Lundi 1 juin 2020 | Dernière mise à jour 01:47

Football Commentaire - En route vers un autre football

La pandémie du coronavirus va nous faire vivre une nouvelle sorte de jeu de ballon. Ça reste du football, c’est vrai, mais autrement…

«Allô Gelson? T'as oublié ton masque!»

«Allô Gelson? T'as oublié ton masque!» Image: Keystone

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Il suffit de jeter un regard sur l’infographie réalisée jeudi par l’Agence France Presse pour se rendre compte de la complexité de relancer un championnat comme la Bundesliga, après plus de deux mois de pause due au Covid-19. Les petits dessins font peur, l’alignement de recommandations complique forcément le jeu et tout ça ne ressemble pas au sport que nous connaissons.

Mais voilà, on dit souvent que «le football est le reflet de la société» et il ne fait pas exception cette fois non plus. Nous, simples citoyens, devons adapter notre façon d’exister tous les jours aux gestes barrières, à la distanciation sociale, physique et compagnie… Toutes ces formules qu’on nous rabâche dans les médias et lors des Skypéros depuis des semaines. Forcément, il en va de même pour le jeu de ballon, même si les footballeurs sont certainement parmi les professions les plus contrôlées contre le nouveau coronavirus de toute l’Allemagne.

On le sait depuis des lustres, les stades seront vides pour de longues semaines, voire de très longs mois. Ceux qui regardent la Ligue 1, les virages de la Pontaise, les matches à la Praille filmés en direction d’une tribune fermée en ont l’habitude. Pour la Bundesliga, un des championnats qui ont le mieux mis en œuvre le concept d’«expérience spectateurs», où les enceintes sont devenues des «lieux de vie» depuis longtemps – le rêve de tout employé au marketing –, le choc va être sévère. Surtout avec, pour commencer, un «Revierderby» de derrière les fagots qui fait forcément toujours le plein (on parle de plus de 80'000 personnes à 300...) et, aussi, parce que les contraintes pour les joueurs, les arbitres et tout l’entourage seront lourdes. Voire bizarres.

David Wagner, coach masqué de Schalke 04

Ainsi, organiser un match de football requiert désormais une organisation proche de ce qui semblait se faire dans le célèbre laboratoire P4 de Wuhan, qui a nourri tant de théories du complot. Le port du masque obligatoire sur le banc, des entraîneurs masqués eux aussi, des ballons désinfectés en pleine rencontre, un mètre et 50 centimètres entre les joueurs dans le vestiaire, un plexiglas pour les interviews de fin de rencontre (on tend le micro par où?), plusieurs bus différents par équipes pour arriver au stade...

Et comme tous les acteurs ont subi une «septaine» cette semaine, histoire d’être sûr de ne croiser personne avant la rencontre, il peut vite se passer des choses improbables, comme à ce bon Heiki Herrlich. L’entraîneur d’Augsbourg est sorti acheter du dentifrice et de la crème pour la peau et va donc devoir recommencer tout l’exercice solitaire depuis le début! Il en est aussi quitte pour diriger son équipe, lors de la réception samedi de Wolfsburg, depuis son canapé. Oui, c'est ballot.

Arbitre? Changements! Avec plein de «s»

Sinon, pour le jeu proprement dit, ce ne sera pas forcément l’interdiction des crachats, des petits tas autour de l’arbitre ou des célébrations excessives qui seront le plus désagréables pour le téléspectateur. Ce qui changera fondamentalement le jeu en lui-même et avantagera forcément les «gros» à l’effectif profond, ce sont les cinq changements (mais en trois fois!) désormais autorisés par la FIFA et le Board. Ce n’est rien de moins que la moitié des joueurs de champ qui pourront être remplacés, c’est énorme.

Imaginez. Dimanche, le Bayern Munich est mal pris An der alten Forsterei face à l’Union Berlin. Hans-Dieter Flick, le coach bavarois, se retourne et décide de faire entrer simultanément les habituels remplaçants que sont Alvaro Odriozola (4 sélections avec l’Espagne), Leon Goretzka (25 apparitions avec l’Allemagne), Javi Martinez (champion du monde il y a 10 ans), Ivan Perisic (finaliste du dernier Mondial) et Thomas Müller (au hasard). Je suis, par contre, bien mal pris pour vous citer un remplaçant de l’Union Berlin et oui, du coup, ce n’est plus le même match.

Et presque plus le même sport.

Robin Carrel

Créé: 15.05.2020, 20h45

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