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Football Bakou, l’un des pires fiascos de l’équipe de Suisse

En juin prochain, l’équipe nationale devra effacer le flop historique de 1996 et sa défaite humiliante contre l’Azerbaïdjan (1-0). Rolf Fringer, qui en était alors le sélectionneur, n'a rien oublié.

En août 1996, la Suisse de Rolf Fringer (à gauche) et du capitaine Ciriaco Sforza (à droite) s'est piteusement inclinée 1-0 à Bakou. Image: Keystone

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Avant le tirage au sort de l’Euro 2020, Vladimir Petkovic avait manifesté une préférence, un petit faible pour l’Italie, qu’il rêvait d’affronter, pour des questions sentimentales également, lui rappelant son passage sur le banc de la Lazio lors de la saison 2012-2013. Le vœu du sélectionneur helvétique a été exaucé: le 17 juin prochain, la Suisse retrouvera à Rome la Squadra Azzurra, qu’elle n’a plus affronté en phase finale d’un grand tournoi depuis… 58 ans (défaite 3-0 à Santiago du Chili, lors de la Coupe du monde 1962).

Revers géographique du groupe A, l’équipe nationale entamera son périple européen à Bakou, au bord de la Mer Caspienne, où deux matches l’attendent: le 13 juin en ouverture de groupe contre le Pays de Galles et le 21 juin contre la Turquie. Outre ses trois opposants, la Nati devra donc aussi gérer l’importante question de la logistique, pas loin de représenter un adversaire supplémentaire si l’on sait que Bakou est distant de 3150 km de Rome, l’autre point de chute de la poule A.

Il s'agira aussi de digérer le décalage horaire (+3 heures). On comprend peut-être mieux pourquoi Pierluigi Tami, le nouveau manager de la Nati, aurait préféré pour sa part atterrir dans le groupe D, celui de l'Angleterre, avec des rencontres prévues à Londres et à Glasgow, deux villes distantes de moins de 650 km.

La seule évocation de Bakou rappelle aussi l’une pages les plus sombres de l’équipe nationale qui, voici plus de 20 ans, s’était couverte de ridicule en s’inclinant 1-0 face à l’Azerbaïdjan, en ouverture de la campagne pour le Mondial 98 en France. Un match de la honte qui, le 31 août 1996, coïncidait à l’époque avec l’intronisation de Rolf Fringer sur son banc (il avait succédé au Portugais Artur Jorge).

Dans un match qui avait tourné au fiasco, Murat Yakin se permettant même de manquer un penalty qui aurait permis aux visiteurs de sauver les apparences, le luxe qui avait entouré le déplacement avait provoqué l’ire de la nation. Afin d’atténuer les fatigues du voyage et une escale, les dirigeants de la Fédération n’avaient pas hésité à affréter un palace volant. Cela n’avait nullement empêché les «stars» helvétiques de pitoyablement manquer leur entrée en scène…

A l'entraînement sur un... demi-terrain

Au stade Tofik Bakhramov (du nom de l’arbitre de touche ayant validé le but controversé de l’Anglais Geoffrey Hurst en finale du Mondial 1966 contre l’Allemagne de l’Ouest), la Suisse s’était présentée dans la formation suivante: Pascolo; Hottiger, Vega, Henchoz, Quentin ; Ohrel (75e Sesa), Sforza, M. Yakin, Comisetti (81e Bonvin) ; Knup (67e Chapuisat), Türkyilmaz.

«Cela m’a poursuivi durant toute ma carrière, convient Rolf Fringer. Je resterai à jamais comme le sélectionneur qui a perdu à Bakou. Ca fait partie de ma vie. A l’époque, le contexte était très particulier. Je débarquais de Stuttgart , je ne connaissais pas vraiment l’équipe. Après l’Euro 1996, beaucoup de choses ne fonctionnaient pas mais je n’en avais pas conscience. Les problèmes qui ont surgi entre plusieurs joueurs ont explosé après la rencontre, mais la défaite était déjà consommée.»

La veille du coup d'envoi, le visiteur helvétique avait pu s’entraîner et prendre ses marques sur… un demi-terrain. «L’autre partie était occupée par les joueurs azeri, qui s’entraînaient en même temps que nous! C'est quelque chose que je n'avais encore jamais vu à ce niveau...»

On l’a dit, le voyage, effectué à bord d’un luxueux avion, avait passablement fait causer. «C’était l’avion d’un riche cheikh, reprend l’ancien coach national. Avant le match, il y avait eu une campagne de presse pour dire que la Suisse n’avait même pas besoin d’un entraîneur pour aller gagner en Azerbaïdjan. La vérité, c’est que l’on ne méritait pas de s’imposer là-bas (…) Aujourd’hui encore, on me parle plus de Bakou que du titre de champion gagné avec le FC Aarau. J’en ai pris mon parti.»

Dans un nouveau stade de 70'000 places

Presque vingt-quatre ans plus tard, la Suisse s’apprête donc à retourner sur les lieux d’une humiliation. Changement non négligeable, les protégés de Petkovic évolueront cette fois au stade olympique, une nouvelle enceinte de 70'000 places construite pour les Jeux européens de 2015 et qui a déjà accueilli au printemps dernier la finale de la Ligue Europa entre Chelsea et Arsenal (4-1).

L'été prochain, la Suisse ne se contentera peut-être pas d'effectuer des allers-retour lointains jusqu'à Bakou. Elle pourrait aussi choisir d'y établir son camp de base.

N.JR

Créé: 02.12.2019, 19h54

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