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Football FC Sion: la fin des illusions

Maurizio Jacobacci et Christian Constantin n’ont pas trouvé de terrain d’entente financier. Le clash était programmé.

Maurizio Jacobacci et son président Christian Constantin

Maurizio Jacobacci et son président Christian Constantin Image: Keystone

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Les très rares témoins qui, avant-hier, ont assisté à la scène l’ont trouvée totalement surréaliste, déconnectée de la réalité économique. «Pour ça, je n’entraîne pas Sion», aurait répondu Maurizio Jacobacci à son patron. Le technicien de 55 ans venait de refuser un contrat revalorisé, porté à 300'000 francs annuels. Soit environ un salaire multiplié par 2,5 par rapport à celui qu’il touchait jusque-là en tant que coach des M21 du FC Sion. Il avait été promu sur le banc valaisan en remplacement de Gabri en février.

«Alors que j’augmentais son salaire de façon conséquente, confirme le boss valaisan, Maurizio n’a pas accepté ma proposition. Elle ne l’intéressait pas. Dans ces conditions, il m’a dit qu’il préférait résilier son contrat actuel. Je pense que le succès lui est monté à la tête et qu’il débloque.»

Le boss n’était pas convaincu

Sauf très improbable revirement, Sion devra donc composer sans son sauveur sous la direction duquel l’ancienne lanterne rouge a réussi une incroyable remontada, dont le premier mérite revient à Jacobacci lui-même. «Sur le foot, reprend son dernier employeur, on aurait facilement pu s’entendre sur tout. On se quitte pour une histoire de fric. Dès que j’ai entendu ses prétentions, j’ai compris que ça allait merder.»

Selon nos informations, l’homme du maintien aurait exigé un salaire d’un demi-million de francs par an. Sollicité hier, Jacobacci nous a répondu qu’il ne souhaitait pas s’exprimer alors que son agent n’a pas retourné nos appels. Le technicien a-t-il joué au poker menteur en faisant monter les enchères? Ou est-il au bénéfice d’une offre intéressante d’un autre club? Au niveau des circonstances, le départ de Jacobacci, qui n’est pas acté officiellement, rappelle celui de Raimondo Ponte intervenu quatre ans plus tôt.

Si une banale histoire de gros sous a fait capoter des négociations entamées bien tardivement, d’autres paramètres ont également pesé dans la balance. Il serait faux de croire que Christian Constantin, au-delà des sourires de façade et des tapes complices dans le dos, vouait à son technicien une admiration sans borne. La vérité, c’est que le boss du FC Sion, en dépit de l’évidence sportive, n’était pas convaincu par Jacobacci et la marge de progression de celui-ci pour mener à bien d’autres défis. Si Constantin l’avait vraiment été, on n’aurait jamais parlé de chiffres, lui qui n’en a d’ailleurs pas la mémoire, sauf quand ça l’arrange. Et l’affaire aurait été réglée au lendemain du maintien fêté contre Saint-Gall. Dans cette histoire, l’argent n’est qu’un prétexte. Quand on investit autant sur quelques «tocards» sur le terrain, on peut trouver de quoi offrir une rallonge à l’employé modèle qui a atteint les objectifs qu’on lui a assignés, voire au-delà.

Le divorce consommé, qui sera le nouveau Jacobacci? Il n’est pas interdit de penser que son remplaçant existe dans l’esprit du président depuis plusieurs jours. La Porte d’Octodure bruissait hier d’inévitables rumeurs, certaines fantaisistes. On parle aujourd’hui d’une possible association Sinval-Zermatten pour une solution interne ou de Pascal Dupraz (ex-Évian et Toulouse notamment) qui pourrait débarquer avec Pascal Saint-Yves, un ancien de la maison. Au moment de partir en vacances, Christian Constantin ne s’affole pas. «Je ne vais pas m’exciter. J’ai déjà une équipe et Zermatten.»

Il ne manque qu’un entraîneur, que cela soit un nom ronflant ou une «marionnette» prête à s’intégrer dans le staff actuel.


Le commentaire de Nicolas Jacquier: «Le cirque, c’est vraiment chic»

Il faut reconnaître au FC Sion et à son président une cohérence maîtrisée dans l’art consommé de se créer des problèmes quand il n’y en a pas. Ou plus. Un maintien assuré, un coach aimé, un jeu spectaculaire et séduisant qui a fait de Sion la 4e équipe du pays en 2018, un public qui revient à Tourbillon: tout allait bien, trop bien pour que cela continue ainsi. Que fait-on dans ces cas-là? On joue les chiffonniers sur la place publique.

Depuis plusieurs jours, il tombait sous le sens que Constantin et son entraîneur ne disputeraient pas les prolongations ensemble. Faire traîner ce qui s’imposait pourtant comme une évidence (la reconduction de Jacobacci) représentait déjà un très mauvais signal. On ne s’est pas trompé. Peu importe lequel des deux a raison et de savoir si les chiffres articulés reflètent la réalité.

Seul compte l’énorme gâchis. Comme s’il fallait chaque fois tout recommencer et qu’à Sion on aimait ça plus qu’ailleurs. Comme si le cirque était plus chic que la stabilité naissante. Comme si les problèmes à régler étaient plus importants que les solutions déjà trouvées.

Créé: 23.05.2018, 21h03

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