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FOOTBALL Del Bosque: «Personne ne nous donne de leçons»

«Le Matin» s'est déplacé à Madrid pour rencontrer le sélectionneur espagnol, qui s'est confié en exclusivité avant le match contre le Chili, mardi prochain à Genève.

Un parcours sans failles

1950
Naissance à Salamanque. Dès son plus jeune âge, il se forme au poste de milieu défensif.

1968
Débute chez les juniors du Real Madrid, un club qu’il ne quittera jamais vraiment.

1974
Remporte son premier titre avec le Real, il en gagnera encore
8 autres en tant que joueur.

1999
Devient l’entraîneur des Galactiques. Il décrochera 7 titres avec eux, dont deux Ligues des champions (2000, 2002).

2010
A la tête de l’équipe d’Espagne, il remporte la Coupe du monde en Afrique du Sud.

2012
Anobli par le roi, il est sacré champion d’Europe avec la Roja en Ukraine, quatre ans après un premier titre continental.

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L'œil est d’un calme limpide. Tantôt espiègle, tantôt rude, mais toujours empreint de la même sérénité déconcertante. Vicente Del Bosque est un sélectionneur impassible, celui d’une Espagne qui règne sans partage sur le football mondial depuis cinq ans maintenant. A la fois conservateur et ambitieux, c’est en habile politicien qu’il esquive la polémique pour mieux rassembler.

Vicente Del Bosque, croyez-vous en Dieu?

Oui, mais je préférerais qu’on parle de football plutôt que de religion.

On y vient. Remerciez-vous chaque jour l’Eternel de vous avoir offert cette génération dorée?

La réussite actuelle du football espagnol n’a rien du miracle. Il ne suffit pas de croire en Dieu pour que le ballon tourne sur la pelouse. Le football, c’est pragmatique. Il faut travailler à la base. La clé, c’est la formation. Et de ce côté nous n’avons rien à envier au reste de l’Europe.

Comment faites-vous pour maintenir intacte la motivation de ces joueurs qui ont tout gagné?

C’est intrinsèque à mes joueurs. Ils ont l’ADN des champions. Et un champion aura toujours envie de se surpasser, d’aller plus loin. C’est à la fois fondamental et naturel à entretenir.

Le style de jeu de l’Espagne, c’est une marque de fabrique. Là aussi, est-ce naturel? Ou faut-il l’entretenir?

Nous n’avons pas inventé ce style de jeu. Mais nous avons réussi à le rendre victorieux. Avant tout, il faut avoir les joueurs capables de le pratiquer.

C’est quand même particulier qu’un pays soit identifié à un style de jeu propre. Ce n’est pas le cas ailleurs…

Oui, mais je répète, cette marque de fabrique vient de cette génération de joueurs. C’est le fruit d’un travail de formation, avec une synergie entre les clubs et la fédération. Et c’est une direction dans laquelle nous voulons poursuivre.

Vous êtes le premier entraîneur à être parvenu à gagner sans avant-centre. Une révolution?

Non, ce n’est pas une révolution. Il faut simplement s’adapter aux joueurs pour mettre en place la meilleure formule sur le terrain. D’ailleurs, je crois en la force et l’utilité du poste d’avant-centre. Dans le football, rien n’est gravé dans le marbre, il faut toujours savoir se remettre en question et s’adapter.

Vous rappelez-vous d’un certain 16 juin 2010, et d’une certaine défaite face à la Suisse (0-1) en ouverture de la Coupe du monde en Afrique du Sud?

Bien sûr. Sur le moment c’était très difficile à vivre. Nous ne pensions pas que cela pouvait nous arriver. Mais avec le recul, c’était sans doute bien de passer par là. Heureusement, il suffit de gagner six matches pour devenir champion du monde! (Rires)

La Suisse vous a donc donné une bonne leçon ce jour-là…

Non, personne ne nous donne de leçons. (Agacé) Nos joueurs sont expérimentés. Ils n’ont pas perdu les pédales, ils ont persévéré dans leur football. Et finalement, ça leur a donné raison.

La Suisse vient de battre le Brésil, elle possède la meilleure défense du monde (voir «Le Matin» du 29 août), peut-elle gagner la Coupe du monde?

(Evasif) Etre solide en défense, c’est la base. Mais ça ne suffit pas toujours…

Vous êtes le dernier entraîneur du Real Madrid à avoir gagné la Ligue des champions (en 2002). Pourquoi le Real n’y arrive-t-il plus?

C’est que c’est loin d’être facile. Il y a en Europe un groupe de prétendants au titre extrêmement dense. Forcément, c’est très serré entre eux. Mais pour moi, le Barça et le Real restent les deux meilleurs clubs du monde.

José Mourinho a quitté Madrid pour Chelsea. Peut-on considérer son passage à la Maison Blanche comme un échec?

Je ne veux pas juger son travail, ni parler du passé. Ce qui est derrière est derrière, ça ne sert à rien d’en parler.

Les sommes articulées autour du transfert de Gareth Bale au Real (plus de 100 millions de francs) vous choquent-elles?

Je ne comprends pas grand-chose aux lois du marché. (Naïf) Je peux seulement vous dire si un joueur est bon ou pas.

Il y a tout de même quelque chose de malsain à cette dérive financière, non?

Je ne pense pas non. Les sommes augmentent, mais au final rien ne change. On continuera toujours à jouer au football…

Mon père a le même âge que vous (63 ans) et il est à la retraite. Qu’en est-il de vous?

J’y pense, c’est possible. Mais je ne suis pas pressé. L’important, ce sont les défis qui se profilent devant la sélection, pas l’homme qui est derrière elle.

Vous avez sûrement déjà pensé à un successeur…

Je ne crois pas qu’on me demandera mon avis. Il y a beaucoup d’excellents coaches en Espagne. Ils s’exportent de mieux en mieux à l’étranger et c’est un très bon signe. Le moment venu, il y aura l’embarras du choix.

Créé: 03.09.2013, 14h41


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