Dimanche 22 septembre 2019 | Dernière mise à jour 10:00

Football Oui, cette équipe a progressé

La Suisse a perdu à Porto mercredi, mais elle a été à la hauteur du Portugal. Bien plus qu’en octobre 2017 à Lisbonne.

Xherdan Shaqiri (à droite) et la Nati ont fait jeu égal avec Cristiano Ronaldo et les siens durant une bonne partie du match.

Xherdan Shaqiri (à droite) et la Nati ont fait jeu égal avec Cristiano Ronaldo et les siens durant une bonne partie du match.

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Il serait tentant, mais sans doute faux, d’écrire que l’histoire est toujours la même. Le staff de l'équipe de Suisse dit qu’elle a progressé, on est prié de le croire et à la fin la Nati perd un match à élimination directe en raison de circonstances diverses et variées. L’excuse est d’ailleurs toute trouvée cette fois: un Cristiano Ronaldo en feu. Mais il faut aller plus loin dans l’analyse, sans doute, et reconnaître que cette équipe de Suisse progresse pas à pas, match après match, avec des coups d’arrêt spectaculaires quand même. Une année après, on n’arrive d’ailleurs toujours pas à comprendre comment cette sélection a pu passer complètement à côté de son huitième de finale face à la Suède à Saint-Pétersbourg. Ce match-là aurait pu anéantir des années de travail. Mais le grand mérite de la sélection de Vladimir Petkovic est d’avoir survécu à la crise, extra-sportive surtout, qui a suivi la Coupe du monde, et le «Mister» doit être salué pour sa gestion de l’après-tournoi.

Il a su tourner la page des anciens avec subtilité et fermeté et on a souvent écrit ici que la sortie ratée de Valon Behrami doit sans doute plus à la susceptibilité du Tessinois qu’à un manque de communication du sélectionneur, même si les avis contraires existent à ce sujet et qu’ils sont évidemment respectables. Pour le reste, Gelson Fernandes, Stephan Lichtsteiner, Blerim Dzemaili et Johan Djourou ont tous compris le message et l’ont bien accepté. Le renouveau est là et cette équipe est plaisante à voir jouer, même si elle n’est pas parfaite et que le manque d’expérience s’est fait ressentir dans cet incroyable 3-3 face au Danemark en mars. Avec des grognards sur la pelouse ce soir-là, jamais l’équipe de Suisse ne se serait faite remonter de trois buts en dix minutes. Mais avec eux, pas sûr qu’elle aurait réussi à mener de trois buts non plus…

Sommer aurait pu mieux faire

Oui, cette équipe a progressé et la manière dont elle a tenu tête au Portugal ce mercredi soir en dit long sur la qualité de son jeu. Les Lusitaniens alignaient leur équipe-type, avec de sacrés joueurs de ballon, dans un stade à l’ambiance impressionnante, mais la Suisse a été largement à la hauteur, y compris dans la circulation du ballon et la percussion. Comme souvent, il a manqué l’efficacité, mais les actions de but étaient là. La Suisse, disons-le, a livré un tout bon match dans ce magnifique stade du Dragon, ne faisant de loin pas que défendre, mais prenant le jeu à son compte et faisant souvent reculer le Portugal loin dans son camp. Loin, très loin, de la prestation si terne d’octobre 2017 à Lisbonne.

La Suisse a pourtant perdu, à cause de Cristiano Ronaldo, beaucoup, et de Yann Sommer, un peu. Le gardien de l’équipe de Suisse aurait pu mieux faire sur les deux premiers buts et Vladimir Petkovic doit se demander s’il a eu raison de suivre Patrick Foletti, son entraîneur des gardiens, depuis toutes ces années. Le gardien du Borussia Mönchengladbach est-il meilleur que celui du Borussia Dortmund? Au pied, oui, sans doute, même s’il ne l’a pas montré ce mercredi. Mais pour le reste? Roman Bürki ayant déclaré en décembre dernier qu’il ne reviendrait pas pour être sur le banc, Yann Sommer n’a de facto plus de concurrent tant qu’Yvom Mvogo ne sera pas titulaire en club et on n’est pas certain que ce soit une bonne nouvelle pour l’équipe de Suisse. Même s’il a réussi une bonne Coupe du monde, Yann Sommer n’est de loin plus un point fort de la Nati depuis le retour de Russie.

Comme un accident

Et maintenant alors, que faire dimanche face aux Pays-Bas ou à l’Angleterre? Surtout, ne pas solder, même s’il s’agira du dernier match avant les vacances. Vladimir Petkovic doit trouver les mots pour garder son groupe sous pression jusqu’à dimanche en fin d’après-midi, car terminer quatrième sans combattre renverrait une mauvaise image et indiquerait à l’Europe du football que la Suisse est à sa place naturelle dans ce «final four», c’est-à-dire la dernière. Ce n’est pas exactement l’idée d’une progression et ce n’est surtout pas l’image que l’équipe de Suisse de Vladimir Petkovic veut transmettre. Finir la saison sur une victoire de prestige face aux Néerlandais ou aux Anglais permettrait de tirer un bilan nettement positif de cette première campagne de Ligue des Nations. Sinon, le 5-2 face à la Belgique resterait comme un exploit isolé. Et presque comme un accident, pour les détracteurs.

La seule concession sportive que l’on demandera au «Mister» sera de faire entrer Noah Okafor, ne serait-ce qu’une minute, afin de le verrouiller définitivement avec l’équipe de Suisse. Ce joueur a du talent et du potentiel et il ne faut pas manquer une occasion de l’attacher définitivement et réglementairement avec la Suisse, lui qui peut encore choisir le Nigéria. Ce n’est pas tout à fait un détail dans le monde du football d’aujourd’hui et Florent Hadergjonaj, sélectionné à plusieurs reprises par Vladimir Petkovic sans entrer en jeu en match officiel, a désormais choisi le Kosovo, par exemple. La défection du latéral ne changera pas la face de l’équipe de Suisse, d’accord, et il est permis de penser qu’il n’est pas moral d’attacher ainsi un joueur à un pays, sans aucune possibilité de changer à l'avenir, mais ce n’est pas Vladimir Petkovic qui fait les lois. Son boulot est de sélectionner les meilleurs et de faire en sorte qu’ils jouent pour la Suisse aujourd’hui et demain. Et vu que le «Mister» a été obligé de faire entrer Renato Steffen ce mercredi, on se dit, par exemple, qu’un joueur comme Benjamin Kololli aurait pu être utile s’il avait été «verrouillé» en temps et en heure. Par exemple. Et tant pis si Noah Okafor se révèle être un "flop" dans les années à venir et ne pourra plus jouer pour le Nigéria: ce n'est pas le problème de Vladimir Petkovic, qui doit, à notre avis, ne pas manquer une occasion de le verrouiller sportivement.

Créé: 06.06.2019, 08h21

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