Samedi 4 avril 2020 | Dernière mise à jour 14:41

Football Andrea Binotto, le coach qui continue à travailler

Le coach du Stade-Lausanne-Ouchy, enseignant en mathématiques à temps partiel, ne chôme pas à l’heure où ses confrères sont à l’arrêt.

Andrea Binotto estime que son club sera moins touché économiquement que les autres par la crise sanitaire.

Andrea Binotto estime que son club sera moins touché économiquement que les autres par la crise sanitaire. Image: Keystone

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Personne n’en doutait, Andrea Binotto n’est pas un coach comme les autres. A l’heure où la plupart de ses confrères doivent redoubler d’ingéniosité pour occuper leurs journées, l’entraîneur à succès du Stade-Lausanne-Ouchy a du travail plein les bras. Enseignant en mathématiques au Gymnase de la Cité à Lausanne, il s’échine à proposer un suivi scolaire à ses élèves.

Des cours par WhatsApp

«Dans l’enseignement secondaire, personne n’était préparé pour une situation aussi exceptionnelle, confie celui qui est professeur à temps partiel. Alors chacun se débrouille pour trouver le mode de fonctionnement qui est le mieux adapté à sa matière et à ses élèves. Certains profs organisent des visioconférences, mais quand il en a plusieurs par jours, ça peut vite devenir compliqué pour les élèves. Moi, j’ai préféré opter pour un travail par écrit: j’ai créé un groupe WhatsApp avec mes élèves où j’envoie mes cours régulièrement. Et quand il y a un passage compliqué, je laisse un mémo vocal pour l’expliquer plus en détails.»

Avant de s’inquiéter: «Si cette crise sanitaire chamboule le monde du sport, le milieu scolaire aussi navigue à vue. Ceux qui devaient passer leurs examens de maturité cette année ne savent pas encore si et quand ils pourront le faire. Ça risque de bouleverser tout le calendrier scolaire.»

Le SLO moins touché que les autres clubs

Evidemment, ce qui manque le plus à Andrea Binotto, c’est le pré carré de ses premières amours. Alors que le SLO réalisait une saison exemplaire pour son baptême du feu en Challenge League (7e, avec 11 points d’avance sur le relégable Chiasso), le voilà bon pour ronger son frein. «C’est dommage, on était vraiment sur une bonne dynamique, soutient le coach. Mais dans le contexte actuel, on s’en sort plutôt pas mal comparé aux autres clubs.»

Vrai. Peu d’entrées financières lors des rencontres, une faible masse salariale, une location du Stade de Colovray qui coûtait lors de chaque sortie «à domicile»: autant de facteurs qui font que le club du sud de Lausanne est économiquement moins impacté que les autres par la suspension du championnat. «Parmi les clubs de la SFL, le SLO risque bien d’être le moins touché», estime Binotto. Ou quand ne pas vivre au-dessus de ses moyens a parfois du bon.

Et de s’interroger: «Je me demande si, au club, on n’a pas tous déjà eu ce virus.» Loin d’être parano, le coach du SLO illustre son propos. «Imaginez un peu mon cas personnel, développe-t-il. Au quotidien, je côtoyais un petit millier d’élèves à l’école potentiellement porteurs du virus même sans le savoir. Et ensuite je filais pour l’entraînement à la Tuilière. Là, les équipes de juniors que l’on croisait sont toutes très bien éduquées. Chaque gamin venait me serrer la main. Avant même d’arriver sur le terrain d’entraînement, j’avais déjà serré une bonne centaine de pinces. Sans compter la cohabitation dans les vestiaires. Pour un virus, c’est le terrain de jeu idéal!»

Aucun scénario idéal

A ses joueurs, le coach n’a pas donné de devoirs à domicile. Il préfère les laisser souffler pour l’instant avant de leur faire parvenir des consignes à partir de début avril seulement. «De toute façon, dans le meilleur des cas, on ne va pas reprendre le championnat avant fin avril-début mai, explique-t-il. On va commencer par un programme individuel qui, on l’espère, pourra ensuite devenir un programme collectif.»

Reste que l’incertitude demeure, à tous les étages de la fusée football suisse. «La SFL va sans doute faire plusieurs hypothèses de calendrier, mais il y aura une deadline, soit une date au-delà de laquelle on ne pourra plus reprendre la saison en cours, explique Andrea Binotto. A mon avis, si on ne peut pas rejouer avant la mi-mai, alors cette saison sera morte.» Une décision qui dépend d'abord des autorités sanitaires, suivant l'évolution de de l'épidémie.

Et d’esquisser les trois scénarios possibles si le championnat ne pouvait pas aller à son terme: «La première possibilité, c’est de voir les clubs voter un changement de formule en passant à douze en Super League. Comme ça, tu fais que des heureux, deux équipes promues de Challenge League en SL, et deux de Promotion League en CL, avec aucun relégué. Ça arrangerait tout le monde, mais je crois savoir que certains clubs ne sont pas de cet avis. La deuxième, c’est de maintenir la formule actuelle et d'annuler la saison. Dans ce cas, je vous laisse imaginer la catastrophe pour un club comme le Lausanne-Sport. La troisième, c’est d'arrêter la saison en validant le classement actuel comme définitif. Mais ça non plus, ça risque de ne pas plaire à tout le monde. Au final, ce sont les clubs qui décideront en votations.»

De tous les cas de figure, le coach du SLO préférerait celui où l’on pourrait mener cette saison à son terme. «Déjà parce que ça voudrait dire qu’on a réussi à contenir l’épidémie, et ensuite parce que je préfère toujours quand c’est le terrain qui décide.» Un vœu pieux, pour l’instant.

Florian Müller

Créé: 25.03.2020, 10h16

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