Lundi 17 juin 2019 | Dernière mise à jour 14:08

Football Qui êtes-vous, Loïc Favre?

Hormis le fait d’être le «fils de», le nouveau directeur sportif du Servette demeure un inconnu du grand public. Il se dévoile et décortique son job au quotidien.

Loïc Favre aimerait bien amener le Servette FC au niveau où le club était lorsque son père y jouait dans les années 1980. Mais cela prendra du temps.

Loïc Favre aimerait bien amener le Servette FC au niveau où le club était lorsque son père y jouait dans les années 1980. Mais cela prendra du temps. Image: Isabelle Favre

L’OBJECTIF DU CLUB

«Pour le public genevois, la promotion s’impose comme une évidence. Si je comprends l’impatience des fans, ce n’est pas le cas. Monter ne va pas de soi. On ne peut pas aligner des nouveaux joueurs et croire que l’on va survoler le championnat. On doit aller vite alors que la situation, paradoxalement, nécessite du temps. Chaque jour, je vois déjà une évolution. Je n’oublie pas la formation. Le patrimoine du club, ce sont ses espoirs.»

LA PHILOSOPHIE DU SFC

«Pour Servette, il était important de dégager une ligne directrice et de s’y tenir. Arrêtons pour cela de bricoler. On doit se servir des k.-o. qu’a connus le club pour rebondir. Au-delà de son potentiel joueur, chaque renfort doit entrer dans un cadre de vie commun, intégrer un projet partagé. A ce titre, l’aspect mental est primordial. Bâle est l’exemple à suivre, sachant qu’il a été où l’on est aujourd’hui. Ce que les Bâlois ont réussi, on peut le faire.»

L’OMBRE DU PÈRE

«Il est pour beaucoup dans ce que je suis devenu. C’est aussi mon confident. J’ai une relation fusionnelle avec lui. Je ne l’aime pas qu’en tant que papa. J’ai hérité des mêmes valeurs, on partage la même vision du foot, on peut en parler pendant des heures. Je ne suis pas pour autant sa copie. Même si l’on se rejoint sur presque tout, ma personnalité est unique, comme la sienne l’est aussi. C’est aussi sans doute ce qui nous rapproche tant.»

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Dans la famille «grenat», on connaissait jusqu’à présent Lucien Favre, d’abord joueur emblématique dans les années 80 puis entraîneur - de 2000 à 2002 - d’un club auquel il demeure à jamais attaché.

Voici désormais Loïc, le fils, revenu des Etats-Unis pour endosser, à seulement 30 ans, la périlleuse (mais indispensable) fonction de nouveau directeur sportif du SFC. Un job qu’il est le plus jeune du pays à exercer au sein de la Swiss Football League.

Joueur prometteur au tournant du siècle, Loïc Favre avait dû mettre prématurément un terme à sa carrière naissante et accélérer sa reconversion suite à plusieurs commotions cérébrales ayant entraîné des maux de tête à répétition.

«Lorsque je me suis retrouvé un jour aux urgences, j’ai compris que je ne pouvais plus continuer à jouer avec ma santé. J’ai pris du recul. J’avais pourtant des offres d’Italie.» Il ne quittera pas le monde du ballon pour autant, réussissant à concilier, en œuvrant dans les coulisses du sport, son exigence du haut niveau et sa volonté d’imprimer son propre style.

Assembleur d’un puzzle humain

En plein mercato estival, il se définit lui-même aujourd’hui comme un «assembleur», gérant les composants d’un puzzle à échelle humaine. «Je souhaite amener les meilleurs talents à Genève et promouvoir ceux que l’on a formés.» Noble mission qui se heurte parfois à l’urgence des résultats. «Je ne peux pas garantir que Servette va montrer en fin de saison, mais je sais où doit être le club dans 5 ans, dans 10 ans.»

A défaut de jongler avec des millions, il défriche le terrain pour y dénicher, grâce à son réseau, quelques rares trouvailles, jouant les Géo Trouvetout avec autant de persuasion que de nez. «Pour survivre, un club suisse doit faire des coups. Moins on a d’argent, plus il faut être débrouillard. Même si je vis dans la réalité de la Challenge League, cela reste du business.» Son credo: l’étude de chaque profil afin de limiter les risques d’une mauvaise intégration. «La mentalité d’un renfort, son leadership, est aussi importante que son potentiel.»

Soixante offres par jour

Ces temps-ci, le Vaudois de la Praille vit collé à son portable, qui chauffe en permanence. A lui d’effectuer le tri parmi la soixantaine d’offres qu’il reçoit chaque jour. «On veut toujours nous fourguer des Messi. Mais on arrive très vite à faire le tri», concède Loïc Favre. Dont le job commande aussi de savoir feinter dans un monde où le respect est souvent sifflé hors jeu. «Avec moi, je veux que les choses soient claires. Je ne veux pas avoir de casseroles.» Dans un Servette en reconstruction, le chantier ouvert à la Praille demeure énorme. Le défi n’en est que plus passionnant.

Quand il n’est pas dans un avion pour aller visionner un joueur, en réunion ou n’assiste pas à l’entraînement de ses «grenat» aux Evaux, le directeur sportif avoue un faible pour la haute gastronomie, les vins de garde, le partage de l’amitié autour d’une bonne table. Pour Servette, le millésime 2013 contient déjà quelques savoureuses promesses. Mais le nouveau cru doit encore arriver à maturité avant de laisser éclater toutes ses couleurs. Loïc Favre est là pour y contribuer. Pendant longtemps. (Le Matin)

Créé: 08.08.2013, 11h08

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