Vendredi 20 septembre 2019 | Dernière mise à jour 19:36

Football L'hiver sera doux pour Vladimir Petkovic

Les réformes voulues par le sélectionneur sont les bonnes, ce succès retentissant contre la Belgique (5-2) l’a prouvé.

Image: Sport-Center

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

En quatre jours, la Suisse de Vladimir Petkovic a perdu contre un «petit» et laminé un «gros», ce qui ne lui était jamais arrivé, ni dans un cas, ni dans l’autre. Le revers face au Qatar (0-1) est désormais enfoui, oublié, pardonné, tant la démonstration de ce dimanche a démontré que cette équipe de Suisse avait un vrai état d’esprit, sans oublier quelques qualités offensives qui nous ont franchement épaté.

La semaine a donc été folle et elle vient confirmer ce que l’on pressentait: cette équipe devient de plus en plus imprévisible, ce qui est une excellente nouvelle. Fini le temps du 4-2-3-1 stéréotypé et lisible à des kilomètres. La Suisse, c’est nouveau, peut désormais changer de système en cours de match pour surprendre son adversaire. Cette phrase était encore impossible à écrire il y a quelques mois, mais elle est devenue réalité ce dimanche. Et face aux Diables Rouges d’Eden Hazard, qui plus est!

Petkovic a mis du temps

Cette victoire doit ainsi beaucoup à Vladimir Petkovic. Non pas parce qu’il a changé de système tactique au cœur de la première période, alors que son équipe prenait l’eau de tous les côtés. Modifier son dispositif en cours de match n’a jamais fait d’un entraîneur un génie, mais ce qui est à mettre au crédit du «Mister», c’est qu’il s’est donné la possibilité de le faire au cours des derniers mois. Travailler en sélection n’est pas la même chose qu’en club. Les joueurs arrivent le lundi et le jeudi, souvent, arrive déjà un match important. Les joueurs ne sont pas les mêmes d’un stage à l’autre et le travail tactique ne peut pas être aussi poussé qu’en club. Très loin de là, même.

Mais Vladimir Petkovic a fait évoluer son équipe après la Coupe du monde. Un peu tard? Peut-être, oui, et on peut entendre les voix qui réclamaient un peu plus de flexibilité avant de partir en Russie déjà. Peut-être qu’en ayant un «plan B», ce que la Suisse n’avait pas à Saint-Pétersbourg en huitièmes de finale, il aurait été possible de bousculer cette équipe de Suède tout sauf géniale. Vladimir Petkovic a mis du temps pour tester cette défense à trois, mais il y est parvenu.

Désormais, la Suisse peut jouer en 4-2-3-1 et en 3-5-1-1, tout en étant performante dans les deux systèmes. Autre motif de satisfaction, Xherdan Shaqiri est bien meilleur dans l’axe, où il joue depuis la fin de la Coupe du monde, et ce pour plusieurs raisons. Déjà, parce qu’il a moins à défendre. Ensuite, parce qu’il dispose de plus de libertés sur le plan offensif. Et enfin parce qu’il se retrouve plus près du but. «XS» est régulièrement brillant dans ce poste de meneur de jeu et dimanche, il a livré une prestation de très haute qualité.

Petkovic a tenu parole

Vladimir Petkovic a également eu une belle inspiration en titularisant Kevin Mbabu ce dimanche. Le Genevois joue dans une défense à quatre avec YB, mais il a le profil idéal pour occuper le flanc dans une arrière-garde à trois défenseurs centraux. Son activité et sa générosité font oublier ses quelques lacunes techniques, encore bien réelles, et le voir prendre son couloir pour aller percuter est un régal permanent. Tant pis pour les espaces laissés dans son dos, ils font partie de son jeu et une défense à trois centraux est aussi là pour compenser ses fulgurances.

Là aussi cependant, on peut entendre les voix critiques qui réclamaient Mbabu à la Coupe du monde déjà, mais Vladimir Petkovic se trouvait alors dans une logique de groupe qui lui faisait préférer Stephan Lichtsteiner et Michael Lang au nom du vécu. Ce n’était pas une erreur, à notre sens en tout cas, et il ne faut pas oublier que Mbabu vient à peine de découvrir le grand monde de la Champions League. Cet automne était son heure, voilà tout, et on ne va tout de même pas reprocher à Vladimir Petkovic d’avoir intégré des nouveaux trop tardivement, quelques mois après avoir loué la cohésion de son groupe. Le temps des essais était clairement défini: ce serait après la Coupe du monde. Le sélectionneur a tenu parole et les «nouveaux» ont maintenant une chance à saisir.

Petkovic sort renforcé

Voilà donc la Suisse qui entre dans une nouvelle dimension après cette retentissante victoire qui a fait le tour de l’Europe. Oui, les Belges avaient des blessés dans leurs rangs, et pas n’importe lesquels, mais la Suisse, enfin, a vaincu un cador et elle l’a fait avec la manière. Ce succès vient mettre un terme à une année 2018 qui aura été marquée par une immense déception, cette élimination face à la Suède, et par des grandes polémiques, nées de la célébration dite des «aigles bicéphales» et des propos d’Alex Miescher qui s’en sont suivis, sans oublier la vraie-fausse éviction de Valon Behrami. Le risque était grand, disait-on il y a quelques mois, que l’équipe se délite, mais il n’en a rien été.

Au contraire, Vladimir Petkovic sort renforcé de cette année 2018 grâce à ce dernier succès, si spectaculaire. Les quatre mois d’hiver à venir seront doux pour le «Mister», mais il ne faudrait pas que l’ASF s’en tire à trop bon compte, quand même. Les réformes à engager, notamment autour de la communication de l’équipe nationale, ne doivent pas être oubliées en raison d’une seule soirée, fût-elle aussi réussie que celle de ce dimanche à Lucerne.

Créé: 19.11.2018, 08h09

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.