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Football On est allé au Mondial féminin et on a adoré

Un stade plein et coloré, des fans bruyants et du beau jeu tourné vers l’avant: Brésil-Jamaïque a été un match splendide.

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On avait envie de voir du football, il y a dix jours, alors on a cherché sur Internet un billet pour le match du Mondial féminin entre le Brésil et la Jamaïque, disputé dimanche à 15h30 au stade des Alpes (Grenoble). Première bonne surprise: il restait des places. Deuxième élément de satisfaction: on a payé seulement 37 euros pour s’asseoir en catégorie 1, au centre de la tribune principale.

Il était écrit que ce dimanche allait être une belle journée et cela s’est confirmé dès notre arrivée au stade. Pour les matches des garçons, le quartier est généralement bouclé, la circulation perturbée et les restaurants pris d’assaut. Mais rien de cela dimanche midi à Grenoble. Tout est parfaitement calme, même à la brasserie «le 7» et même pile à l’heure du déjeuner. On se retrouve seul dans cet établissement spécialement ouvert pour le match et situé à quelques foulées du stade des Alpes. «C’est tranquille pour une journée de Coupe du monde», lance la gérante en prenant notre commande, avant de nous servir un pavé de saumon fort goûteux.

Plus de tickets aux caisses

A l’heure du café, les spectateurs arrivent progressivement aux abords de l’enceinte. Il vaut mieux pour eux qu’ils aient un ticket. Il n’en reste plus aucun aux caisses, au grand regret de Mario, arnaqué par un revendeur peu scrupuleux sur Ebay. «Je lui ai acheté deux billets. Mais à l’entrée du stade, on m’a dit que les entrées avaient été annulées. Du coup je me retrouve sans rien», peste ce Brésilien, qui oublie de dire qu’il a quand même une chope de bière entre les mains. Un peu plus loin, un autre supporter à la recherche d’un précieux sésame nous aborde sans succès.

Qui aurait dit, il y a quelques années encore, qu’un match de football féminin entre le Brésil et la Jamaïque ferait le plein de spectateurs dans une enceinte de 18'000 sièges? «C’est exceptionnel», reconnaît Jacqueline. Cette élégante dame de 67 ans est venue avec son fils Benoît. Parce qu’elle aime le football, mais uniquement lorsqu’il est joué par des filles. «Les garçons sont des pleurnicheurs. Allez-y, vous pouvez l’écrire!» Jacqueline estime que la grande différence entre les deux sexes tient dans leur relation avec leurs supporters. «Les filles sont plus proches de leurs fans. Elles viennent facilement à leur rencontre, serrent des mains et font des photos.» Benoît le prouve par l’exemple: il nous montre une image sur laquelle on le reconnaît en compagnie de la Ballon d’Or Ada Hegerberg et de la Ligue des champions remportée cette saison par Lyon. «J’ai vu les joueuses après leur sacre. C’était la meilleure soirée de ma vie», s’exclame-t-il avant de rejoindre sa place.

Les quatre tribunes sont habillées de jaune et de vert, les couleurs des deux équipes. Il y a des drapeaux dans toutes les mains, des mouvements de joie dans chaque secteur. Les gens chantent et applaudissent. Il y a beaucoup d’enfants, aussi. Surtout, il y a très peu de membres de «la grande famille de la FIFA», généralement invités pour les grandes occasions footballistiques. Le stade des Alpes est plein de supporters et c’est très beau à voir.

Quel bruit!

Le bonheur est partagé par les joueuses. Peu avant le coup de sifflet initial, les Jamaïcaines forment un cercle. Toutes sourient. Aucune n’arbore le masque des sportives et sportifs qui se prennent au sérieux, mâchoire serrée, mine grave et regard fixé vers le lointain. Les Reggae Girlz sont heureuses de participer à leur première Coupe du monde et le montrent sans calcul. C’est un moment de communion que madame l’arbitre est obligée d’interrompre pour que la partie débute à l’heure. A cet instant, le stade est si bruyant que les Brésiliennes n’entendent même pas le coup de sifflet de Mme Riem Hussein, pourtant à quelques mètres d’elles.

Les Brésiliennes sont meilleures dans le jeu, et prennent logiquement l’avantage au quart d’heure sur un beau coup de tête de Cristiane. La Sud-Américaine laissera d’ailleurs son empreinte sur la pelouse puisqu’elle marquera encore deux fois (3-0 score final). L’autre grande dame de cet après-midi sera à chercher dans le camp jamaïcain. La gardienne Sydney Schneider, pensionnaire de l’université de North Carolina, a brillé. Elle a multiplié les parades et même arrêté un penalty. Son homologue dans le but auriverde a aussi pu démontrer ses qualités, parce qu’il y a eu de nombreuses occasions de part et d’autre, le football féminin étant moins calculateur et plus offensif que celui pratiqué par les garçons.

Il n’aura finalement manqué qu’un but (mérité) des Jamaïcaines pour que la fête soit complète à Grenoble mais il viendra peut-être plus tard. Schneider et ses coéquipières se produiront encore dans les Alpes, le mardi 18 juin contre l’Australie. Vous ne pourrez pas dire que personne ne vous a prévenus.

Créé: 10.06.2019, 10h09


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