Lundi 23 septembre 2019 | Dernière mise à jour 04:09

Football Mais qui êtes-vous, Bastien Toma?

Le jeune Valaisan s'est confié avant le déplacement du FC Sion à Lugano.

Bastien Toma (à droite) avait réussi un bon match à Genève face à Ondoua et Servette.

Bastien Toma (à droite) avait réussi un bon match à Genève face à Ondoua et Servette. Image: Eric Lafargue

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Il avait réussi une passe magique, sa spécialité, devenue très vite un chef d’œuvre qui a fait le tour du monde. C’était l’an dernier contre NE Xamax. En une touche de balle, un coup de maître, Bastien Toma, milieu défensif du FC Sion, avait réussi l’exploit d’éliminer neuf joueurs pour permettre à son coéquipier Ermir Lenjani de déposer dans les filets ce magnifique caviar.

Après cet éclair de génie, le jeune Valaisan avait ensuite enchaîné avec un but du tonnerre à Thoune, d’une frappe magistrale. Les filets en tremblent encore.

On a rencontré ce jeune espoir de 20 ans qui rend le ballon si imprévisible, vendredi matin à Martigny, au terme de l’entraînement dirigé par Stéphane Henchoz, Oscar Londono et José Sinval. Entretien rafraîchissant deux jours avant que lui et ses coéquipiers ne défient Lugano au Cornaredo.

Mais qui êtes-vous, Bastien Toma?

Je suis un jeune joueur qui travaille très dur depuis deux ans pour réussir de belles performances sur le terrain. Il est vrai qu’on a appris à me connaître grâce à cette passe qui a fait le tour des réseaux sociaux et aussi à trois autres beaux buts que j’ai marqués dans la foulée Mais je suis surtout un junior du FC Sion arrivé en première équipe, c'est une fierté.

Quand on est valaisan, jouer à Tourbillon, c’est comme marcher sur la lune?

Oui, on peut dire ça comme ça. Je me souviens que lorsque j’étais môme, quand je me trouvais dans les gradins, j’ai toujours eu cet objectif en tête de jouer à Tourbillon. J’ai réussi, mais maintenant, à moi de faire encore mes preuves pour rester ici le plus longtemps possible.

Vous n’avez connu qu’un seul club à ce jour, qu’un maillot: pourriez-vous changer de couleur, jouer ailleurs?

Franchement, je n’y ai jamais pensé. Après, on ne sait jamais ce qui peut arriver. Mais pour l’instant, le FC Sion est gravé dans mon cœur. J’espère plutôt passer un palier et si je dois partir un jour, ce serait plutôt à l’étranger que dans un autre club suisse!

Quand on a 20 ans, on rêve de quoi? De partir dans un grand club en Europe, de jouer la Ligue des champions?

Je pense qu’aujourd’hui, dans le football, tout est possible. Gamin, quand j’entendais l’hymne de la Ligue des champions à la télé, quand je voyais toutes ces stars crever l'écran, ça faisait envie. Alors forcément qu’on en rêve, de ces matches-là. On peut rêver de tout, mais pour le moment, je suis encore loin d’être arrivé. Je dois garder les pieds sur terre et prendre ma carrière étape par étape. Je dois travailler très dur encore...

Vous avez toujours voulu jouer au foot, ou vous étiez attiré par un autre sport quand vous étiez gamin?

J’ai reçu mon premier ballon quand j’avais 3 ans. Ma famille était également passionnée de foot, ça aide. Alors non, je n’ai rien connu d’autre. On a le sentiment, Bastien, que vous êtes devenu indispensable sur l’échiquier de Stéphane Henchoz. On se trompe?

On va dire que j’essaie toujours de donner le meilleur de moi-même pour offrir du plaisir au public. Du plaisir, j’en ai aussi sur le terrain et cela se ressent. Maintenant, de savoir que je suis devenu indispensable...

Après votre succès contre Zurich, au tour de Lugano, dimanche au Cornaredo: comment appréhendez-vous ce périlleux déplacement au Tessin?

On sait qu’à Lugano, il est toujours difficile de s’imposer. On va affronter un adversaire en forme, qui joue bien au football. Après, à nous d’aller là-bas très déterminés et de prendre le jeu à notre compte. Si on n’y va pas à 100%, on va la perdre, cette rencontre. Attention, c’est un match piège.

Pour gagner, vous allez devoir marquer, comme contre Zurich...

Il est vrai qu’on s’est cherché en début de championnat, que ce soit contre Bâle ou à Genève. Mais on s’était créé des occasions, surtout face à Servette. Cela a fini par rentrer samedi en deuxième mi-temps contre Zurich. J’espère, cette fois-ci, que la machine est en marche...

Et si vous réussissiez à nouveau le même but que l’an dernier à Thoune?

C’est sûr que je dois tirer davantage car j’ai une belle frappe. Après, le tir peut aussi être dévié. J’aimerais bien revivre une telle émotion, c’était si beau...

Ce vendredi à l’entraînement, vous avez aussi travaillé les coups de pied arrêtés: cela vous tente d'en réussir un dimanche?

Oui, c’est vrai, j’essaie de les tirer le mieux possible, car dans le football actuel, les coups francs sont devenus importants, comme une arme tranchante. J’aimerais bien en réussir un en match, pour l’équipe. Mais je ne suis pas le seul à pouvoir tirer...

Dites-nous qu’est-ce qui a changé avec Stéphane Henchoz?

La mentalité, c’est certain! Avant, c’était un peu plus cool, beaucoup trop! Là, avec Stéphane, on ne peut pas tricher. Les entraînements sont plus intenses. C’est plaisant de travailler avec un entraîneur comme lui, qui a joué au plus haut niveau, à Liverpool. C’est un exemple. A moi de travailler dur sur le terrain.

Au fait, à part votre coach, qui est votre modèle?

Moi j’aime bien Modric et j’appréciais aussi Ronaldinho, qui est passé, paraît-il, par les juniors du FC Sion. Ce sont deux milieux de classe mondiale.

Vous faites déjà partie de l’équipe de Suisse M21: c’est aussi une belle occasion pour vous de vous mettre en vitrine, n’est-ce pas?

C’est surtout une belle volée qui mériterait de se qualifier pour le prochain Euro. C’est notre objectif. Avec Mauro Lustrinelli, notre coach, on est prêt à réaliser de belles performances pour y parvenir.

Dernière question: êtes-vous un Saint, Toma?

Non, non, pas du tout! (Il rit)


Stéphane Henchoz: «Il fait vivre le ballon»

S’il n'était pas dans le groupe lors du premier match du FC Sion de la saison face à Bâle (1-4), la raison était simple: Bastien Toma, qui a commencé la préparation estivale dix jours après les autres, n’était pas encore d’attaque. «J’avais dans mon groupe d’autres joueurs plus aptes physiquement que lui», justifie son coach. Mais Stéphane Henchoz l’a rapidement remis sur son échiquier, la semaine d’après à la Praille face à Servette. «Et il a réussi un bon match durant septante minutes, avant de confirmer samedi face à Zurich, se réjouit l’entraîneur de Tourbillon. C’est un joueur qui dégage beaucoup d’énergie en réclamant passablement le ballon, qu’il fait vivre. Il est clair que c’est un joueur en forme.» Il devrait logiquement faire partie de son onze de départ, dimanche au Cornaredo.

Créé: 10.08.2019, 11h59

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