Lundi 23 septembre 2019 | Dernière mise à jour 17:47

Football Une équipe de Suisse décevante

Terminer quatrième de ce «final four» de la Ligue des Nations n’est pas si grave. Mais ce match face à l’Angleterre a été trop pauvre offensivement.

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La Suisse a livré un vilain match offensif ce dimanche face à l’Angleterre, ne cadrant que deux tirs en 120 minutes. Clairement insuffisant, surtout que défensivement elle a eu énormément de chance de ne pas craquer au moins une fois avant les tirs au but, étant sauvée trois fois par les poteaux, une fois par le VAR. Yann Sommer a fait son match, et même un peu plus, se rachetant bien après sa prestation face au Portugal mercredi. On avait écrit que le gardien de l’équipe de Suisse allait être attendu sur ce match: il a répondu présent, même s’il a conservé sa fâcheuse habitude de ne pas détourner un penalty. Mais enfin, ce n’est pas là-dessus que l’on doit juger un gardien, mais bien sur sa fonction première, celle d’arrêter les ballons pendant les 120 minutes de jeu. Et là, Yann Sommer a fait s’éloigner les doutes nés de ses dernières prestations, sans les éloigner tout à fait. Là est la beauté et la cruauté du football en même temps: se montrer rassurant pendant un match ne donne aucune garantie sur l’avenir, surtout lorsqu’on n’a pas été irréprochable dans un passé récent.

Au-delà de la bonne performance de son gardien de but, l’équipe de Suisse a été décevante ce dimanche, surtout dans ses projections vers l’avant. Remo Freuler a fait un bon match, mais l’animation offensive a été défaillante. La faute à la fatigue de cette fin de saison? Oui, peut-être, d’autant que les Anglais avaient considérablement modifié leur onze de base par rapport à leur demi-finale, faisant disparaître le désavantage d’avoir joué vingt-quatre heures après la Suisse.

Le fait que la Suisse termine quatrième de ce «final four» n’a rien de dramatique, bien sûr. C’est là qu’elle était attendue et faire partie des quatre meilleures équipes d’Europe est déjà magnifique. Elle n’a pas volé sa place en ayant fait exploser la Belgique pour obtenir son ticket, mais elle n’est pas non plus subitement devenue une nation européenne de premier plan. Ainsi, il faut relativiser cette déception et, comme l’a dit Vladimir Petkovic, se servir de ces matches face à deux belles équipes pour progresser. Et donc se qualifier pour l’Euro. Une «formalité» qui passera par laisser l’Irlande ou le Danemark derrière, en sachant qu’il existera encore un joker via les barrages de la Ligue des Nations. Terminer troisième du groupe de qualifications serait tout de même un immense échec, même en tenant compte du fait que cette équipe est en voie de renouvellement. Il est de la responsabilité de Vladimir Petkovic que cette «mise à jour» ne se fasse pas au détriment des résultats. Se priver de Stephan Lichtsteiner, Valon Behrami, Blerim Dzemaili, Gelson Fernandes et Johan Djourou est sa décision. Il ne pourra pas se cacher derrière en cas d’échec. Ce ne serait pas la faute à la jeunesse, ce serait la sienne, même si ce n’est pas lui qui était sur le terrain à Bâle quand le Danemark a profité de la naïveté d’une défense inexpérimentée pour marquer trois buts en neuf minutes. Le mieux est encore évidemment de ne pas avoir à se poser ce genre de questions et de terminer à l’une des deux premières places.

Un dernier mot, enfin, pour souligner l’entrée de Noah Okafor en fin de match. Cette apparition n’avait évidemment pas de signification sportive, tant l’équipe de Suisse était acculée dans son camp et que ce n'était pas un contexte idéal pour briller. Par contre, elle est une promesse pour l’avenir, puisque Noah Okafor est désormais lié à vie à l’équipe de Suisse et ne peut plus jouer pour le Nigéria, son autre pays d’origine. Vladimir Petkovic a fait ce qu’il avait à faire, sans sentiments. Si Okafor ne confirme pas et qu’à l’avenir il ne montre pas un niveau suffisant pour intégrer l’équipe de Suisse, il sera coincé. Tant pis pour lui: ce n’est pas l’ASF qui a écrit les règlements du football mondial et les dirigeants du football suisse doivent penser à eux, pas à faire du social avec tel ou tel joueur en décidant à sa place ce qui est le mieux pour lui. On a déjà mentionné l’exemple de Florent Hadergjonaj, appelé plusieurs fois par Vladimir Petkovic sans entrer en jeu en match officiel. Le voilà désormais parti jouer avec le Kosovo. Même chose pour Moritz Bauer avec l’Autriche, un autre latéral droit. Bien sûr, la Suisse est très bien fournie à ce poste avec Stephan Lichtsteiner, Kevin Mbabu, Silvan Widmer et Michael Lang. Il n’y a aucun souci dans l’immédiat, mais il n’y avait pas à faire de cadeau à Hadergjonaj. L’intérêt de l’équipe nationale est à placer au-dessus de toutes les considérations. Donc faire entrer Noah Okafor aujourd’hui était une décision juste et raisonnée, qui montre en outre à cet espoir du football suisse que ses dirigeants comptent sur lui.

Créé: 10.06.2019, 07h58

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