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Football Gullit veut «payer» la VAR avec un changement

Ruud Gullit y va de sa petite idée sur la VAR: placer son recours entre les mains des entraîneurs qui y joueraient leurs changements.

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Ruud Gullit était un milieu de terrain créatif. Devenu consultant, il n’a rien perdu de sa force de proposition. Mercredi soir sur le plateau de BeIn consacré aux huitièmes de finale de la Ligue des champions, le Néerlandais a ainsi sorti une inspiration de son chapeau. «Pourquoi ne pas donner au coach la responsabilité de «challenger» l’arbitre (via la VAR). Si les images prouvent qu’il avait raison, il conserve son droit au challenge. Par contre s’il a tort, le coach perdrait l’un de ses trois changements.»

Clairement inspirée des règles en vigueur dans le tennis, la proposition de Ruud Gullit a au moins le mérite de replacer le choix de «l’appel à la VAR» entre les mains d’un des acteurs (et non dans celle d’un officiel hors réalité du terrain). Mais elle pose néanmoins quelques questions. 1. Un entraîneur aurait-il le droit à la VAR après ses trois changements? Si oui, quelle «punition» lui serait réservée en cas d’échec? Et puis tout simplement, la notion de remplacement doit-elle être couplée à des décisions d’arbitrage?

Concrètement, on peut se demander si Solskjaer aurait demandé le challenge pour la main de Kimpembe. Et on ne doute pas que Diego Simeone l’aurait fait pour le bloc de Gorgio Chiellini à la 93e minute mardi. Dans les deux cas, leur décision – stratégique – aurait renvoyé l’arbitre devant un écran pour juger une «réalité découpée» qui ne leur avait pas semblé suspecte à vitesse réelle. Souhaitons-nous que des matches de Ligue des champions se décident ainsi, par des décisions «hors sol» prises à quelques secondes du terme d’un match? Seraient-elles plus légitimes si elles découlaient d'une requête d’un des deux coaches? Comme toujours avec la VAR, ces questions "philosophiques" ne manqueront pas de diviser l'opinion.

Dans le podacst «C’téquipe» (débat sur la VAR à partir de 28 min. 05), Tim Guillemin s’insurgeait lundi contre la notion de challenge dans des termes enflammés. «Halte, halte! Le tennis, c’est noir ou blanc, in ou out. Il n’y a pas d’interprétation, il n’y a rien d’autre. Là, on parle d’émotions, de jeu, de millions de personnes qui regardent. On parle d’un but marqué ou pas; cela n’a rien à voir avec une balle bonne ou mauvaise.» Une différence rédhibitoire pour envisager l’introduction du «challenge» dans le football? On n’a peut-être pas fini d’en débattre. (nxp)

Créé: 14.03.2019, 20h08

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