Dimanche 5 juillet 2020 | Dernière mise à jour 23:56

Football Peter Zeidler: «Je n’imagine pas le football à huis clos»

Moins d’une semaine avant un vote décisif, le coach du FC Saint-Gall explique pourquoi il est opposé à la reprise du championnat. Il y détaille aussi son aversion pour les matches sans public.

Peter Zeidler, ici au milieu de ses joueurs. «Qu’on fasse du foot en famille, dans son jardin, oui; mais je ne pense pas que les pros doivent rejouer avant septembre».

Peter Zeidler, ici au milieu de ses joueurs. «Qu’on fasse du foot en famille, dans son jardin, oui; mais je ne pense pas que les pros doivent rejouer avant septembre». Image: Keystone

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Il faudra patienter jusqu’à vendredi prochain pour savoir si les championnats de Super et de Challenge League, à l’arrêt depuis le 23 février, reprendront. Ce 29 mai, les 20 clubs de Swiss Football League, réunis au stade de Suisse, à Berne, se prononceront sur la reprise ou l’arrêt définitif de la saison.

Comme on peut l’imaginer, les partisans d’une poursuite de la compétition à huis clos et les opposants sont divisés sur ce sujet hautement sensible. Actuel leader de Super League, le FC Saint-Gall ne s’est pas encore officiellement déterminé. Même s’ils ne le crient pas sur les toits, ses dirigeants ne sont pas très chauds à l’idée de devoir jouer sans public.

Pas une bonne idée

Peter Zeidler (57 ans), lui, a un avis encore plus tranché, qu’il a expliqué dans le long entretien qu’il a accordé à l’Est Républicain dans son édition de samedi. L’ancien coach du FC Sochaux (saison 2017-2018) y détaille ses réticences, notamment la multiplication de matches entre le 20 juin (date de l’éventuelle reprise en Suisse) et le 12 août (fin supposée du championnat). «Je ne pense pas que ce soit une bonne idée de reprendre la compétition et que les joueurs disputent 13 matches en sept semaines, alors qu’ils n’ont pas joué au foot pendant plus de deux mois et qu’ils viennent de reprendre l’entraînement.» Voilà qui a le mérite de la clarté. L'homme ne changera d'ailleurs jamais, possédant cette rare faculté de déclamer haut et fort ce que certains pensent peut-être tout bas.

Et l’actuel entraîneur à succès du Kybunpark d’expliquer par exemple son aversion pour les matches à huis clos: «Je n’imagine pas le football à huis clos, tout simplement. Qu’on fasse du foot en famille, dans son jardin, oui; mais je ne pense pas que les pros doivent rejouer avant septembre. Et encore, on imagine que ce sera peut-être à huis clos. Ceci étant, j’accepterai la décision, quelle qu’elle soit. Et si on doit reprendre, alors je tâcherai de trouver les arguments pour que mes joueurs affichent une grande détermination.»

En accord avec lui-même, Peter Zeidler n’a que peu goûté aux images en provenance d’Allemagne, suite à la reprise en Bundesliga. «Lorsque Sylvain Kastendeuch (ndlr: ancien international français, actuel coprésident du syndicat des joueurs professionnels), dans une interview, parle d’incohérence et d’absurdité en évoquant la reprise en Allemagne, je suis d’accord avec lui. Entre les scènes sur le terrain ou sur le banc, les tribunes vides, les masques et la volonté d’afficher toutes les précautions sanitaires, il y a une certaine hypocrisie.»

«On a peu de chances, mais on a une chance»

Dans la lutte pour le titre l’opposant à YB, Bâle et peut-être Servette, Saint-Gall pourrait-il aller au bout de son rêve, devenir champion vingt ans après son sacre de l’an 2000 si le championnat devait reprendre? «On a peu de chances, mais on a une chance, répond son entraîneur. Je dis ça parce que je ne sais pas si nous pourrons reprendre sur la même dynamique au moment de l’arrêt des compétitions (…) Nous n’avons pas les mêmes moyens que les deux autres grosses écuries. Bâle et Young Boys ont plusieurs joueurs qui touchent plus de 100’000 francs suisses par mois alors que chez nous, nous avons une majorité de joueurs à moins de 10’000 francs. C’est l’enthousiasme de nos jeunes joueurs, l’entente du staff administratif sur la politique du club, notre public, l’importance du foot dans cette partie de la Suisse et... peut-être le coach (large éclat de rires) qui font la différence.»

Voilà qui est dit. Et surtout assumé...

Créé: 24.05.2020, 11h01

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