Vendredi 19 octobre 2018 | Dernière mise à jour 17:40

Football Il faudra d’autres changements

Voici le commentaire de notre journaliste après la démission d'Alex Miescher, secrétaire général de l'ASF.

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Touché coulé, Alex Miescher n’est plus le secrétaire général de la Fédération. A l’origine de la polémique qui a secoué cet été le paysage footballistique helvétique, l’ancien nageur de compétition a présenté sa démission, laquelle a aussitôt été acceptée, «à regret» nous dit-on, par le président Peter Gilliéron.

Comment en aurait-il pu être autrement au moment où la priorité consiste aujourd’hui à tenter d’éteindre l’incendie. Mais après des semaines de malaise et de tergiversations silencieuses, il en faudra beaucoup plus pour ramener le calme et un semblant de sérénité au sein de la maison du football suisse à Muri - une maison sens dessus dessous après les déclarations aussi tapageuses que nauséabondes de son secrétaire général démissionnaire.

L’ancien pilote militaire de F-A/18 a-t-il été contraint de s’éjecter du confortable siège qu’il occupait depuis 2009? C’est sans autre ce que l’on peut imaginer. Depuis ses propos publiés le 6 juillet conjointement dans le Tages Anzeiger et la NZZ, dans lesquels il abordait frontalement la question identitaire des binationaux et de la politique sportive à suivre concernant ceux-ci, sa position était devenue intenable. Il aura pourtant fallu plus d’un mois pour qu’à Berne, on daigne enfin s’en rendre compte.

Emporté par la crise qui allait provoquer sa perte, Alex Miescher illustre donc aussi, si besoin est, les dérives de l’ASF et de ses pontes en matière de gestion de la communication, toujours aussi mal maîtrisée. Tout cela n’aurait ainsi probablement jamais existé si les dirigeants helvétiques avaient pris soin de calmer le jeu le 22 juin dernier à Kaliningrad, lorsque Xhaka, Shaqiri et Lichtsteiner avaient déployé les ailes de l’aigle de la discorde après la victoire contre la Serbie. En agissant comme ils l'ont fait, ils ont préféré laisser le débat s'envenimer.

Au moment de vider son bureau, le politicien PDC soleurois a exprimé ce vendredi toute sa gratitude et le plaisir d’avoir «trouvé des amis pour la vie». S’il nous étonnerait fort que Behrami, fustigeant les dérapages verbaux du No2 de la Fédé au moment de claquer la porte en début de semaine, partage la même conclusion, ce remue-ménage interne pourrait inciter le grognard tessinois à revoir sa position si Petkovic le lui demandait autrement que par un coup de fil.

Toutefois, ne soyons pas dupe: avec le départ tardivement obtenu du haut-fonctionnaire Miescher et du cas particulier qu’il représente, un simple fusible a sauté. Cela ne suffit pas encore à rétablir la lumière et ce dont aurait urgemment le plus besoin l’ASF: de la crédibilité. Qui la lui apportera?

Au siège de l'ASF, le grand nettoyage ne fait sans doute que commencer. On ne s'en plaindra pas. (nxp)

Créé: 10.08.2018, 17h43

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