Jeudi 4 juin 2020 | Dernière mise à jour 22:37

Football Équipe de Suisse: des enseignements majeurs

Le succès obtenu en Islande (2-1) est très important. Le processus de renouvellement fonctionne.

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Yvon Mvogo a réalisé une grande performance dans les buts, lundi à Reykjavik, et l'excellent match du Fribourgeois prouve une chose: cette équipe nationale suisse n'est désormais plus un cercle fermé, dont on connaît les titulaires six mois à l'avance, sauf blessure.

Ce match en Islande était une rencontre officielle et Vladimir Petkovic a décidé que son portier numéro 3 était apte à la disputer et à la remporter. Tout juste. Et ce choix, gagnant à 100%, vient également démontrer que les remplaçants de la Nati sont quasiment toujours sous pression et prêts à être performants quand ils entrent en jeu. Un facteur important dans une vie de groupe.

Processus de renouvellement

Il ne faut pas s'y tromper: ce succès en Islande est très important. Déjà, parce qu'il n'était pas acquis d'avance malgré le 6-0 de l'aller. Ensuite, parce que Vladimir Petkovic continue à obtenir du succès avec son «processus de renouvellement». La Nati est désormais une terre de concurrence quasiment à tous les postes, et notamment en défense centrale, où Nico Elvedi a fait grande impression lors des deux matches qu'il a disputé cette semaine.

Il est un titulaire potentiel, mais Fabian Schär n'a pas déçu non plus et Manuel Akanji a largement prouvé que la Suisse pouvait compter sur lui. Bref, le changement d'ère continue là aussi, tout comme au milieu de terrain, où Granit Xhaka et Denis Zakaria (malgré deux performances en demi-teinte cette semaine de la part du Genevois) forment une paire appelée à collaborer ensemble pendant de nombreuses années.

Granit Xhaka prend lui, d'ailleurs, de plus en plus d'ampleur. Il a raté sa première période à Reykjavik et, dans un passé récent, il serait peut-être sorti du match. Là, brassard au bras, il a relevé la tête et a effectué une deuxième mi-temps de fort beau calibre. Il a offert le 0-1 à Haris Seferovic et met à chaque sortie sa patte de manière plus affirmée sur cette équipe, qui devient chaque mois un peu plus la sienne.

Ce changement de génération se poursuit dans le point suivant: Xherdan Shaqiri est désormais un meneur de jeu à 100%. Même ce lundi, alors que Breel Embolo était blessé et qu'il y avait un poste à pourvoir à droite, le «Mister» a préféré laisser «XS» dans l'axe et décaler Haris Seferovic sur le côté, un choix surprenant (mais là aussi payant).

Point positif: la Suisse a souffert

Et puis, parmi les points positifs de ce voyage en Islande, il y a aussi le fait que la Suisse ait souffert en fin de match. Cela peut sembler paradoxal, mais ces dix dernières minutes passées en enfer pourraient faire du bien à la Nati, qui s'est montrée solidaire et a clairement vu les axes de progression qu'il lui reste. Dont celui de mieux gérer un score face à un adversaire d'un niveau correct.

Elle sait le faire face à la Lettonie ou Andorre, pas encore très bien en Islande, face à une adversité supérieure. En fin de match, la Suisse aurait dû mieux geler le ballon et réussir de longues phases de conservation, tout en frappant mieux en contre. Elle ne sait pas encore le faire, en tout cas pas sous une pression comme celle que lui a mise l'Islande en fin de partie.

Il ne faut pas oublier que cette configuration est nouvelle: dans un passé récent, la Suisse a prouvé qu'elle savait revenir au score face aux gros (Espagne, Brésil, Serbie, Belgique), pas qu'elle savait gérer un résultat. Voilà une nouvelle expérience bienvenue, mais les alertes en fin de match doivent inquiéter le staff de la Nati, car l'Islande aurait très bien pu revenir à 2-2 sans que ce soit un scandale.

Enfin, c'est important aussi, la Suisse s'est offert une nouvelle possibilité de gagner enfin un grand match. En novembre, la Belgique viendra à Lucerne pour une rencontre avec un véritable enjeu. L'ASF ne devrait pas avoir de mal à remplir le stade - pourquoi ce match n'est-il pas à Genève, d'ailleurs? - et la Nati pourra remporter son groupe de Ligue des Nations en battant les Diables Rouges 1-0.

Ce serait un bel exploit, mais pour l'heure, l'équipe de Suisse est encore et toujours obligée d'employer cette expression au conditionnel. L'heure est au changement de conjugaison. Peut-être.

Créé: 16.10.2018, 07h33

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