Lundi 16 septembre 2019 | Dernière mise à jour 05:28

Football Bernard Challandes: «Cette équipe a de l'avenir»

Le sélectionneur neuchâtelois est toujours invaincu à la tête du Kosovo. Il s'exprime au lendemain de la victoire en Bulgarie.

Bernard Challandes est toujours invaincu en treize matches à la tête du Kosovo.

Bernard Challandes est toujours invaincu en treize matches à la tête du Kosovo. Image: Reuters

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Bernard Challandes n'en finit pas de surfer sur la voie du succès avec le Kosovo. L'entraîneur suisse de 67 ans est en effet invaincu depuis 13 matches à la tête de sa sélection, qui n'en finit pas d'aligner les exploits. Dernier en date: la victoire 3-2 contre la Bulgarie, lundi soir à Sofia. Du coup, certains supporters kosovars n'hésitent pas à demander qu'on lui dresse (déjà) une statue à Pristina. «LeMatin.ch» a joint le Neuchâtelois dans la capitale kosovare, au lendemain du match de Sofia.

Bernard Challandes, avez-vous déjà votre statue à l'entrée du City Stadium «Fadil Vokrri» de Pristina?

(Il rigole) Non, pas encore! (Puis se reprend) Vous savez, dans ces régions, les statues ont vite tendance à vaciller... Mais bon, il y a de l'euphorie autour de cette nouvelle équipe nationale, il faut en profiter!

Lundi à Sofia, votre victoire a été totalement méritée, même s'il a fallu attendre la 92e minute pour voir votre équipe marquer le but de la victoire. A quoi cela tient-il?

Au fait que j'ai une équipe très offensive, qui cherche toujours à gagner. Elle prend tous les risques, parfois trop, mais elle est comme ça. À Sofia, par exemple, nous avons joué de manière très offensive durant les vingt à trente dernières minutes du match. Heureusement que le troisième but a fini par venir. Sans quoi, nous aurions été une nouvelle fois frustrés...

Une nouvelle fois?

Oui. Tant lors de notre premier match à domicile, contre la Bulgarie, que vendredi au Montenegro, nous aurions mérité la victoire, mais nous avons dû nous contenter du match nul (deux fois 1-1). Dans le fond, avec un peu plus de réussite, on pourrait être en tête de notre groupe avec 9 points! (Il rigole) Mais on ne va pas faire la fine bouche, ce d'autant plus que nos deux prochains adversaires seront la République tchèque (le 7 septembre à Pristina) et l'Angleterre (le 10 septembre à Southampton). Ce sera sympa de les affronter dans cette situation, même si ces deux équipes sont d'une autre planète.

Quel est le secret de cette équipe du Kosovo?

Il y a un vrai groupe qui est en train de se créer et qui vit très bien ensemble. L'équipe a des qualités offensives, alors elle attaque. Parfois un peu n'importe comment, mais elle attaque. C'est le tempérament de mes joueurs, il faut simplement accepter de leur lâcher la bride et utiliser ces qualités comme une arme. En fait, cette équipe n'a rien à perdre. C'est une phrase toute faite, souvent utilisée comme une banalité, mais elle prend vraiment toute sa signification dans le cas du Kosovo.

Et puis, elle entraîne tout le pays dans son sillage...

C'est ça qui est formidable. Lundi à Sofia, le premier ministre kosovar est venu nous voir à l'hôtel, puis dans les vestiaires avant et après le match. Il y a eu des feux d'artifice à Pristina après notre succès. Bref, il y a un engouement fou de tout ce nouveau pays pour sa nouvelle équipe nationale. Et celle-ci s'engage à fond. Un exemple? Au Monténégro, l'équipe a couru au total 118 kilomètres, ce qui est énorme. Cela ne fait pas tout, mais cela montre en tout cas que les garçons s'engagent à fond. Et puis, par ses résultats, cette sélection adresse un message à tous les doubles nationaux qui n'ont pas encore choisi pour quel pays ils allaient jouer. Il y a énormément de jeunes Kosovars en Allemagne, aux portes de la Bundesliga. Dans leur tête, la Mannschaft représente l'aboutissement ultime. Mais ils ne peuvent plus ignorer ce qui est en train de se passer dans leur pays d'origine et ça peut leur donner des idées...

Où s'arrêtera ce Kosovo?

Pour l'instant, on n'est que 127e au classement FIFA, donc nous avons davantage de rêves que d'objectifs. Mais cette équipe va continuer de progresser, j'en suis certain. Elle a les moyens de s'installer au milieu du classement européen. Lundi à Sofia, la moyenne d'âge au coup d'envoi était de 23 ans: c'est dire que ce groupe a de l'avenir. On devrait logiquement bientôt quitter le dernier chapeau, parce que nous avons fait le trou avec des équipes comme le Liechtenstein, Saint-Marin ou Gibraltar. Le but, c'est que le Kosovo soit un adversaire contre lequel il ne fait pas bon jouer. Et cela, il a tout à fait les moyens de le devenir... s'il ne l'est pas déjà!

Créé: 11.06.2019, 17h00

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