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Football Joueur décédé: l'entraîneur vaudois témoigne

Un défenseur centrafricain est mort après s'être énuqué. Les explications du Vaudois Raoul Savoy, de retour de Bangui.

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«Le défenseur central centrafricain champion de Bangui, Gery Yakite, est mort hier matin à l’hôpital de Bangui des suites de sa blessure lors du match contre les Anges de Fatima de vendredi dernier. Que son âme repose en paix.» Posté jeudi par la Confédération africaine de football, ce Tweet a secoué le milieu du ballon rond.

Mais que s'est-il passé? Le malheureux a-t-il été victime d'un choc, d'un malaise, d'une insuffisance cardiaque, d'une autre mésaventure fatale? Dans cette république en voie de développement peuplée par un peu moins de 5 millions d'habitants et grand comme environ 15 fois la Suisse, où l'on parle le Français et le Songo (un dialecte local), l'information est une denrée rare. Rien n'avait «filtré» sur les causes de ce drame.

Pour en savoir davantage, nous avons joint le Vaudois de Sainte-Croix Raoul Savoy, l'entraîneur de l'équipe nationale de Centrafrique et ancien coach de Neuchâtel Xamax (2011-2012).

- Raoul Savoy, étiez-vous au courant de cette terrible nouvelle?

- Bien sûr! Je viens à peine de rentrer de Bangui, où mon équipe a joué mardi soir contre la Côte d'Ivoire (ndlr: 0-0) dans le cadre des éliminatoire de la Coupe d'Afrique des Nations. J'ai donc pris connaissance de cette information sur place.

- Selon le Tweet de la Confédération africaine, le joueur serait décédé mercredi à l'Hôpital de Bangui...

- En Afrique, vous vous doutez bien que toutes les infos ne sont pas fiables, même venant d'une instance officielle. Le joueur a en fait succombé rapidement après son admission à l'hôpital.

- Que s'est-il passé, concrètement, sur le terrain?

- Gery était au contact avec un adversaire dans un duel aérien. Il est mal retombé et s'est énuqué. On peut vraiment parler de fatalité.

- Rentrait-il dans vos plans pour une éventuelle sélection en équipe nationale?

- Franchement, non. Je n'avais pas spécialement de vue sur lui. Mais mon assistant m'a signalé qu'il avait effectué une ou deux «capes» chez les jeunes.

- Sur place, avez-vous ressenti beaucoup d'émotion?

- Pas plus que tant. Une minute de silence a été observée - et respectée - avant notre match contre la Côte d'Ivoire; mes joueurs ont porté un brassard noir, mais ça s'est arrêté là.

- Ah bon?

- Vous savez, la vie est dure en République centrafricaine. Il y a beaucoup de misère et de souffrances. Les gens ont un autre rapport avec la mort que nous autres Européens. Lundi matin, par exemple, en discutant avec le chauffeur de notre car, il m'a annoncé que son fils était mort poignardé durant la nuit! Il a travaillé «normalement» et m'a juste demandé un peu d'argent pour honorer sa mémoire.

Créé: 18.10.2018, 20h34

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