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Football Guardiola s'en va, l'Espagne s'embrase

L’entraîneur du Barça tentera ce soir, en finale de la Coupe du Roi, de décrocher un 14e et dernier titre à la tête du club catalan. Le tout sur fond de tensions indépendantistes.

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Ses adieux auront valeur de fin de cycle. Comme pour boucler définitivement la boucle. Le 14 mai 2009, Pep Guardiola remportait son premier titre à la tête du Barça. Une Coupe du Roi acquise de haute lutte face à un certain Athletic Bilbao.

Hasard du sport ou force du destin, ce soir le Barça retrouve les Basques en finale de la même compétition pour un remake en forme de point final pour le coach catalan.

Vilanova pour Guardiola

Après quatre années au succès comptable sans commune mesure - 13 trophées, dont deux Ligues des champions – Pep Guardiola a décidé de tirer sa révérence. «Lassé» par le brouhaha médiatique, «vidé» de toute son énergie. La pression des «clasico» à répétition (15 sous son ère!) n’y est sans doute pas étrangère. C’est donc un 14e et dernier titre qui est dans le collimateur de Pep, avant de passer le flambeau à son adjoint de toujours, Tito Vilanova, garant s’il en est d’une continuité sans faille et de la pérennité des valeurs du club.

L’histoire avait tout pour être belle, avant d’être rattrapé par son homonyme à majuscule. Traditionnellement, et comme son nom l’indique, la Coupe du Roi a une saveur particulière dans une Espagne marquée par les velléités indépendantistes de ses régions périphériques. Entre Catalans et Basques, il s’agira surtout d’établir le nom de celui qui aura l’honneur d’adresser un pied de nez à Juan Carlos et son souverainisme.

A Madrid, qui hébergera la finale, les autorités ne l’entendent pas de cette oreille. La présidente de la Région de Madrid, Esperanza Aguirre, a exigé en début de semaine que le match se joue à huis clos. Sa grande crainte si son souhait n’était pas exaucé: que l’hymne national espagnol, dans l’enceinte de Vicente Calderón, soit souillé par les sifflets des indépendantistes. «Les outrages au drapeau ou à l’hymne national sont des délits inscrits au Code pénal, a-t-elle martelé. On ne peut pas les tolérer et, à mon avis, le match devrait être reporté et joué à huis clos ailleurs.»

De quoi revigorer les braises des velléités indépendantistes basques et catalanes, toujours vivaces. Alors que le président du Barça, loin d’apaiser le foyer, invitait ses socios à «exprimer librement leur sentiment», une manifestation d’associations d’extrême droite est prévue quelques heures avant le match sous le slogan «contre le séparatisme, un drapeau».

Les tensions comme motivation?

La société espagnole ne se débarrassera pas de sitôt de ses vieux démons. Et le football, qui les exacerbe au prétexte de la plus tangible des souverainetés, non plus. Corollaire: les rivalités sportives ibériques, après avoir épuisé un Pep Guardiola au flegme pourtant reconnu, ont encore de beaux jours devant elles. (Le Matin)

Créé: 25.05.2012, 11h54

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