Mercredi 19 juin 2019 | Dernière mise à jour 03:09

Football Equipe de Suisse: on a aimé, on a moins aimé

Il y a beaucoup de positif à tirer de cette demi-finale de Ligue des Nations à Porto. Et quelques questions à se poser, aussi.

Xherdan Shaqiri a été une valeur sure dans ce match.

Xherdan Shaqiri a été une valeur sure dans ce match. Image: Keystone

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L’équipe de Suisse s’est inclinée 3-1 à Porto, torpillée par un hat-trick de Cristiano Ronaldo en demi-finale de la première Ligue des Nations de l'histoire. «Le Matin» tire le bilan de cette défaite.


On a aimé

L’attitude générale de l’équipe de Suisse

En octobre 2017, onze fantômes étaient venus essayer de prendre un point sur la pelouse de la Luz à Lisbonne afin de se qualifier directement pour la Coupe du monde en Russie. Dès la première minute de jeu, il était clair que cette équipe de Suisse n’allait pas y arriver. Ce mercredi, face à un adversaire sans doute encore plus fort et plus joueur qu'il y a vingt mois, la Suisse a montré le bon état d’esprit d’entrée. Pas question de défendre et de subir: Vladimir Petkovic a directement demandé à ses joueurs d’aller chercher les Portugais très haut et de les faire reculer au maximum. Une attitude remarquable, sans peur, qui souffre encore d’un déficit de technique et de concentration à haut niveau, parfois, vu les relances manquées de Yann Sommer et de Manuel Akanji. Mais globalement la Suisse a réussi son coup, livrant une très belle et courageuse opposition au champion d’Europe en titre. A l’image du très généreux Kevin Mbabu, elle n’a pas tout réussi, mais elle a constamment essayé.

Xherdan Shaqiri, puissance et détermination

Il ne lui a manqué qu’un but, cette étincelle de génie qu’il arrive parfois à allumer au milieu de nulle part. Mais sinon, «XS» a fait tout juste, faisant honneur à son statut tout frais de vainqueur de la Champions League, même si ses détracteurs ont beau jeu de dire qu’il n’est à nouveau pas entré lors de la finale. Ce mercredi à Porto, il a été très entreprenant et certains de ses dribbles ont fait s’émerveiller le public du stade du Dragon, qui a pourtant vu passer des dizaines d’artistes, de Deco à Lucho Gonzalez en passant par Dmitri Alenitchev et Ricardo Quaresma. Sa talonnade en double-contact au cœur de la première période était un moment d’inspiration merveilleux et on a surtout aimé son état d’esprit sans cesse conquérant. En jouant à droite, il est parfois arrivé qu’il sorte de son match, consciemment ou inconsciemment. Depuis qu’il a été repositionné dans l’axe, il montre à chaque fois qu’il a envie de jouer pour cette équipe. Et c'est beau à voir.

Les 3500 supporters suisses

On a pesté sur les 18'000 spectateurs présents à Bâle face au Danemark, même si on a bien entendu les (mauvaises) excuses invoquées ce soir-là pour justifier ce naufrage populaire inadmissible. Mais le peuple suisse sait se mobiliser en déplacement et faire venir 3500 supporters un mercredi à Porto est une belle performance. Le voyage a été très agréable, la journée de mercredi s’est parfaitement déroulée et les seuls problèmes à signaler ont été le fait des fans anglais. Les Suisses se sont bien comportés et ils ont chanté pendant tout le match, essayant même de faire partir une «vague» bien optimiste, à laquelle le public portugais n’a d’ailleurs pas donné suite. Qu’importe: cette «mission Porto» a été une réussite.

Le stade du Dragon

Il faut reconnaître avec plaisir que le Portugal est passé expert en matière de stades, sans sombrer dans le «tous les mêmes», un poison qui contamine par exemple les nouvelles enceintes françaises et suisses. Les Portugais savent rester originaux, comme à Braga par exemple, tout en respectant la tradition de ses stades historiques. La Luz a été refaite, mais le poids de l’histoire y est toujours bien présent et le FC Porto a réussi le même exploit. Le stade das Antas avait une âme particulière, mais ce «Dragao» est particulièrement réussi avec ses immenses arches qui le rendent tout de suite reconnaissable. A l’intérieur, de grandes fresques et d’immenses photos rappellent les succès passés de ce club de légende. Les grands joueurs y sont honorés, l’histoire célébrée. Tout juste.

Les contrôles orientés de Bernardo Silva

La première touche de ce joueur est un régal, ses contrôles orientés peut-être les meilleurs du monde. Cristiano Ronaldo est évidemment un joueur exceptionnel, mais Bernardo Silva a encore quelque chose en plus pour ce qui est de la technique dans les tous petits espaces. Quel formidable technicien! Le contraste avec Denis Zakaria, qui s’est retrouvé plusieurs fois dans sa zone, a été assez saisissant par moments. Le milieu de terrain du Borussia Mönchengladbach a un vrai potentiel, mais il doit impérativement progresser sur sa première touche de balle pour franchir un palier qui se refuse à lui pour l’instant.


On a moins aimé

Les buts encaissés en fin de match, encore

Trois buts dans les dix dernières minutes contre le Danemark , deux en deux minutes ici au Portugal. On espère que ce n’est pas le début d’une tendance, surtout que les deux scénarios n’ont pas grand-chose à voir, mais il y a tout de même un début de question à se poser, peut-être. Evidemment, le match face au Danemark est plus embêtant (de 3-0 à 3-3), surtout que cette fois il y avait Bernardo Silva et Cristiano Ronaldo en face, mais dimanche, que ce soit face aux Pays-Bas ou à l’Angleterre, il faudra tenir jusqu’au bout.

La défaite dans un match à élimination directe, encore

Cette Ligue des Nations n’est pas un tournoi amical. Il y avait un trophée à aller chercher et la Suisse a une fois de plus perdu un match à élimination directe, une sale habitude. Quand la Suisse est-elle sortie vainqueur d’un tel match pour la dernière fois? La réponse fait peur: en 1938, en 8es de finale de la Coupe du monde face à l’Allemagne! Depuis, à chaque fois, la Suisse s’est fait sortir lors du match suivant immédiatement la phase de poules. Comme ce mercredi en Ligue des Nations, comme il y a une année contre la Suède… Ce qui ne veut pas dire qu’elle flanche toujours dans les moments décisifs, d’ailleurs: les barrages sont souvent bien maîtrisés, ce qui n’est de loin pas rien. Mais pas encore suffisant pour entrer véritablement dans le grand monde.

La situation des gardiens en équipe de Suisse

Les gardiens 2 (Roman Bürki) et 3 (Marwin Hitz) ne veulent plus venir. Yann Sommer est là, mais plus du tout rassurant depuis la fin d’une Coupe du monde réussie. Sur le banc, un gardien prometteur mais remplaçant en club (Yvon Mvogo) et un portier qui n’a de loin pas prouvé avoir le niveau international (Jonas Omlin). Sans juger les choix des uns et des autres, on se permettra tout de même de poser deux questions au sujet de l’entraîneur des gardiens de l’équipe de Suisse, Patrick Foletti. A-t-il toujours bien conseillé Vladimir Petkovic, au plus près de sa conscience? A-t-il entretenu une concurrence saine entre les gardiens de l’équipe de Suisse ces dernières années? (nxp)

Créé: 06.06.2019, 15h07

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