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Football Djitté: «Cette saison, je vise au moins 15 buts»

Moussa Djitté est l’homme en forme du FC Sion. Avant le derby contre Xamax, «LeMatin.ch» a rencontré l’attaquant sénégalais mercredi au sortir de l’entraînement.

Moussa Djitté: «Je me mets la note de 2 parce que je vise nettement mieux. Ce n’est pas mauvais en soi, mais je peux faire plus.»

Moussa Djitté: «Je me mets la note de 2 parce que je vise nettement mieux. Ce n’est pas mauvais en soi, mais je peux faire plus.» Image: DR

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Il s’appelle Moussa Kalilou Djitté, jouait la saison dernière sous les couleurs de Niary Tally, au Sénégal, fêtera ses 19 ans ce jeudi et possède déjà tout pour devenir l’une des révélations de la Super League helvétique. Mais qui est la peut-être nouvelle pépite du FC Sion?

Doté d’une élévation exceptionnelle qui lui permet de compenser son relatif handicap de taille (1,80m), l’attaquant de Tourbillon a inscrit cinq buts - dont trois de la tête - en 11 matches jusque-là, ce qui lui vaut d’être en avance sur le tableau de marche de Cunha douze mois plus tôt – le joyau brésilien n’en était alors qu’à deux buts. Préférant s’exprimer balle au pied, le jeune homme paraît impressionné par l’exercice qui l’attend, qu’il réussit pourtant en dépit de la discrétion qui le caractérise. «LeMatin.ch» fait les présentations.

- Qui est Moussa Djitté?

Un jeune footballeur sénégalais, bien dans ses crampons, heureux d’être là.

- Pourquoi le FC Sion?

Parce que pour moi, c’est un grand club. Et que j’y ai rencontré des personnes qui croyaient en moi autant que moi-même. C’est un club à la bonne taille, l’idéal pour progresser.

- Et qu’y avez-vous découvert depuis votre arrivée?

Tout ce qu’il faut pour me permettre de grandir. Le fait que plusieurs de mes compatriotes soient passés par Sion me donne aussi du courage. Par rapport au championnat du Sénégal que j’ai connu, c’est beaucoup plus tactique.

- C’est votre première expérience en Europe?

Oui, c’est une première. C’est le rêve que j’attendais, représentant en même temps aussi une chance.

- Que saviez-vous de la Suisse?

Franchement, vous voulez le savoir? Rien, vraiment rien.

- Quel est le plus grand décalage par rapport à votre vie d’avant? Qu'est-ce qui change le plus?

Tout est différent. Ce n’est pas le même décor. Par rapport à l’activité de Dakar, c’est moins bruyant, presque silencieux parfois. Ce n’est pas la même vie, vraiment pas.

- A Martigny, vous vivez où?

Ici même, à l’hôtel. Je loge au-dessus. Je ne sors quasi jamais sauf pour aller jouer des matches. C’est boulot dodo, avec une grande place pour la récupération.

- Rayon cuisine, comment faites-vous? Vous êtes un champion des fourneaux?

Pas encore. Il y a le restaurant, heureusement. Je mange souvent avec les jeunes du club. Mais je pourrais préparer pour toute l’équipe le plat national du Sénégal, le thiéboudienne. Je sais cuisinier ça.

«Le président a raison de me comparer à un guépard. C'est la vérité.»

- Vous en êtes déjà à cinq buts cette saison. Entre 1 (la plus mauvaise) et 10 (la meilleure), vous vous attribuez quelle note?

Peut-être 2 parce que je vise nettement mieux. Ce n’est pas mauvais en soi mais je peux faire plus. Ce n’est qu’un début.

- Votre jeu de tête impressionne tous les observateurs, les défenseurs adverses aussi. L’entraînez-vous particulièrement?

Oui, je reste souvent après l’entraînement. On me fait des centres et je fais travailler ma tête (Rires). J’ai aussi entraîné mon jeu aérien avec les M23 du Sénégal, on multipliait les exercices spécifiques.

- Votre liberté sur un terrain, c’est laquelle?

C’est celle d’aimer oser. Mon jeu, c’est aussi de provoquer, d’affronter la défense. J’ai besoin du ballon pour m’exprimer, c’est mon jouet. Et il faut aussi jouer pour prendre du plaisir. Comme avec un jouet.

- Parlons de votre famille…

Je suis issu d’une très grande famille. J’ai quatre frères et cinq sœurs. Ça fait du monde.

- Quelle a été votre trajectoire?

J’ai commencé à Casa Sport, dans la petite ville où je suis né, à 400 km de Dakar. Chaque fois que je marquais beaucoup de buts, je changeais de club. Par rapport à mon âge, j’ai toujours été surclassé en sélection. Dans mon dernier club (ndlr: NGB Niary Tally), j’ai fini la saison avec 15 buts en ne jouant pourtant pas beaucoup.

- De quoi êtes-vous le plus fier?

Il n’y a rien qui puisse me rendre suffisamment fier aujourd’hui, je n’en ai pas fait encore assez. Je ne suis qu’au début de l'histoire que je veux écrire.

- Que faites-vous de votre salaire?

J’en envoie une partie à ma famille pour les aider. En Afrique, c’est normal.

- Votre modèle dans la vie?

Robert Lewandowski, l’attaquant du Bayern. Il est peut-être moins fort que Messi, mais c'est lui que je préfère.

- Votre président vous compare à un guépard…

Il a raison, c’est la vérité.

«J’en veux toujours plus, comme dans la vie. Dès que j’ai atteint quelque chose, j’en veux une autre.»

- Mais vous courez après quoi?

Après le joueur que j’espère devenir. Pour cette première saison, je vise les 15 buts au minimum. J’en veux toujours plus, comme dans la vie. Dès que j’ai atteint quelque chose, j’en veux une autre.

- Vous soufflez ce jeudi vos 19 bougies. Que peut-on vous souhaiter?

Au hasard… des buts.

- Dimanche, c’est jour de derby contre Xamax. Qu’en savez-vous?

Ce que l’on m’en a dit. Pour le moment, je connais les derbies de Dakar. Là-bas, c’est vraiment chaud, on s’astique, c’est un combat. Cela dépasse l’enjeu d’un simple match. Nous, on doit continuer notre série sur la base du match de Lucerne (ndlr: 3-1 pour Sion).

- Moussa Djitté marquera-t-il son sixième but à Neuchâtel?

Inch’Allah, on verra bien ce que mon Dieu aura choisi. Mais j’en ai très envie, bien sûr.

Moussa Djitté lors de son entretien avec notre journaliste Nicolas Jacquier.

Créé: 03.10.2018, 17h45

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