Samedi 30 mai 2020 | Dernière mise à jour 10:01

Nos retrouvailles Philippe Salvi a grandi en même temps que Xamax

Ancien directeur de Xamax puis du Servette, Philippe Salvi a changé d’orientation. Mais il n’a rien oublié de ce que le football lui a apporté.

Philippe Salvi en compagnie du légendaire président Gilbert Facchinetti.

Philippe Salvi en compagnie du légendaire président Gilbert Facchinetti.

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La vie du football, c’est d’abord des joueurs. Mais c’est aussi, dans chaque club, des dirigeants, des directeurs qui, chacun à sa façon, animent ce qui fait vivre le cœur des supporters. Tous habités par la passion du jeu, certains ont aujourd’hui disparu de la scène médiatique en Suisse romande. C’est notamment le cas de Philippe Salvi (56 ans), qui fut longtemps le distingué directeur général de NE Xamax en même temps que l’un de ses ambassadeurs les plus fidèles.

«J'ai connu les maillots sans pub»

Très proche du regretté Gilbert Facchinetti - «il a été mon guide» -, il a également été le témoin de l’évolution du football dans notre pays, que ce soit sur le terrain ou au niveau de son organisation, en coulisses. Ce fut principalement le cas lorsque les clubs suisses, considérés comme de simples associations jusque-là, commencèrent à se structurer en société anonyme.

«J’ai grandi en même temps que Xamax grandissait, convient Salvi, ci-dessus à ses débuts. Je suis tombé très tôt dans la marmite. Gilbert m’a pris sous son aile. Au début, Xamax ne disposait pas d’un secrétariat distinct. Tout se passait à l’entreprise. J’ai connu les maillots sans pub. En Coupe d’Europe, Tag Heuer a été le premier sponsor à apposer son nom sur nos maillots à l’occasion d’un déplacement à Madrid pour y rencontrer le Real. Avec le recul, je peux dire que le football m’a lui-même construit. Outre l’envie de gagner, j’y ai appris à trouver des solutions et un certain sens de la diplomatie.»

Le meilleur durant des années et le pire en 10 jours

À Neuchâtel, notre interlocuteur a connu le meilleur des années durant, fêté deux titres de champion de Suisse (1987 et 1988), vécu les différentes épopées européennes des «rouge et noir».

Avant de découvrir, plus fugacement, le pire, lors de l’arrivée de Bulat Chagaev en mai 2011, lorsque celui-ci avait repris les actions de Sylvio Bernasconi. «Si je suis resté et n’ai pas tout planté à ce moment-là, c’est vis-à-vis de l’institution que représente Xamax. Avec Chagaev, j’ai tenu dix jours. Le onzième, je rendais déjà mes clés. J’étais au club depuis 30 ans.»

Dans l’ancienne Maladière comme dans la nouvelle, dont il a accompagné le projet avant de suivre sa construction jusqu’à son inauguration en 2007, Philippe Salvi a notamment su imposer sa parfaite connaissance des rouages administratifs du football helvétique. «Au fil du temps, les clubs sont devenus de vraies entreprises. On a progressivement vu naître une constellation de nouveaux secteurs qui n’existaient pas avant. Songez qu’à mes débuts dans ce milieu, ce qui tenait lieu de demande de licence se résumait à une simple feuille A4, signée par le président, dans laquelle figurait le budget et la trace d’une garantie bancaire. Aujourd’hui, cette même demande de licence remplit trois classeurs fédéraux!»

Après la déconfiture Chagaev et la chute de la maison xamaxienne, Salvi allait rebondir au Servette FC, suite à un appel du pied de Michel Pont. «À l’époque, se souvient-il, personne n’était capable de monter le dossier concernant la demande de licence. Servette (ndlr : qui venait d’être repris par Hugh Quennec) se retrouvait alors dans l’urgence. On m’a demandé de venir dépanner. Et j’y suis resté trois ans…»

Il gère un fond immobilier

Licencié en août 2015 suite à la relégation administrative du club «grenat» en 1re ligue, Philippe Salvi a depuis réorienté sa carrière professionnelle. L’habitant de Salavaux (VD) a quitté le monde du football pour plonger, en tant que gestionnaire, dans celui de l’immobilier au sein de la Banque Bonhôte, laquelle compte un milliard de francs d’actifs au sein de son fond immobilier (une centaine d’immeubles). «Lorsque j’ai eu l’occasion d’effectuer un bilan de compétences, le milieu de l’immobilier revenait souvent. Pour avoir eu des entrepreneurs comme présidents, je baignais déjà dans ce monde-là…»

Ancien libéro de… Xamax (jusqu’en espoir), Salvi continue de suivre ses trois clubs de cœur - Xamax et Servette en Suisse, la Juventus en Italie en raison de ses origines – et n’a toujours pas renoncé à son plaisir du début de semaine, l’achat, chaque lundi, de la Gazzetta, la précieuse bible rose du calcio.

Il nous quitte avec une question que des milliers de fans se posent eux également. «Vous pensez que l’on va pouvoir rejouer quand? Avec cette pandémie, j’ai peur que plusieurs clubs partent en vrille…» Il n’est pas le seul à penser cela.

Nicolas Jacquier

Créé: 20.05.2020, 10h09

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