Mercredi 19 juin 2019 | Dernière mise à jour 09:50

Football Commentaire: La Ligue des Nations est une réussite

Un «final four» de bon niveau, des stars qui jouent le jeu et des «petits pays» contents: l’UEFA a réussi son pari, malgré le scepticisme initial.

Preuve du succès de la Ligue des Nations, le stade D. Afonso Henriques de Guimaraes a fait le plein pour le match Pays-Bas - Angleterre.

Preuve du succès de la Ligue des Nations, le stade D. Afonso Henriques de Guimaraes a fait le plein pour le match Pays-Bas - Angleterre. Image: AFP

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C’est vrai, le format de la Ligue des Nations est un peu compliqué de prime abord, sur le papier. Ces montées, ces descentes, ce «final four» intercalé entre des journées de qualification et ces équipes qualifiées avant les éliminatoires pour des play-off qui auront lieu après, tout cela n’est pas très lisible du premier coup. L’un des meilleurs joueurs de l’équipe de Suisse croyait ainsi, une semaine pile avant d’affronter le Portugal, que gagner ce «final four» permettait d’obtenir un ticket automatique pour l’Euro 2020… Bref, l’UEFA, malgré toute la communication effectuée en amont, a eu du mal à expliquer les détails de sa nouvelle compétition. Vladimir Petkovic l’a dit, lui aussi: au début, son équipe avançait un peu dans le flou.

Et puis, tout s’est mis en place, petit à petit, et toute l’Europe a fini par s’apercevoir que cette compétition n’offrait que des avantages, aux «petits» comme aux «grands», aux joueurs comme aux spectateurs, sans oublier bien sûr les tout-puissants téléspectateurs.

Allons-y dans le désordre: les nations les plus puissantes du football se retrouvent désormais entre elles pour des matches à enjeu, plutôt que de devoir organiser des amicaux affreux à jouer, dans des stades difficiles à remplir. Espagne - Angleterre, Allemagne - France, Croatie - Espagne, France - Pays-Bas, Portugal - Italie: la Ligue des Nations a permis ces affiches, forcément alléchantes pour les gros. Même la Suisse a rempli deux fois son stade (l’Islande à Saint-Gall et la Belgique à Lucerne), ce qui n’aurait sans doute pas été le cas pour des amicaux. Les spectateurs apprécient le spectacle, les téléspectateurs aussi. La demi-finale face à la Suisse a ainsi été le programme ayant amené le plus de gens devant leur écran cette année au Portugal! 2,4 millions de Portugais ont regardé le match en moyenne ce mercredi.

Les stars, si enclines à courber les amicaux, ont joué le jeu de cette Ligue des Nations, même si Cristiano Ronaldo a été ménagé lors de la phase de poules, comme cela a pu lui arriver pour des matches qualificatifs par le passé, d’ailleurs. «CR7» a toutefois prouvé contre la Suisse que cette compétition revêtait une certaine importance pour lui… Sinon, tous sont venus, y compris les récents finalistes de la Champions League et y compris ceux dont le championnat est terminé depuis deux semaines.

Enfin, et ce n’est pas négligeable du tout, les «petites nations» sont enchantées par cette nouvelle compétition. Déjà parce qu’elle leur offre la perspective réelle et concrète de participer à l’Euro via leur propre «final four», et aussi parce qu’elle remplit les stades pour des matches avec enjeu. La Géorgie a joué devant 50'000 personnes, le Kosovo a fait le plein à chaque fois, sans parler des autres. Là aussi, les spectateurs sont heureux de pouvoir pousser leur équipe à la victoire dans des matches ayant un réel enjeu.

Il n’y a qu’un risque, en fait, mais il est majeur: que cette Ligue des Nations mène à une Europe à plusieurs vitesses, où Andorre et le Kazakhstan n’auraient plus du tout le droit d’affronter l’Espagne et l’Allemagne. Pour l’instant, tout le monde se retrouve lors des qualifications pour l’Euro et la Coupe du monde, et la formule est équilibrée. La Ligue des Nations laisse chacun dans son monde, avec des promotions et des relégations basées uniquement sur des critères sportifs, tandis que les qualifications font se côtoyer grands et petits. Tous y trouvent leur compte, mais il ne faut plus toucher à cet équilibre. Une scission des deux mondes serait contre-productive, mais irait dans le sens de ce que l'UEFA fait avec sa Champions League: la rendre à chaque réforme toujours un peu plus élitiste. (nxp)

Créé: 07.06.2019, 16h02

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