Jeudi 15 novembre 2018 | Dernière mise à jour 03:57

Football Les Suisses ont-ils envie de jouer les Jeux?

Les sélectionnés de Pierluigi Tami seront les premiers Helvètes en lice demain à Coventry. S’ils ont un bon coup à jouer contre le Gabon, ont-ils vraiment envie de se battre pour une médaille?

Les joueurs suisses se sont entraînés mardi. On en saura davantage sur leur motivation réelle jeudi lors du premier match.

Les joueurs suisses se sont entraînés mardi. On en saura davantage sur leur motivation réelle jeudi lors du premier match. Image: Keystone

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Dans cette contrée où le ballon rond est une religion, de nombreux stades anglais n’ont pas fait le plein, loin s’en faut. Du coup, pour son image, celle d’un pays fou de foot, le comité d’organisation a renoncé à ouvrir toutes les tribunes sur certains monuments de l’Albion. A quoi sert la lumière si on a les yeux fermés? Plus explicite qu’une longue diatribe, la question taraude les esprits. Le football a-t-il vraiment encore sa place aux JO alors qu’aucune trêve n’a été exigée par l’UEFA ou la FIFA dans les autres pays?

Loin de l’ambiance des Jeux

Vivre heureux, vivre caché. «C’est presque un tournoi à part, je vous l’accorde, mais si on se trouve loin du village olympique, on est au moins tranquille.» Si François Affolter et les jeunes footballeurs de notre pays seront, un jour avant la cérémonie d’ouverture, les premiers Helvètes à se mettre en scène du côté de Coventry, ces Suisses-là sont vraiment loin de l’ambiance londonienne, de l’esprit olympique. Comme lorsqu’on se coupe du monde, de la pression.

Si demain face au Gabon, ces nouveaux Titans ont un joli coup à jouer sur le terrain, seront-ils vraiment motivés à se battre pour une médaille? Auront-ils autant de volonté à se faire mal (il y a bientôt le championnat) face à la Corée puis contre le Mexique qu’une judoka sur le tatami ou une nageuse qui prépare son 10?km en eau libre depuis quatre ans?

Une chance unique

«C’est une chance unique», relèvent-ils, pourtant, en chœur, comme on répète un texte avant de tirer le rideau. «On a envie d’aller le plus loin possible.» «C’est une fierté de défendre les couleurs suisses.» «Cette compétition est regardée dans le monde entier.» «C’est idéal pour se mettre en vitrine.» C’est l’avis, pêle-mêle, de François Affolter, de Xavier Hochstrasser et de Michel Morganella. «Je remercie mon club, Wolfsburg, de m’avoir libéré», s’exclame, pour sa part, Diego Benaglio. Mais en sont-ils tous intimement convaincus?

Comme s’ils avaient reçu un ordre de marche, certains privilégiés évoluant dans des clubs huppés, qui n’ont pas pu refuser, se sont, à l’image de Ricardo Rodriguez, avancés d’un pas hésitant, pour aller chercher leur uniforme. Mais qu’elle était lourde cette valise de Swiss Olympic que le défenseur de Wolfsburg a traîné comme un boulet. C’était la semaine dernière à Stettlen au moment de la remise des tenues officielles aux athlètes de notre pays. Cela n’avait plus rien à voir avec les sourires si vrais, si reconnaissants de Juliane Robra ou de Swann Oberson un jour plus tôt, lorsqu’elles ont touché leur précieux sésame, l’accréditation olympique. Le contraste, saisissant, avait tout d’un symbole. Alors que des athlètes qui paient de leur personne se battent toute une saison contre des centièmes pour décrocher un ticket si convoité, que dire de ces enfants trop gâtés qui ont renoncé à une sélection unique dans une vie sous prétexte que leur priorité était ailleurs?

«J’ai parlé durant une bonne demi-heure avec Roger Federer au téléphone. Il était aussi excité qu’un gamin sous le sapin attendant le père Noël. Il est fier, lui, de représenter notre pays aux Jeux olympiques. Ce n’est pas le cas avec tous les footballeurs…» Chef de mission, Gian Gilli n’a pas caché sa déception par rapport aux nombreux volte-face de clubs qui avaient donné au préalable leur accord.

«A un moment donné, j’ai même envisagé retirer l’équipe du tournoi olympique, renchérit le sélectionneur Pierluigi Tami, qui a dû se démultiplier pour convaincre les dirigeants de libérer ses internationaux. Je comprends certains entraîneurs qui soient fâchés de cette situation, mais ils avaient été informés depuis février et à ce moment-là tout le monde était d’accord.» A la FIFA, à l’UEFA et au CIO d’ouvrir les yeux et d’accorder leurs violons, il en va de l’existence du football aux JO. (Le Matin)

Créé: 24.07.2012, 23h07

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