Vendredi 24 novembre 2017 | Dernière mise à jour 22:45

Football Président, ce calvaire

Une semaine après celui de Stade-Lausanne, le boss du FC La Chaux-de-Fonds a claqué la porte. Pas un hasard.

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La Promotion League en est à sa seizième journée. «Le Matin» vous propose de suivre l'actualité de la troisième division nationale, au moyen d'une toute nouvelle rubrique qui sera en ligne après chaque journée. Les joueurs en vue, les affiches, les phrases-choc: vous ne manquerez rien de ce qui concerne les six clubs romands de ce niveau, à savoir La Chaux-de-Fonds, Yverdon, Bavois, Stade-Lausanne-Ouchy, Sion M21 et le Stade Nyonnais.

Christian Grisel est fatigué

Surprise dans L'Express/L'Impartial de ce samedi! Sous la plume de l'excellent Emile Perrin, on y apprend que le président du FC La Chaux-de-Fonds a décidé de s'en aller après quatorze mois seulement passés à la tête du club neuchâtelois. On l'avoue, on connait mal Christian Grisel, mais les raisons qu'il donne ne sont guère étonnantes.

«Je ne pars pas parce que je suis fâché, je quitte mon poste car je suis usé», explique ainsi le chef d'entreprise dans le quotidien neuchâtelois. «Je n’ai plus la force de mener à bien mon travail au sein de mon entreprise et la gestion du club. J’ai toujours dit que je n’arrivais pas comme un mécène. Je vais perdre des plumes dans l’aventure mais je ne peux pas continuer, au risque de me casser la gueule, dans le football, mais aussi professionnellement, dans un secteur du bâtiment où la conjoncture est difficile», continue le désormais ancien président.

«Je n’ai rien contre le staff, le comité, ou les joueurs, dont la grande majorité se comporte correctement. Le football est finalement, le seul domaine au sein du club où cela va bien. J’ai une rancune contre le fonctionnement global du monde du football. Si les pratiques étaient les mêmes dans mon domaine professionnel, mon entreprise serait en péril. Je ne peux plus me dissiper. J’en ai pris pour mon grade et ma passion du football a reçu un sacré coup. Je suis inquiet de nature, tout cela m’a rongé et je n’ai plus la force de continuer. Je suis déçu, mais pas dégoûté», termine-t-il.

Ce qui nous amène à plusieurs pistes de réflexion, dont la première mène à Alain Joseph. Le président du LS, qui a passé la main lundi au cours d'une conférence de presse, n'a jamais lui non plus caché sa lassitude. Lui a tenu dix ans, que ce soit comme vice-président ou président, et cela mérite le respect. Finalement, le mécanisme est le même, à une échelle forcément différente.

Et il faut ici rendre hommages à ces gens qui s'engagent pour faire vivre les clubs dans un pays où le football n'est pas encouragé comme il le devrait. En Suisse, il en faut pour tout le monde et ce principe-là se défend. Pour les passionnés de football (et j'imagine que ceux qui lisent cette chronique consacrée à la Promotion League le sont), il serait évidemment préférable que les fonds publics soient consacrés majoritairement à notre sport favori, mais la vérité est que la Suisse ne fonctionne pas ainsi. En France, les Municipalités et les régions soutiennent leurs clubs de football par des subventions ou des emplois. Le foot y occupe une part importante et les présidents peuvent s'appuyer sur ces fonds-là. En Suisse, ce n'est pas le cas. Et de loin. Et la problématique est à peu près la même pour les clubs de 5e ligue que pour ceux de Super League dans ce domaine.

Il faut donc des gens qui s'engagent pour faire vivre les clubs. Le manque de reconnaissance, les coups au moral, les attaques, l'argent investi, le temps passé loin de sa famille: tout cela use. Et les présidents craquent. Donc, messieurs les joueurs, membres des clubs, juniors, la prochaine fois que vous voudrez critiquer votre président, ne vous gênez surtout pas de le faire. Ils occupent un poste à responsabilité et ils ont accepté de le faire. Ils doivent être au service de leur club et à l'écoute. Mais après avoir dit ce que vous aviez à dire, tapez-lui éventuellement sur l'épaule et dites-lui peut-être simplement: «Merci pour ce que vous faites, président.» Parce que sans son engagement, le club ne tournerait tout simplement pas.

La Tchaux gagne sur le terrain

Les Neuchâtelois ont donc perdu leur président, mais ils ont gagné sur le terrain, au moins. Samedi, ils ont déchiré United Zurich, qui apparaît désormais de plus en plus comme le premier relégué. Une victoire 5-1 acquise notamment grâce à deux coups de patte de Juan Manuel Parapar, dont un coup-franc indirect en pleine toile très spectaculaire après avoir été décalé par un coéquipier. L'ailier espagnol a du talent, on l'a toujours dit. Mylord Kasai s'est offert un triplé pour aggraver le score. Bien joué de la part de La Tchaux, qui termine son championnat samedi à Breitenrain. Un point au Spitalacker serait parfait pour partir tranquillement en vacances.

Yverdon, la catastrophe

Que dire d'autre? YS a bien joué pendant 87 minutes, menant 3-1 face à Köniz avant de perdre... 3-4! Six minutes en enfer, qui ont irrité le président Mario Di Pietrantonio, actuellement de l'autre côté de l'Atlantique. Le patron a trouvé un ordinateur pour voir le match en streaming et sincèrement, on n'aurait pas aimé être à côté à ce moment-là.

Yverdon est difficile à lire, en fait. Cette équipe a montré du caractère dans la première partie de saison, renversant des situations compromises, mais ce n'est plus vrai aujourd'hui. On a déjà eu l'occasion de l'écrire, les Nord-Vaudois auraient besoin de sérénité, mais ils sont très loin d'en avoir. Il va falloir se poser les bonnes questions cet hiver, mais avant cela, il y a un bon résultat à aller chercher à Kriens samedi.

Sur le terrain du leader, Yverdon n'aura pas droit à l'erreur: une défaite et YS serait à onze points du SCK à la trêve... Les questions, elles, attendront. Aujourd'hui, Yverdon doit aller en mode commando en terre lucernoise. L'union sacrée.

Tout rigole à Nyon

Il faisait froid lundi soir à Colovray, mais les Nyonnais étaient de bonne humeur juste avant l'entraînement. Leur défaite à La Chaux-de-Fonds a été balayée par un joli succès acquis 2-4 à Vidy. Les Nyonnais menaient même 0-3 après neuf minutes! Karim Chentouf (11 buts au total) a frappé deux fois, Quentin Gaillard une fois. Le SLO a trouvé les ressources mentales pour revenir à 2-3 (doublé de Bradley Bavueza) mais Fabrizio Zambrella a inscrit le but de la sécurité dans les arrêts de jeu. Et voilà Oscar Londono et ses gars avec un oeil sur la première place à Noël: ils reçoivent en effet Old Boys, tandis que Kriens accueille Yverdon on l'a dit. Aujourd'hui, le SCK compte deux points d'avance. Et dimanche matin?

Quoi qu'il en soit, le Stade Nyonnais peut déjà tirer un bilan très positif de son premier tour. Surtout qu'on a entendu dans les couloirs de Colovray qu'il n'est pas impossible que le groupe soit encore renforcé cet hiver... Et là, pour le coup, contrairement à YS, la sérénité règne en tous points du côté du Stade Nyonnais.

Un vent d'optimisme sur l'arc lémanique

Nyon qui peut envisager de retrouver la Challenge League et qui aura sa licence en première instance. Servette qui joue la montée en Super League et dont la situation en coulisses est saine. Et Lausanne racheté par INEOS. Et si l'arc lémanique redevenait une puissance du football suisse? Oui, on rêve un peu. Et alors? Les premières pierres sont posées. Il en reste encore quelques-unes à mettre, certes, mais au moins les fondations sont là.

Sion a perdu!

Maurizio Jacobacci avait réussi à garder le FC Sion M21 invaincu pendant douze journées. Et c'est au moment où on s'y attendait le moins, à domicile face à Breitenrain, que les jeunes Sédunois ont chuté. Sur un score sans appel en plus: 0-3! Les Bernois ont bien joué le coup, effectuant un gros pressing et prenant à la gorge un FC Sion qui ne s'attendait pas à ça. Le match parfait, donc.

Du côté valaisan, on notera la présence sur le terrain de Freddy Mveng, remis à 100% de ses soucis physiques et qui n'attend plus que le feu vert de Gabri pour jouer avec l'équipe de Super League.

Quel FC Bavois samedi à Brühl

Comme toujours, Bavois a bien réagi. Après avoir été pathétiques à Zurich (défaite 5-0 face aux M21) une semaine après avoir fracassé Yverdon (4-1), les Bavoisans ont fait 3-3 à Cham. Dommage, car ils menaient 1-3 avant de se faire rejoindre, mais ce point obtenu à l'extérieur leur permet d'avoir quatre points d'avance sur la barre. Le dernier match de la saison aura lieu à Brühl (4e) et il s'annonce très compliqué sur le papier. Quel Bavois verra-t-on? Difficile à dire sur ce coup. Un point serait sans doute une bonne opération, juste avant la trêve.

Créé: 14.11.2017, 15h18

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