Lundi 15 juillet 2019 | Dernière mise à jour 23:42

Football L’Italie a mal à ses certitudes

A 18 h, face aux champions du monde espagnols, Cesare Prandelli éprouvera un nouveau système de jeu.

Antonio Cassano et Cesare Prandelli sont en quête de confiance.

Antonio Cassano et Cesare Prandelli sont en quête de confiance. Image: AFP

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Le Calcioscommesse n’a pas suffi aux malheurs de nos voisins du Sud. Même notre mère à tous, dans toute sa fureur tremblante, s’en est mêlée. Un match amical en moins – celui qui, face au Luxembourg, devait insuffler de la confiance – et une déroute face à la Russie (0-3 le 1er juin à Zurich) auront fini de précipiter la Squadra Azzurra dans l’abysse du doute.

A vrai dire, les certitudes de Cesare Prandelli sont sur la sellette depuis quelque temps déjà. L’Italie reste sur sept longs mois sans humer le doux fumet de la victoire (soit depuis le 11 novembre dernier face à la Pologne), et surtout sur trois défaites de rang. Bien assez pour balayer les belles promesses de la campagne qualificative (8 victoires pour 2 matches nuls en 10 rencontres, 20 buts marqués contre seulement 2 encaissés).

«On a tous été surpris par notre fragilité en défense, reconnaissait Prandelli au lendemain de la claque du Letzigrund. Je suis obligé de revoir quelque chose. Il faut retrouver un peu de confiance.» Comprenez: avant de songer à faire le spectacle devant, il faut avant tout assurer la stabilité défensive, seule garante de la confiance d’un groupe en manque de repères.

Fini donc le 4-3-2-1 éprouvé avec succès durant la période de qualification, bonjour le 3-5-2 inspiré de la triomphante Juventus. Deux ans que les Italiens s’appuyaient sur un système, pour finalement en changer à dix jours du début du tournoi. Aussi improbable qu’audacieuse de prime abord, cette volte-face est paradoxalement justifiée par une volonté de stabilité.

Ce sont donc Bonucci et Chiellini qui entoureront vraisemblablement De Rossi, reconverti en patron de l’axe, dans une défense à trois inédite. Qui dit défense à trois, devrait en fait dire défense à cinq, car des cinq milieux de terrain du schéma, deux se voueront à corps perdu à la besogne défensive, essentiellement sur les flancs.

Les joueurs, habitués pour la plupart à ce système en club, minimisent volontiers l’impact de la mutation tactique. Giorgio Chiellini, impeccable avec la Juve, le premier: «Au final, le système de jeu importe peu. Ce qui compte, c’est l’intensité, c’est de faire des efforts pour les autres. Sans cette base-là, n’importe quel système va échouer.»

Unité, volonté, abnégation, voilà les valeurs qui feront triompher l’Italie de Prandelli. C’est dans la tourmente qu’elle est la plus forte, car c’est dans la tourmente qu’elle se soude, comme en 1982, comme en 2006. Sur Facebook hier, le «Capitano» Gigi Buffon invoquait l’union sacrée: «Votre soutien est déterminant et ce serait un signal fort envoyé à ceux qui veulent nous diviser, vous et nous.» Une première main tendue pour déjouer le désamour du public. La deuxième est attendue cet après-midi face à l’Espagne, rien que ça, au risque de voir le «Capitano» enfiler le costume du Schettino de service.

Créé: 10.06.2012, 11h38