Lundi 22 juillet 2019 | Dernière mise à jour 23:29

Football La promotion de Servette porte la signature de Geiger

Sorti de sa retraite il y a 10 mois, le technicien valaisan a donné au club genevois un style qui plait. A Lausanne, les jours de Giorgio Contini sur le banc de la Pontaise sont peut-être comptés.

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En mars 2018, nous avions été à la rencontre d’Alain Geiger à Fribourg, où, sur les terrains proches de la patinoire de la BCF Arena, l’ancien international helvétique (112 sélections) prodiguait durant quelques heures par semaine ses conseils aux jeunes espoirs du team AFF. Déconnecté sinon du milieu du football, le «papy» valaisan, alors âgé de 57 ans, nous avait longuement raconté son bonheur de grand-papa, ravi de s’occuper de ses petits-enfants. On était alors très éloigné de ses dernières expériences africaines, principalement en Algérie, jusqu’à un dernier mandat sur le banc de l’ES Sétif en 2016…

Quatorze mois après notre rencontre fribourgeoise, le même Alain Geiger a été fêté en héros et porté en triomphe à la Praille un soir de mai 2019. L’été passé, le technicien, sentant probablement que le football le démangeait toujours, n’avait pas hésité à empoigner son téléphone pour proposer lui-même ses services à son actuel employeur…

Généreux principes

Il faut aujourd’hui le dire très fort: c’est d’abord à lui que Servette doit son retour dans l’élite, un retour, fêté devant 20'000 spectateurs, qui s’accompagne d’une prime à l’audace. Jamais le club «grenat», quel que soient les circonstances ou l’enjeu, n’a dérogé cette saison à ses généreux principes. Ou alors de manière très ponctuelle, dictée uniquement par le scénario particulier d’un match. Quand la pente à grimper deviendra glissante et que les premières difficultés se manifesteront à l’échelon supérieur, il ne faudra pas oublier tout ce que Geiger a déjà donné au club de son coeur.

Vendredi soir, alors que Lausanne avait connu sa «meilleure» (ou moins mauvaise) période, le Valaisan a effectué des changements gagnants. Et ce n’est sans doute par un hasard si le but de la sécurité, tombé 120 secondes après la réussite d’Alphonse (74e), a été l’œuvre de deux remplaçants, Follonier et Imeri s’associant pour libérer le stade de Genève.

Lausanne n'a pas tenu parole

Si Lausanne a pu faire illusion en fin de première période, la vérité impose de dire que les Vaudois se sont fait bouffer par le leader. Jamais la différence n’a paru aussi grande entre une formation qui respire la sérénité et une équipe incapable de se faire violence. Avant la «finalissima» contre Servette, les joueurs de la Pontaise s’étaient pourtant répandus en déclarations tapageuses, promettant un engagement de guerrier et une attitude de conquérant. C’était du vent, de l’esbroufe, et rien d’autres. Car en lieu et place des guerriers attendus (au niveau de la mentalité), on a vu des pleutres, des couards fuyant leurs responsabilités.

Très loin de correspondre aux ambitions de son richissime propriétaire Ineos, Lausanne a ainsi montré au bout du lac toute l’étendue de ses limites, sa fragilité également. Après leur échec à Aarau, joueurs et staff s’étaient réfugiés derrière l’excuse de la neige et de conditions de jeu hivernales ne favorisant guère leur expression collective. Les météorologues des Plaines-du-Loup avaient déjà invoqué l’offensive des flocons pour justifier leur première défaite de l’année contre Servette (0-2 le 3 avril). Résultat du retour des belles soirées? Sur un billard de la Praille propice à encourager le beau jeu, et une température des plus clémentes, Lausanne n’a strictement rien montré, ou pas assez.

On a même entendu Giorgio Contini avouer platement mais le plus sérieusement du monde que «dans la tête, on n’était pas prêt». Si l’excuse, surréaliste, est totalement irrecevable, elle traduit surtout l’incapacité d’un coach à fédérer son groupe, qui plus est dans des rencontres à enjeux.

Alors que la question du coach avait déjà été posée sur le table au mois de mars et qu’une majorité de la direction sportive avaient même entériné l'idée d’un changement, seul Jim Ratcliffe avait à l’époque sauvé la tête de son entraîneur.

En cas de victoire du FC Aarau ce samedi à Schaffhouse, faisant perdre à Lausanne sa fragile place de barragiste, on n’est cependant pas sûr du tout que Contini soit encore assis sur le banc de la Pontaise mercredi prochain pour la réception de Schaffhouse. L’homme le plus riche du Royaume-Uni est certes peut-être très patient. Mais il y a des limites à ce qu’un patron peut tolérer. Des limites dorénavant dangereusement dépassées. Tant ce que ce LS-là propose demeure beaucoup trop insuffisant, ne serait-ce qu'en regard des moyens financiers engagés.

Créé: 11.05.2019, 01h44

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