j’ai la confiance du président et du directeur sportif, j’espère pouvoir la leur rendre. Les performances parleront d’elles-mêmes… A moi de montrer que je n’ai rien perdu, que je suis à nouveau au niveau que l’on connait. Maintenant, sur ce que les gens disent ou peuvent penser, on verra à la fin.

Justement, où en êtes-vous physiquement?

Je me sens bien, je touche d’ailleurs du bois (il mime le geste). Être resté aussi longtemps éloigné, sans jouer, était mon but. J’avais des douleurs, il fallait passer par cette opération, devenue nécessaire. En écoutant mon corps, en apprenant mieux comment il fonctionne, j’ai retrouvé le plaisir et l’envie. Cela me donne un nouvel âge, même si je viens de fêter mes 33 ans! (Rires)

Quelles sont les ambitions de Johan Djourou?

Pouvoir aider le groupe, ce qui passe par des matches. Le processus va suivre son cours normal. On a des choses à faire ensemble. Tous les matches qui restent à jouer, on peut les gagner. A Thoune, on a perdu sur 2 minutes, mais ce match-là, on aurait très bien pu aussi le remporter. L’autre jour, il y a certes eu des erreurs, un peu de flottement au début, mais il y en aura toujours. En sport comme dans la vie, on a néanmoins chaque fois une nouvelle chance de faire mieux.

Durant votre carrière, avez-vous déjà remporté des Coupes?

Non, curieusement, elles m’ont toujours échappé, même lorsque l’on arrivait en finale comme en 2011 (ndlr: défaite d'Arsenal 1-2 contre Birmingham en finale de la League Cup).

Vous savez ce qu’il reste donc à faire…

Vous parlez de la Coupe de Suisse? Bien sûr, on sait que c’est quelque chose de sacré en Valais. Mais on doit aussi avoir l’ambition de remonter au classement.

Vu de l’extérieur, on évoque parfois une ambiance malsaine, un vestiaire trop peu uni, voire des intrigues. Mais quand on est à l’intérieur, c’est comment? Quelle est la réalité?

Oh, le vestiaire avait déjà une très bonne ambiance avant mon arrivée, les gars vivaient bien ensemble, je crois. J’essaie d’amener au vestiaire ma positivité et ma bonne humeur. Bien évidemment qu’après un match perdu comme celui de dimanche, l’atmosphère est un peu plus pesante pendant 48 heures. Puis tout repart, avec déjà devant soi l'échéance suivante...

Tourbillon…?

Je crois bien que je n’y ai encore jamais joué. En tous les cas pas avec Carouge… Ni plus tard avec l’équipe de Suisse, puisque j’étais blessé contre le Costa Rica. Si je jouais dimanche, ce serait donc une double première! Tourbillon, c’est le Valais, c’est la communauté de nos fans. En Suisse, le FC Sion est un club spécial, un peu à part, avec une très forte identification régionale.

Ricardo Dionisio, votre nouveau coach, n’a que 37 ans. Vous êtes aussi là pour l’épauler?

Il sait très bien se faire respecter, imposer ses idées. Mais on est aussi là, nous les anciens, pour l’aider. S’il a besoin de nous, on est là.

Propos recueillis par Nicolas Jacquier, Riddes

Créé: 30.01.2020, 14h34

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