Jeudi 21 novembre 2019 | Dernière mise à jour 10:07

Football Et maintenant, Sion doit reconquérir Tourbillon

En grande souffrance à Lucerne (défaite 3-1), les Valaisans se retrouvent en ballotage défavorable. C’est désormais chez eux, à domicile, qu’un déclic doit intervenir.

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La pause n’a pas suffi à inverser la tendance, ce climat négatif entourant dorénavant le FC Sion, ce vent de scepticisme que l’équipe finit par générer elle-même à force de se fourvoyer. Les Valaisans avaient pourtant toutes les raisons de se réjouir de leur week-end lucernois, dans cette Swissporarena qui leur réussissait si bien ces derniers temps comme en témoignent leurs trois victoires obtenues aussi bien sous l’ère Jacobacci (1-0) que sous celle de Yakin (deux fois 3-1).

Mais il faut croire que les temps ont changé, et pas nécessairement en bien dans le cas qui nous occupe. Conséquence de son nouveau revers, aussi inquiétant que ceux concédés à domicile contre Saint-Gall et Lugano avant la pause internationale, Sion se retrouve dans le dur, en ballottage très défavorable (quatrième défaite consécutive), avec un siège sur le podium qui s’éloigne. Plus que les hommes, qui changent au gré des blessures, des suspensions et des choix de l’entraîneur, c’est l’absence de solutions durables qui ne manque pas d’inquiéter.

Encore un but encaissé sur corner

Emporté par une vague bleue qui devait le submerger en deuxième période, Sion a confirmé dimanche que ses soucis persistants sont plus sérieux qu’on ne l’imaginait. Ils concernent en premier lieu l’extrême apathie d’une équipe qui a accepté son sort sans esquisser le moindre signe de rébellion. Dès le retour des vestiaires, Lucerne a joué sur du velours, sans réelle opposition, Sion, qui avait pu faire illusion jusque-là grâce à Doumbia (19e, 0-1), se contentant d’un rôle de sparring-partner complaisant. Quand tout flanche, et que le château de cartes s’écroule, ce n’est plus une question d’individualités mais d’état d’esprit défaillant.

Après avoir chaque fois, tant à Berne que face à Lugano, vu son équipe encaisser un but sur balle arrêtée (corner), Stéphane Henchoz avait profité de la pause pour revoir quelques fondamentaux afin de pouvoir, pensait-il, assurer ses arrières. Résultat de cette révision: Sion a encaissé le 2-1 sur… un nouveau corner, faisant preuve en la circonstance d’une naïveté confondante. Alors de deux choses l’une : soit le message de son entraîneur ne passe déjà plus (ce dont l’on se permet de douter), soit il n’est pas écouté par ceux auquel il s’adresse – le fait de déplorer plusieurs absences ne changeant rien au problème (après tout, ceux qui ont été aligné à Lucerne appartiennent à son contingent).

Y a-t-il tromperie sur la marchandise?

Le point à éclaircir tient davantage au manque de rendu. Se serait-on à ce point trompé sur le FC Sion lorsqu’il est fait état de sa capacité, avérée ou non, de réagir face à l’adversité? Y a-t-il tromperie sur la marchandise livrée? On a longtemps mis en avant, ou voulu croire, que cette équipe, au-delà des éléments qui la composent, possédait un semblant de caractère, valaisan tant qu’à faire. Se pourrait-il qu’elle n’en ait pas, ou pas assez? Que ses joueurs, à commencer par ses présumés leaders, se complaisent dans un confort où le sens du sacrifice n’est pas la vertu première? Quand il enchaînait des succès parfois heureux, Sion ne volait bien sûr rien mais il avait chaque fois bénéficié de circonstances tournant alors en sa faveur, à commencer par une baraka qui l’a abandonné.

Alors que le doute profite encore à l’accusé, le voici confronté à la plus périlleuse des missions : retrouver ce qu’il a été face un Servette aussi péclotant que lui, dans un décor – celui de Tourbillon – où il peine à s’y faire respecter (avec plus d’échecs que de victoires). Le problème ne date certes pas de cette saison mais il s’est intensifié depuis le coup d’envoi du présent championnat. Il y a comme un syndrome pour une formation qui ne parvient plus à profiter de l’apport d’un public ne demandant pourtant qu’à s’enflammer. Tant Tourbillon exhale la passion d’un peuple s’identifiant encore à son équipe et à laquelle il est prêt à tout pardonner tant que l’envie se manifeste. Sion devrait s’y sentir à l’aise, en sécurité, comme protégé. Or c’est désormais tout l’inverse qui se produit, avec des joueurs tétanisés par la peur d’évoluer à domicile.

Aujourd’hui, les données sont donc claires : en Super League, Sion a neuf adversaires qu’il connait par cœur et un dixième, peut-être plus sournois, ce public, ce stade, ces supporters qu’il lui faut urgemment reconquérir. Que cela soit contre son meilleur ennemi ne fait que pimenter la saveur de leurs retrouvailles de samedi soir.

Nicolas Jacquier, Lucerne

Créé: 21.10.2019, 08h05

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