Samedi 20 juillet 2019 | Dernière mise à jour 12:37

Football Tout ce qu’il faut savoir sur Valon Behrami

L’arrivée de l'ancien international helvétique au FC Sion suscite un énorme engouement, perceptible au-delà du Valais. Origines, trajectoire, famille, amour… LeMatin.ch en dresse le portrait en cinq points.

Jeudi, l'ancien meneur de jeu de la Nati sera présenté par le FC Sion. L'occasion de rappeler quelques points clés.

Jeudi, l'ancien meneur de jeu de la Nati sera présenté par le FC Sion. L'occasion de rappeler quelques points clés. Image: Keystone

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1. Racines: Le symbole d’une Suisse multiculturelle

Albanais du Kosovo, Valon Behrami est né le 19 avril 1985, à Mitrovice, une ville de 80'000 habitants située aujourd’hui au nord du Kosovo, devenue le symbole de la rivalité historique entre Serbes et séparatistes albanais. En 1990, il a 5 ans quand ses parents fuient le violent conflit qui embrase toute la province et trouvent refuge au Tessin. La famille devra patienter quatre ans - et le dépôt d’une pétition signée par plus de 2000 personnes pour appuyer la demande - pour recevoir l’asile. Profondément marqué par ses années de lutte et d’errance, Valon n’a jamais renié ses racines tout en sachant ce qu’il doit à son pays d’adoption. «Je suis d’origine albanaise, mais c’est à la Suisse que je dois tout, confiait-il à la Tribune de Genève en septembre 2012. En fait, je dirais que mon cœur est à moitié suisse et albanais, kosovar, mais que mes jambes, mes bras, mon corps donnent toujours tout pour la Suisse. Parce que ce pays a fait un très beau travail d’intégration, que j’en ai bénéficié au-delà de toutes mes espérances.»

Lors des éliminatoires pour le Mondial 2014, Behrami s’était retrouvé face à lui-même et à son passé lors d’un troublant voyage à Tirana pour y affronter l’Albanie en octobre 2013. Si la Suisse avait composté ce jour-là son billet pour le Brésil en s’imposant 2-1, Behrami avait été la cible de violentes attaques. «Ce n’était pas facile de jouer ici, parce que c’est la terre où je suis né. C’est dommage, je m’attendais à autre chose.» Symbole d’une Suisse multiculturelle, le «grognard» tessinois affiche ses racines jusque sur son corps : il porte un aigle albanais tatoué sur le mollet droit, et les drapeaux du Kosovo et de la Suisse sur le bras gauche.


2. Carrière: Il a joué dans trois gros championnats

Valon Behrami a tapé ses premiers ballons au FC Stabio, un club situé au sud du Tessin, près de la frontière italienne. Avant de privilégier le football, il avait aussi été attiré par l’athlétisme, remportant même quatre titres cantonaux sur des courses de longues distances. Junior, il a ensuite transité par FC Chiasso avant d’être repéré par le FC Lugano en l’an 2000 avec lequel il effectuera ses débuts dans le monde professionnel (deux matches dans le tour de promotion-relégation LNA-LNB). Alors que le club du Cornaredo, croulant sous les dettes, est déclaré en faillite au printemps 2003 après qu’Helios Jermini, son président, se soit donné la mort en se jetant dans le lac au volant de sa voiture, Behrami signe à la Genoa, dont l’offre est préférée à celles, insuffisantes ou trop tardives, de Grasshopper et du FC Bâle. Genoa ou le coup d’envoi d’une carrière internationale qui lui fera découvrir trois championnats : la série A, la Bundesliga et la Premier League anglaise.

S’il a parfois joué dans de grands clubs (Lazio Rome, West Ham, Naples, Hambourg), il n’a paradoxalement que très peu gagné de trophées. Son palmarès mentionne une unique Coupe d’Italie, soulevée en 2014 avec Blerim Dzemaili et Gökhan Inler, les autres Suisses de Napoli (3-1 en finale contre la Fiorentina). Sa valeur marchande la plus élevée, en janvier 2014, avait atteint 16 millions d’euros. Elle est retombée aujourd’hui à un million.


3. Equipe de Suisse: Le serviteur de la nation aurait mérité un autre clap de fin

Après avoir joué dans les différentes sélections juniors (M18, M19…), il a fêté sa première sélection en équipe de Suisse le 8 octobre 2005 contre la France du capitaine Zidane. A Berne, il remplace Barnetta pour les ultimes secondes. Cinq semaines plus tard, le remplaçant inscrit un but décisif trois minutes après son entrée en jeu lors du match de barrage aller contre la Turquie (86e, 2-0). En 83 sélections, l’infatigable «guerrier» a eu le temps de disputer quatre Coupes du Monde (2006, 2010, 2014 et 2018), une performance qu’aucun autre international helvétique n’a réussi. En Afrique du Sud, Behrami avait été expulsé par l’arbitre Saoudien M. Al-Ghamdi pour des broutilles contre le Chili, précipitant une défaite qui avait «annulé» le formidable exploit réalisé en ouverture contre l’Espagne, ce qui avait provoqué la colère d’Hitzfeld. «Les bons arbitres sifflent sur les terrains, les autres sur la plage», s’était emporté le sélectionneur.

L’ultime fait d’armes de Behrami en équipe de Suisse remonte au 17 juin 2018 en Russie, contre le Brésil (1-1). Ce jour-là, à Rostov, il réalise l’exploit de neutraliser Neymar, la superstar du PSG, en ne le lâchant pas d’une semelle, quitte à y mettre parfois le pied. Son travail de sape finit par irriter la diva, qui s’agace du traitement subi. Quelques semaines après la Coupe du monde russe, la Suisse perd son pitbull lorsque Petkovic décide de s’en séparer sans ménagement. «Il m’a appelé aujourd’hui à midi, confie-t-il, amer, à la RSI. Je pensais à un téléphone de courtoisie. En fait, c’était pour me mettre à la porte.» A entendre la victime, c’était pour éliminer un homme devenu trop encombrant. «C’est une décision politique, fulmine Behrami. L’entraîneur peut dire ce qu’il veut, mais cette décision a été prise par des gens qui ne connaissent rien au football.» Le serviteur de la nation aurait mérité un autre clap de fin.


4. Amour et famille: Avec Lara, il forme un couple glamour

Belle personnalité, Valon Behrami aime la mode, ne craignant pas d’afficher un look bling-bling et des signes extérieurs de richesse ; comme tout joueur de son niveau qui se respecte, il a un faible pour les rutilantes carrosseries. Il a très longtemps partagé la vie d’Elena Bonzanni, une mannequin et animatrice de la TV italienne rencontrée en 2006 à Rome, alors qu’il évoluait à la Lazio. Très glamour et habitué de la rubrique people, le couple a eu deux filles, Sofia (10 ans) et Izabel (3 ans). Le 23 février 2018, le footballeur avait annoncé sa séparation avec la mère de ses enfants, dont il vivait éloigné depuis quelques temps déjà.

Moins d’un mois plus tard, la Suisse découvrait l’idylle rayonnante entre Valon et Lara Gut, une idylle révélée par la championne de Comano sur sa page Facebook. «Au cours des dernières années, écrivait-elle, j’ai souvent eu l’impression qu’il me manquait quelque chose, comme une sensation d’incomplet. Cet hiver, j’ai découvert quelle était la pièce manquante (…) Ca s’appelle l’amour. Avec Valon, j’ai découvert la force d’être à deux, d’avoir une personne qui te tient par la main et ne te laisse jamais seule. Valon est vraiment la plus belle chose qui puisse m’arriver.» Touchantes, ces quelques lignes étaient accompagnées d’une photo des tourtereaux enlacés, sensuels, au bord d’une piscine dans un palace du sultanat d’Oman. Moins de 10 jours après l’élimination de la Suisse en Russie l’été dernier, Valon et Lara se mariaient en catimini à Lugano pour former le couple le plus glamour du sport suisse, une collusion de dates qui avait fait jaser à l’époque. «Toi et moi, nos familles et nos proches amis (…) Je n’aurais jamais pu imaginer une plus belle manière de dire oui!», écrivent alors les mariés, ivres de bonheur, sur les réseaux sociaux. En Valais où elle va suivre son footballeur de mari, Lara Gut-Behrami ne manquera pas de stations et de pistes pour parfaire ses trajectoires.


5. FC Sion: Un rôle de patron qu’il devra assumer

Le 19 juillet prochain, lors des trois coups de la nouvelle saison qui verra Sion accueillir le FC Bâle en match d’ouverture avancé, Valon Behrami disputera le 429e match de sa carrière en club (mais son premier en Super League), lui qui totalise déjà... 32008 minutes de temps de jeu cumulé depuis une dernière apparition dans le rôle de capitaine d’Udinese, le 2 avril dernier. Ce jour-là, contre le Milan AC, sa saison s’était brutalement arrêtée sur blessure (fracture du péroné). Aujourd’hui rétabli, Behrami sait qu’il lui faudra répondre aux attentes, aussi élevées que légitimes compte tenu de son statut. Dans un rôle de «tampon», il a toujours pu compter sur son impact physique pour tenir le milieu en tant que No 6 récupérateur (sa position préférée), ou dans le couloir droit, qu’il a souvent bouclé en équipe de Suisse. On l’a même parfois retrouvé reconverti en latéral ou, plus rarement, en défenseur central. A Naples, où il avait été transféré en juillet 2012 pour un montant de 8 millions d’euros en provenance de la Fiorentina, les statistiques l’avaient propulsé au rang de meilleur ratisseur d’Europe après seulement six mois, avec pas moins de 114 ballons récupérés.

Au-delà du rôle qui lui sera donné sur la pelouse de Tourbillon, c’est son aura et sa légendaire grinta qui doivent désormais rejaillir sur ses nouveaux coéquipiers. Avec l’apparition d’un nouvel état d’esprit de nature à tirer le FC Sion vers le haut. C’est pour cela que Christian et Barthélémy Constantin ont tout fait pour le rapatrier en Valais. «Avec Stéphane (Henchoz) sur le banc et Valon sur le terrain, expliquait mardi le président du FC Sion, on a maintenant deux vrais compétiteurs qui vont bouger tout le monde. Cela va changer les types qui se contentaient de peu dans le vestiaire.» Présenté officiellement ce jeudi aux médias, le néo-Sédunois pourrait effectuer ses débuts le 10 juillet contre Grenoble, au Bouveret (19h), dans le cadre amical du festival des Alpes.

Créé: 03.07.2019, 14h31

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