Samedi 21 septembre 2019 | Dernière mise à jour 21:18

Football Une gestion indigne du FC Bâle

Le licenciement précipité de Raphaël Wicky démontre que les dirigeants bâlois ont perdu ce qui faisait leur force: calme, anticipation et gestion des risques.

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Deux défaites auront donc eu raison du contrat de Raphaël Wicky. Deux matches. Le FC Bâle a battu, jeudi, les tristes "records" des Young Boys et du FC Zurich à l’été 2015 lorsque Uli Forte et Urs Meier s’étaient vu remercier après seulement cinq et quatre matches et en pleine campagne européenne. Alors bien sûr, le bilan d’un entraîneur se juge sur des cycles qui ne coïncident pas toujours avec le calendrier d’une saison. Et personne ne peut contester que Raphaël Wicky avait fatalement entamé un peu de son crédit en terminant la dernière Super League à quinze points de YB. Mais un couperet qui tombe si précipitamment – entre deux manches de Champions League – s’appuie-t-il justement sur une analyse de «la longue durée». Il faut en douter. Surtout en lisant l’argument surréaliste «des cinq défaites de suite» avancé par le club dans son communiqué. Au FC Bâle désormais, les matches amicaux sont donc couperet.

L'échec Valentin Stocker

Au-delà du sort réservé à Raphaël Wicky, lequel a trop de talent pour ne pas rebondir, cette décision révèle une fracture. Celle que la nouvelle équipe dirigeante, le président Bernhard Burgener et le directeur sportif Marco Streller, a provoquée avec la gestion historique de l’ancien club le mieux dirigé de Suisse. À l’entame de sa deuxième saison, le duo n’a toujours pas réussi à convaincre là où le FCB faisait toujours la différence. La signature d’au moins un renfort étranger, jeune et à forte valeur ajoutée (Salah, Derlis, Dragovic, Elneny)? Pour l’instant, Ricky van Wolfswinkel est un flop et Dimitri Oberlin a besoin de temps. La gestion douce et élégante des fins de cycle (Yapi, Abraham, Huggel)? L’étrange psychodrame Delgado et la séparation délicate avec Janko racontent une autre histoire. Enfin le recours aux «anciens de la maison» pour assurer la transmission de l’ADN «rotblau» (Frei, Streller)? L’impact dérisoire de Valentin Stocker et l’utilisation à contre-emploi de Fabian Frei (en défense centrale plutôt qu’au milieu) ont plutôt renforcé l’impression que Marco Streller avait tendu la main à d’anciens coéquipiers.

La panique a changé de camp

Raphaël Wicky doit-il en être tenu pour responsable? En partie, peut-être. Mais il ne peut pas porter seul la responsabilité de ce qui ressemble à une inquiétante dérive. Le FC Bâle d’il y a cinq ans aurait-il coupé la tête de l’entraîneur qui devait porter son «nouveau projet» après deux matches (désolé, pour nous, les amicaux ne comptent pas)? Non, c’était plutôt du côté de Berne ou de Zurich que l’on cédait à la panique. En quelques mois, le FC Bâle a bien changé.

Créé: 26.07.2018, 17h33

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