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Football L'Argentine est prenable

Malgré Messi et son armada offensive, la sélection albiceleste se cherche des certitudes. Une occasion en or pour la Suisse?

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Bien sûr il y a l’extraterrestre Lionel Messi. L’homme qui sait transformer une expression collective inaboutie en chef-d’œuvre. Certes il devrait être épaulé ce soir par son grand copain Kun Agüero, parfois presque aussi impressionnant que lui. Mais malgré cet insaisissable duo de «fuori classe», l’Argentine qui se présentera ce soir au Stade de Suisse n’apparaît pas forcément aussi sereine que ses illustres devancières.

Sept mois après le crève-cœur d’une Copa America cauchemardesque, la reconstruction tarde à porter ses fruits. Défaite au Venezuela puis tenue en échec par la Bolivie, la troupe d’Alejandro Sabella s’est bien rassurée en allant gagner en Colombie mi-novembre (2-0). Assez pour se replacer dans la course au Mondial brésilien. Insuffisant toutefois pour lever les doutes qui planent sur cette équipe.

1 Un nouveau système

Loin des variations de Maradona ou du 4-3-3 de Sergio Batista, Alejandro Sabella s’appuie sur un 4-4-2 classique et n’en déroge pas. Si cette variante à deux attaquants lui permet d’utiliser Messi dans sa position barcelonaise sans sacrifier Higuain et Agüero, elle impose un énorme travail aux deux milieux de terrain axiaux. «Le changement est important et Sabella n’a pas assez de temps à disposition pour peaufiner les automatismes, confirme Pablo Cavallero du quotidien sportif Olé. Du coup, il appelle régulièrement des joueurs d’Estudiantes pour tenter de faire passer son message plus rapidement.»

Avec le club de La Plata, le sélectionneur argentin a conquis deux titres nationaux et, surtout, une Copa Libertadores (2009). Or celui qu’on surnomme «le Lent» faisait alors évoluer son équipe dans un 3-5-2 audacieux et très physique, au cœur duquel rayonnait Juan Sebastian Veron. «C’est son système préféré, confirme Pablo Cavallero. Mais jouer à trois défenseurs en sélection reste très risqué lorsqu’on a 36 heures pour préparer l’équipe.»

2 Une défense en chantier

Alejandro Sabella n’a pas fait de mystère hier soir, il n’a «pas encore identifié son quatuor défensif de base». Privé de Burdisso et de Demichelis souvent alignés cet automne, il a donc décidé d’utiliser ce match amical en Suisse comme un laboratoire défensif. Pour preuve, une seule double certitude habitait hier soir le clan argentin. Pablo Zabaleta, le latéral de Manchester City, et le défenseur central de Benfica Ezequiel Garay débuteront. Mais où et avec qui?

La logique voudrait que le droitier Zabaleta évolue à droite comme en club ce qui offrirait une chance au «Niçois» Monzon sur la gauche. Mais comme Sabella semble vouloir relancer Federico Fernandez dans l’axe à côté de Garay, il pourrait bien déplacer Zabaleta sur la gauche dans la zone de Shaqiri. «Nous avons de grosses incertitudes derrière, insiste Pablo Cavallero. Car les anciens sont vieillissants alors que la nouvelle génération manque cruellement d’expérience internationale. Et plus inquiétant, Sabella n’a toujours pas trouvé un patron autour duquel bâtir sa défense.» Mascherano pourrait être celui-là, mais il est pressenti au milieu.

3 Plus de meneur de jeu

De Maradona à Riquelme, en passant par Ortega, l’Argentine a donné au football parmi les plus beaux numéros dix de l’histoire. Or un constat s’impose à la lecture du cadre de Sabella: il y a éclipse de meneur de jeu. Mascherano, Gago et Braña sont des footballeurs complets, mais ils ne possèdent pas cette faculté rare à décider du tempo d’un match, à l’endormir avant de le réveiller par une passe géniale. «Javier Pastore pourrait tenir ce rôle, suggère Cavallero. Mais dans le système de Sabella, la créativité doit venir de Messi ou des couloirs avec Sosa, Maxi ou Di Maria (ndrl: blessé et absent). Du coup, le cœur du terrain est plutôt une zone de combat physique.»

Une réalité qui obligera certainement Lionel Messi à venir chercher des ballons assez bas pour ensuite s’appuyer sur ses ailiers ou son compère de l’attaque. Le genre d’alternative qui peut d’un trait de génie faire voler en éclats tous les rapports de force.

Créé: 29.02.2012, 08h44

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