Dimanche 8 décembre 2019 | Dernière mise à jour 12:00

Football «Des faits extrêmement graves»

Président de l'Association genevoise de football, Pascal Chobaz réagit aux graves événements qui se sont produits dimanche lors du match entre Versoix 2 et Kosova GE 2.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

- Avez-vous conscience que ces images ont choqué bien au-delà de nos frontières?

- Bien sûr, même si je n'étais pas sur place. Deux de mes collègues ont assisté à la rencontre, notamment pour remettre la coupe. Je les ai eus au téléphone mais nous n'avons pas encore pu débriefer. On ne va pas précipiter de décision quant aux sanctions. Il faut que les clubs puissent s'expliquer.

- Qui est menacé à cette heure?

- Principalement les joueurs impliqués dans les échauffourées, mais les clubs aussi. Les règlements permettent un éventail assez large de sanctions. Il s'agit de trouver celles qui seront proportionnées.

- Ces clubs vous avaient-ils déjà posé problème par le passé?

- Non, Versoix et Kosova sont des clubs structurés avec des dirigeants, de mon point de vue, responsables à leur tête. On ne peut pas dire qu'il n'y a pas de cadre. Il existe dans les deux clubs. On n'a pas eu de précédent avec eux. C'est aussi un signal d'alarme pour les autres clubs. Il faut être conscient que n'importe quel dirigeant peut y être confronté. Il faut donc tenter d'encadrer au mieux, sans que cela garantisse qu'on sera à l'abri de tout problème, comme celui de dimanche. Ce qui m'interpelle, c'est que ce n'est pas un cas individuel.

- Les images laissent en plus entrevoir un lynchage sur un joueur de Versoix...

- Je sais que ça a été un choc pour les dirigeants, qui étaient plutôt prêts à célébrer la convivialité vu l'importance toute relative de ce match, qui servait juste à désigner le champion de 4e ligue genevoise... C'est quand même l'avant-dernière ligue du football suisse. Donc on est assez éloigné de la Ligue des champions.

- Justement, la violence de toute une équipe ne doit-elle pas être punie plus sévèrement?

- Il faudra en prendre compte. On voit bien l'effet collectif qui donne une puissance surmultipliée par rapport à une action individuelle. Et ça, c'est grave, ça m'interpelle. Tout à coup, on assiste à l'effet de meute, parce que quelques-uns donne des coups, et bien on y va aussi. C'est encore plus terrible si la personne est à terre et incapable de se défendre.

- De l'extérieur, on a l'impression que votre décision pourra servir d'exemple...

- Oui. Mais quand vous faites un exemple, il ne faut pas vous tromper. On ne peut pas ne pas faire dans la sévérité, en tout cas s'agissant des comportements individuels. On a toujours été strict, on l'est et on le restera. Pour le cas collectif du club, la question sera de savoir quelle responsabilité on leur fera porter.

- Espérez-vous que les clubs prennent des sanctions à l'interne?

-Puisque ce sont des clubs dans lesquels il y a un certain cadre, j'attends de leur part une réaction. Quand vous fixez un cadre et qu'il n'est pas respecté, sans aucune contestation possible, pour un prétexte stupide comme la perte du titre de champion de 4e ligue, j'imagine que les clubs condamneront sans hésiter ce genre de comportement.

- Constatez-vous une évolution négative générale en matière de violence?

- On est de plus en plus confronté à des problèmes de comportement collectif. Sanctionner quelqu'un qui commet une agression sur un terrain, ça a toujours été fait. Mais quand c'est une équipe ou plusieurs joueurs d'une équipe. C'est pourquoi notre objectif est de travailler avec les clubs, quitte à se séparer de joueurs qui n'ont rien à faire sur un terrain de foot.

- Dans combien de temps rendrez-vous votre décision ?

- On devrait être fixé d'ici huit jours. On ne va pas précipiter les choses, mais il faudra les faire avancer assez vite quand même. On a une saison à préparer et c'est un délai qui me paraît correct pour prendre une décision.

Créé: 11.06.2018, 21h31

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.