Mardi 16 juillet 2019 | Dernière mise à jour 21:19

Football «On est en grave danger, en Valais c’est la grogne»

A quelques heures du derby de la peur entre Sion et Neuchâtel Xamax, prise de température auprès de quelques supporters valaisans.

A l'heure du café, mercredi matin, le FC Sion rythme certaines discussions.

A l'heure du café, mercredi matin, le FC Sion rythme certaines discussions. Image: DR

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Au Brésilien, sur la Place du Midi, on se prépare à diffuser l’importantissime Sion - Neuchâtel Xamax de mercredi soir. «Il y aura du monde. D’autant que pas mal d’interdits de stade viennent ici les jours de match», explique Sylvie, la patronne. C’est l’heure du café. Son compagnon, Michel (ndlr: Yerly, ancien joueur et employé du club valaisan), lit le journal au bar. On peut parler foot? «Je ne préfère pas», répond-il. L’homme a un avis plutôt pessimiste. «Et ça n’apporterait pas grand-chose», précise-t-il.

Derrière lui, trois retraités sont en pleine discussion autour du FC Sion. Parmi eux, Jean-Marc accepte d’évoquer la situation. «Comment je le sens, ce derby? Très mal au vu de nos derniers résultats et de la dynamique de notre adversaire, qui va arriver le couteau entre les dents. Nous? On est en grave danger et j’ai peur que l’équipe ne s’en rende pas compte quand je la vois jouer. Il faut savoir une chose: en Valais, c’est la grogne. Beaucoup de gens ne vont plus au stade, moi compris. C’est même devenu compliqué de regarder les matches à la télévision jusqu’au bout.»

«On se moque du monde»

Jean-Marc pointe du doigt le président Christian Constantin. «Il pense représenter le Valais et ses valeurs. Mais on n’est pas du tout comme lui. Tutoyer les journalistes sur les plateaux TV... On a quand même eu une autre éducation! Et puis, je ne comprends pas ce qu’il cherche à faire avec le club. De l’argent? C’est lui qui investit, donc c’est lui qui décide. Il ne faut pas oublier non plus qu’il est celui qui permet à Sion d’avoir un club en Super League. Mais regardez où sa politique de transferts nous a menés aujourd’hui. Il n’y a pas de cohésion sur la pelouse et on risque un barrage voire une relégation en Challenge League. Et je ne parle même pas de la valse des entraîneurs. On se moque du monde!»

Retour au bar, où Jean-Michel, la soixantaine, prend l’apéro avec un ami. «Je viens de parier sur un match nul pour ce soir. Au bout du compte, on va s’en sortir. Derrière, le calendrier sera à notre avantage (ndlr: Xamax affrontera Lugano et Bâle, Sion jouera GC et Thoune).» Le président? «C’est un chef d’entreprise qui agit en tant que tel. Il a vendu nos bons joueurs, mais c’est le business. Et puis, ce n’est pas facile de dégoter des perles comme Cunha (ndlr: parti à Leipzig contre quelque 20 millions de francs l’été passé) chaque année. Personnellement, je n’ai rien à lui reprocher. Sans lui, on ne serait pas là. Point final.»

«Les comptes seront faits plus tard»

Les groupes de supporters, eux, ne veulent pas entendre parler de barrage voire de relégation. Mardi soir, ils se sont fendus d’un communiqué commun pour appeler au soutien. Avec quelques passages laissant transparaître une certaine colère. «Bien que notre envie d’encourager cette équipe souffre du peu de performances et de spectacle proposés, notre fidélité au club doit prendre le dessus (...) Peu importe notre attachement ou non à ces joueurs-là, ce sont aujourd’hui les seuls qui peuvent nous éviter une relégation. Les comptes seront faits plus tard. L’urgence de la situation ne nous permet pas aujourd’hui de baisser les bras ou d’entrer dans une confrontation directe avec une équipe qui, soulignons-le, n’a dans son ensemble rien d’une bande de tricheurs. Le douzième homme doit remplir son rôle et Sion gagnera.»

Les comptes seront faits plus tard? «Le problème, c’est la construction de cette équipe, la gestion de cette équipe et de ce club, nous lance un représentant du Gradin Nord, qui préfère rester anonyme. On n’a pas de souci avec les joueurs. Le groupe est jeune et il se bat avec ses armes, limitées chez certains. En revanche, il y a une vraie interrogation au sujet des priorités du président. C’est son business, il a toujours fonctionné ainsi, cherché à faire des bonnes affaires, «fondamentales pour faire tourner la maison», dit-il. Malheureusement, on a l'impression que cela se fait au détriment du sportif, du long terme. Regardez notre contingent: la majorité de nos joueurs, ce sont des coups de poker. Et puis, Christian, on le connaît, il est adorable. Mais il a le sang chaud et parfois il explose. Il n'y a rien de nouveau, en fait. C'est juste un éternel recommencement. Parce que ça manque de cohérence.»

Lisez tous les épisodes de la série «Derby de la peur»:

- Episode 1: Derby de la peur: comment Sion et Xamax se préparent?

- Episode 2: Xamax aime Monsieur Hänni, Sion beaucoup moins

- Episode 3: Pas de sentiments pour Freddy Chassot dans le derby de la peur

- Episode 4: Henchoz: «Un match de la peur? Pour Sion oui»

Créé: 15.05.2019, 15h00

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.