Lundi 23 septembre 2019 | Dernière mise à jour 22:28

Football Equipe de Suisse: on a aimé, on a moins aimé

Quel bilan tirer de cette semaine au Portugal et de cette quatrième place du «final four»? Quels sont les points forts de ce séjour? Et les points décevants?

Kevin Mbabu a ébloui durant ce week-end portugais.

Kevin Mbabu a ébloui durant ce week-end portugais. Image: Keystone

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Une défaite 3-1 face au Portugal après une prestation plutôt convaincante, un revers aux tirs au but contre l’Angleterre au terme d’un match décevant: voilà le bilan résumé des deux rencontres livrées par la Suisse au Portugal. Mais il y a bien plus que cela à retenir de ces sept jours.


On a aimé

L’état d’esprit de Kevin Mbabu

Le latéral droit genevois a été le grand gagnant de ce séjour au Portugal. Par la qualité de ses deux matches (surtout la demi-finale face au Portugal), mais aussi parce qu’il se mue de plus en plus en leader par l’exemple au sein de cette équipe de Suisse. Son état d’esprit conquérant et sa grinta contrastent avec la placidité qu’il montre au quotidien. Avec lui, aucun stress en dehors du terrain. Il apporte de la sérénité et du recul. Par contre, sur le rectangle vert, quel avion de chasse! Il démonte tout, il va de l’avant, il entraîne les autres dans son sillage. Même quand il commet des erreurs techniques, même quand il laisse des espaces derrière lui, il crée de l’émotion et du jeu. En une phrase: Kevin Mbabu fait énormément de bien à l’équipe de Suisse.

Le sérieux affiché par toutes les équipes

Une compétition au rabais, cette Ligue des Nations? Les derniers mois, et cette dernière semaine en particulier, ont balayé cette idée reçue. Chaque équipe est allée au bout de ses forces pour tenter de rapporter le trophée et la joie des joueurs, du staff et du peuple portugais a fait plaisir à voir dimanche soir. Les rues de Porto ont été prises d’assaut et ils étaient plusieurs dizaines de milliers à fêter ce titre sur la fameuse Avenida dos Aliados, en plein cœur de la ville. Le fait que ce lundi soit le jour de la Fête nationale a aidé, bien sûr, mais cette Ligue des Nations est bien née. Le palmarès des récompenses individuelles a de l’allure, d’ailleurs: Cristiano Ronaldo meilleur buteur, Bernardo Silva meilleur joueur, Frenkie de Jong meilleur espoir! Un vrai tableau de Champions League.

L’ambiance entre les supporters

20'000 Anglais, 6000 Néerlandais, 3500 Suisses. Voilà le tableau des supporters qui ont passé plusieurs jours à Porto et Guimaraes pour cette Ligue des Nations et tout s’est plutôt bien déroulé, même si la police portugaise est intervenue à Porto et que des incidents ont eu lieu à plusieurs reprises. Il ne faut pas s’y tromper: il ne s’agissait pas de hooligans, mais bien de jeunes Anglais qui, en groupes, n’ont su gérer ni leur consommation d’alcool ni leur patriotisme un peu trop débordant. Ils ont profité de cette semaine de vacances loin de chez eux pour faire les ânes, mais ils sont loin d’être appréciés par les autres supporters anglais et l'erreur la plus grande à commettre serait de les mettre tous dans le même sac. Les 20'000 fans des «Three Lions» ont aussi fait de bonnes actions durant cette semaine et, pour avoir passé pas mal de temps à les côtoyer, on peut dire qu’on en gardera un très bon souvenir. L’ambiance entre Suisses, Néerlandais et Anglais a d’ailleurs été très bonne, les trois communautés se croisant souvent en ville sans aucun problème, bien au contraire.

Les deux villes et les deux stades

Porto et Guimaraes sont deux villes magnifiques, que les supporters ont eu du plaisir à découvrir pendant cette semaine. Le Portugal a très bien organisé ce «final four» et a eu la bonne idée de le faire se dérouler dans ces deux villes proches l'une de l'autre et chargées d’histoire. Les deux stades étaient bien proportionnés et surtout très beaux, dans un style complètement différent. Tous deux situés en pleine ville, ce qui change tout, le stade du FC Porto et celui du Vitoria Guimaraes respirent le football et l’histoire. Le Portugal fait décidément très fort en matière de stades avec celui de Braga, si original, et les deux vaisseaux lisboètes, des références mondiales.

Le Portugal, cette terre de football

Le Portugal, d’ailleurs, est un vrai pays de football et cette culture se sent au quotidien. Trois journaux («A Bola», «Record» et «O Jogo») informent la population chaque jour sur l’actualité des clubs et de la sélection, mais écrivent aussi de nombreux articles sur le football international. Partout, en ville de Porto et de Guimaraes, on trouve des références au football, qui est dans beaucoup de conversations. Benfica, Porto, le Sporting: chaque fait, parole et geste de représentants de ces trois clubs est scruté, analysé, commenté, avec une diversité de la presse et d’opinion vraiment impressionnantes pour un si petit pays par la taille. Ce n’est évidemment pas une surprise, mais il est tellement rafraîchissant de passer une semaine imprégné de cette culture, après toutes celles passées en Suisse…


On a moins aimé

La quatrième place de la Suisse

L’équipe de Suisse n’arrive toujours pas à franchir un cap. C’est normal, quelque part, parce que sa place n’est sans doute pas dans le gotha du football européen et il est déjà bon de se contenter de ce que l’on a. Cette place dans le «final four» est déjà un succès et il n’y a qu’à consulter la liste des équipes n’y étant pas pour se rendre compte de sa valeur. Mais tout de même: mis à part ce fantastique succès face à la Belgique, qu’il ne faut surtout pas mettre de côté, la Suisse ne bat aucun gros, ni ne gagne un match à élimination directe. Alors oui, elle progresse, c’est indéniable. La qualité de jeu est (souvent) là, ses principes sont respectés et cette équipe donne globalement satisfaction, mais il serait temps, enfin, de réaliser un beau parcours dans une compétition européenne. Prochaine occasion, l’Euro 2020. Si la Suisse se qualifie bien sûr.

Les fins de match de la Suisse

Désormais, ça ne peut plus être un hasard. Depuis la fin de la Coupe du monde, la Suisse souffre quand arrivent les fins de match. Tout a débuté en Belgique, avec ce but de Romelu Lukaku (84e, 2-1). Deuxième étape en Islande où les dernières minutes ont failli permettre aux Nordiques d’égaliser après une prestation globalement maîtrisée de la Nati. Alfred Finnbogason avait ramené le score à 1-2 à la 81e. Une alerte sans conséquence. Avant la démonstration contre la Belgique, il y avait eu cette défaite face au Qatar avec un but encaissé à la 89e (0-1). On passe après à Suisse-Danemark, un match où la Nati menait 3-0 à la 81e (3-3 score final), puis à ce «final four» où Cristiano Ronaldo a marqué deux fois entre la 87e et la 89e mercredi, et ensuite à ce match contre l’Angleterre qui a été un calvaire entre la 60e et la 120e, en gros. Même si Vladimir Petkovic a déclaré que toutes ces rencontres n’avaient rien à voir entre elles, il y a peut-être quand même un signal à étudier. Le manque d’expérience après avoir laissé partir les «grognards»? Pas impossible.

L’attaque néerlandaise

Les Pays-Bas proposent un très bon football, tourné vers le collectif, grâce à la qualité de leur défense et de leur milieu de terrain. Les trois gars de l’entrejeu, Frenkie de Jong, Marten de Roon et Georginio Wijnaldum, sont un régal à voir jouer. C’est efficace, ça combine bien, ça joue propre. Mais, à un moment, il faut mettre le ballon devant où trois solistes s’évertuent à ne jouer que pour eux. Ryan Babel n’avance plus, Memphis Depay est un formidable footballeur quand il lève la tête (jamais) et Steven Bergwijn a encore des progrès à faire, pour rester poli. Alors oui, les Pays-Bas ont marqué trois fois face aux Anglais. Une fois par le défenseur central Matthijs de Ligt sur corner et deux fois à la suite de cadeaux de la défense britannique. Seul Quincy Promes, en manque de temps de jeu à Séville, a été à la hauteur de ses coéquipiers des autres secteurs pendant ces deux matches. Un secteur offensif performant et collectif: c’est bien là tout ce qu’il manque à cette très belle équipe néerlandaise.

La fin de la saison de football suisse

Ce «final four» de la Ligue des Nations représentait le dernier rendez-vous du monde du football suisse cette saison. Pour les ravagés, on en connaît, il reste les finales cantonales vaudoises et fribourgeoises en 2e, 3e, et 4e ligue. On rajoutera encore, pour les extrémistes et les ultra-dépendants, le troisième et dernier tour de qualifications pour la Coupe de Suisse pour les équipes de 2e ligue inter, mais c’est tout ce qui se profile à l’horizon des prochains jours. Et c’est peu. Les formations de Super League vont recommencer l’entraînement d’ici une semaine, mais il faudra patienter encore un peu pour les premiers amicaux et ce Festival des Alpes dont se réjouit beaucoup. En attendant, comme toutes les années impaires, il faut se préparer à vivre un état sans football dans le pays. Vivement 2020!

Créé: 10.06.2019, 11h18

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