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Football «Ce n’est pas le moment de se tirer dans les pattes»

S’enfonçant dans la sinistrose, Servette n’a pas trouvé la solution pour surprendre Saint-Gall. Le visiteur a été trahi par sa défense. Et comme il ne sait pas marquer…

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S'affranchir de ses trop criardes limites pour espérer renaître dans l’adversité, quitter la pesanteur du quotidien qui paralyse les consciences pour signer un nouveau départ: dans un élan déraisonnable qui ne gagna jamais les rangs de visiteurs ne parvenant pas à exploiter les quelques ballons de bons contres qu’ils se ménagèrent, on pensait naïvement que Servette profiterait de l’introspection que constitue un long voyage à travers le pays et soi-même pour ébranler la hiérarchie et transformer l’AFG Arena en cour des miracles. On imaginait que ses joueurs sauraient trouver des forces intérieures insoupçonnées pour aller au-delà d’eux-mêmes afin de briser l’infernale malédiction…

1er tour sans victoire

On aurait aimé voir tout ça, mais on en oubliait l’essentiel, le fait que Servette ne peut montrer aujourd’hui ni beaucoup plus ni un peu moins – le fond ayant déjà été touché à Cham – que ce qu’il est: une formation exsangue, sportivement à l’agonie, rongée par le doute, souffrant d’un manque absolu de poids offensif.

Dans l’enchaînement logique des précédents épisodes, le club «grenat» n’a dès lors pas échappé à son funeste destin, bouclant son premier tour sans victoire – la dernière remontant au 20 mai, contre Bâle, lors de l’exercice passé.

Les hommes défilent, les problèmes subsistent, sans solution apparente. Comme si le même mauvais film tournait en boucle. «Ça fait plus d’un mois que l’on se répète la même chose, ça devient lourd, constate Jérôme Schneider. Le problème, ce n’est pas la barre ni les autres, c’est nous. Il faut savoir si l’on veut donner plus et accepter de se faire davantage mal.»

Un attaquant nommé Pasche

Certes, aucun joueur n’a triché hier, mais personne n’a secoué non plus un groupe incapable d’évacuer les soucis qui le minent. Dans la chaleur d’une après-midi «verte», la thérapie collective et de repli défensif prônée par Sébastien Fournier – Pizzinat se glissant dans le rôle d’un libero du milieu – s’est arrêtée après une poignée de secondes, lorsque Moubandje devait fêter son retour en exploitant de la pire des façons un premier dégagement raté de Kusunga, double symbole du désarroi qui ne lâche pas les semelles genevoises. On vivait la 7e minute et le plan de jeu «grenat» explosait déjà.

Quand on perd en Coupe face à des amateurs zougois, s’incliner face au leader n’est pas honteux. Mais on n’a pas le droit de gaspiller ce qui n’était alors que des occasions en devenir, ce qui fut le cas quand Lang et Tréand, au terme de spectaculaires envolées, manquèrent chaque fois de discernement au moment du dernier geste.

Lâché par Eudis, cuit physiquement – parmi tous les maux qui l’accablent, le Servettien souffre d’un réel problème de condition –, Fournier en fut quitte pour lancer Pasche en étrange position d’attaquant de pointe, parfois secondé par Tréand. Résultant d’une grossière erreur de placement révélatrice des manquements d’une équipe qui ne parvient plus à assurer ses fondamentaux (aucun repositionnement), le 2-0 tua les minces espoirs de créer l’impossible surprise.

«Servette s’est battu avec les moyens qui sont les siens aujourd’hui, dira Fournier, perdant 17 points et quelques désillusions en revenant au bout du lac. On n’a pas volé en éclats mais on n’a pas su se montrer dangereux.» De fait, le tranquille Lopar n’a eu aucun arrêt à effectuer.

Aucun but dans le jeu!

Dans le vestiaire, la sinistrose l’emporte: «Psychologiquement, c’est difficile, admet Pasche. Mais ce n’est pas le moment de se tirer dans les pattes.»

Mercredi, dans le derby lémanique, Servette devra marquer s’il entend faire triompher son orgueil blessé. Mais comment? Les trois buts qu’il a inscrits cette saison sont le fruit d’un autogoal (Katz contre LS), d’un penalty (Karanovic contre YB) et d’un somptueux cadeau (Eudis contre Zurich). Le sauvetage, si sauvetage il peut y avoir, passera par des actions, une détermination collective, l’affirmation d’une volonté commune d’échapper au sort qui fait du SFC un candidat désigné à la culbute. Est-ce trop demander?

Créé: 24.09.2012, 09h39

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