Samedi 30 mai 2020 | Dernière mise à jour 16:39

Football Équipe de Suisse: on a aimé, on a moins aimé

Des nouveaux tout de suite au niveau et un bel état d’esprit: le voyage tout au nord de l’Europe a eu des bons côtés. Quelques moins bons aussi.

Nico Elvedi (à g., ici au duel avec l'attaquant islandais Alfred Finnbogason) a été l'une des révélations de la semaine.

Nico Elvedi (à g., ici au duel avec l'attaquant islandais Alfred Finnbogason) a été l'une des révélations de la semaine. Image: Keystone

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ON A AIMÉ...

... la décision de Vladimir Petkovic de titulariser Yvon Mvogo

Très bien vu de la part du Mister. Même s’il s’agissait d’un match officiel, avec de l’enjeu qui plus est, le sélectionneur a choisi de faire confiance à Yvon Mvogo, son troisième gardien (pour l'instant?). Pour sa première titularisation, le Fribourgeois a été très bon. Supérieur à Yann Sommer dans les airs, il a montré quelques hésitations au pied, mais a été décisif sur sa ligne. Surtout, cette titularisation montre qu’aucun poste n’est figé, pas même celui de gardien. Et, on l’a déjà dit avant le match, mais il est toujours bon de le répéter: grâce à ces 90 minutes, Mvogo est désormais lié à vie à l’équipe de Suisse. Tout juste, M. Petkovic.

... l’état d’esprit des Suisses

Bousculés en première période, sous une pluie battante, avec une chute de température brutale par rapport à Bruxelles, les Suisses ont bien réagi après la pause. Ils se sont dit les choses dans le vestiaire, bien aidés par Vladimir Petkovic, et ils ont livré une deuxième période de bonne qualité. Cette équipe a du caractère, ce n’est pas nouveau, mais il est toujours bon d’en avoir une confirmation supplémentaire. Elle s’est offert le droit de vivre une semaine passionnante en novembre, ce qui est une bonne nouvelle pour tout le monde. Vivement ce match face à la Belgique à Lucerne!

... le public islandais

Une belle affluence (le stade était presque plein, soit 13'000 spectateurs environ), une ambiance au top avec notamment deux «Ahou» bien sentis aux 13e et 58e minutes: les supporters islandais ont fait le job lundi à Reykjavik, malgré l’horaire pas forcément idéal pour eux (coup d’envoi à 18h45 locales). L’atmosphère était sympa aux alentours du stade, les fans des deux camps ont sympathisé. Et il convient ici de souligner une nouvelle fois le bon contingent de supporters suisses. 650 «away fans» un lundi soir à Reykjavik est un bon résultat.

... Alfred Finnbogason et Gylfi Sigurdsson

L’Islande joue en 4-4-1-1 avec seulement deux joueurs vraiment offensifs. En gros, on schématise un peu, mais les «Strakarnir okkar» défendent à huit et attaquent à deux, sauf sur coup de pied arrêté où les grands de derrière viennent mettre leur caboche aux avant-postes. Le schéma de jeu est simpliste, les ailiers ne débordent pas et les milieux percutent peu. Par contre, les Islandais pouvaient compter lundi sur leur duo magique en attaque. Gylfi Sigurdsson (Everton) et Alfred Finnbogason (Augsbourg) sont deux joueurs offensifs de grande classe, qui l’ont encore prouvé face à la Suisse. Les frappes de Sigurdsson ont été bien sauvées par Yvon Mvogo, sans quoi il se serait offert un doublé tout en «Sonntagschuss», et ses dribbles sont un régal, tout comme ses feintes de corps et sa vision du jeu. Finnbogason, lui, a été plus discret, mais a inscrit un but phénoménal. Avec ces deux hommes, l’Islande tient deux cadors, qu’on accueillerait d'ailleurs volontiers en équipe de Suisse. Par contre, si l’un des deux manque à l’appel, comme à l’aller, alors cette équipe redevient inoffensive. La raison est toute simple: le réservoir est trop petit.

... les deux matches de Nico Elvedi

Manuel Akanji blessé, Johan Djourou pas convoqué, Vladimir Petkovic a titularisé Nico Elvedi tant à Bruxelles qu’à Reykjavik. Très performant avec le Borussia Mönchengladbach, le blond défenseur central a marqué beaucoup de points lors de ses 180 minutes. Il conserve une longueur de retard sur Manuel Akanji et Fabian Schär, mais a pris de l’avance sur Johan Djourou. Il a fait preuve d’une belle maturité et de beaucoup de sens du placement, que ce soit à deux ou à trois en défense centrale. Il incarne à merveille le changement d’ère prôné par Vladimir Petkovic après la Coupe du monde.


ON A MOINS AIMÉ...

... le stade Laugardalsvöllur

Lorsqu’on pense à l’Islande, de magnifiques clichés viennent immédiatement en tête. On imaginait un petit stade à l’anglaise plein de charme, avec des aurores boréales venant illuminer le haut des tribunes et un public tout près du terrain. Raté. L’Islande joue dans un stade sans âme, avec une piste d’athlétisme à onze couloirs et un décor gris et terne. Alors oui, il s’agit d’un pays magnifique, mais loin de l’enchantement permanent que sont les Îles Féroé où le visiteur est ébahi quasiment à chaque minute de son périple. Reykjavik est une ville industrielle, plutôt terne. Heureusement, les supporters suisses ont été nombreux à louer une voiture ou un camping-car et à s’échapper en direction de la côte sud où les paysages sont spectaculaires. Eux non plus, comme les joueurs, n’ont pas fait le voyage pour rien.

... Denis Zakaria, pas encore une évidence à 100%

Heureusement que Remo Freuler a été médiocre en Belgique, car Denis Zakaria a livré deux prestations plutôt ternes cette semaines. Le Genevois a beaucoup de crédit aux yeux de Vladimir Petkovic, et tant mieux, car il est sans doute amené à former «la» paire du futur au milieu de terrain avec Granit Xhaka. Mais la vérité est qu’il a semblé manquer de rythme et surtout de justesse technique, tant à Bruxelles qu’à Reykjavik, ce qui confirme ses difficultés actuelles en club. Le rassemblement de novembre sera important pour lui.

... les deux matches des avant-centres

Tant Haris Seferovic en Belgique que Mario Gavranovic en Islande ont livré deux prestations très décevantes à la pointe de l’attaque. Vladimir Petkovic, c’est un fait, n’a pas encore trouvé la bonne formule. Dommage, car «Sefe» avait été brillant à l’aller face à l’Islande, mais il n’a pas su enchaîner. Sa prestation à Bruxelles était clairement insuffisante. Quant à «Gavra», il n’a pas encore su saisir sa chance, ni à la Coupe du monde, ni après. La Suisse a encore du boulot dans ce domaine et surtout aucune certitude, sauf celle que Haris Seferovic est son numéro 1.

... l'absence de Kevin Mbabu

Blessé, le latéral d'YB n'était pas du double voyage en Belgique et en Islande. Dommage pour lui, mais aussi pour l'équipe de Suisse, tant Michael Lang n'a pas réussi à se montrer convaincant. Même sans jouer, Kevin Mbabu a marqué des points cette semaine. Son intégration avait été tellement bonne en septembre qu'on se réjouit de le revoir. Et accessoirement, les prestations de Lang, en plus de son match très décevant face à la Suède à la Coupe du monde, donnent rétrospectivement raison à Vladimir Petkovic, qui vouait une confiance aveugle à Stephan Lichtsteiner pour le poste de latéral droit jusqu'à la campagne de Russie. Désormais, la concurrence est ouverte. Et le numéro 1 s'appelle peut-être bien Kevin Mbabu.

Créé: 16.10.2018, 14h14

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